Alice Detollenaere : « Angelina jolie a fait un bien fou à l’humanité en parlant de sa double-mastectomie !  »

Alice Detollenaere, la compagne de Camille Lacourt, raconte dans Guérie par ton amour, sorti le 12 octobre 2021 en plein octobre rose, leur combat contre son cancer du sein, mais aussi comment la maladie interroge les relations de couple, d’amitié et la famille. A travers son émouvant témoignage, l’ex-top se livre avec justesse pour libérer la parole sur une maladie qui touche encore une femme sur 8.

Le mois d’octobre est synonyme de lutte contre le cancer du sein avec le mouvement octobre rose qui multiplie les incitations pour le dépistage, l’auto-palpation et la libération de la parole pour soutenir les femmes touchées par cette maladie. Les marques de mode et beauté s’investissent et les femmes connues comme Fanny Leeb et aujourd’hui Alice Detollenaere, se servent de leur notoriété pour offrir de la visibilité à une maladie qui touche encore en France, 1 femme sur 8.

Mannequin, la compagne du champion olympique Camille Lacourt, annonce le 9 janvier 2020 sur son compte instagram qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Le 1er juin 2021, elle donne aussi naissance à Marius, leur premier enfant ensemble (Il est déjà papa d’une fille, Jazz, née de son union avec Valérie Bègue). Le 12 octobre 2021, elle publie Guérie par ton amour (aux éditions Leduc., 19,90 €) et se confie à Gala.

Gala : Vous avez osé écrire sur votre cancer du sein, alors que vous avez longtemps caché la vérité à vos proches..
Alice Detollenaere
: J’avais très peur que ma mère lise le livre et que ce soit un choc car elle est dans le déni, surtout après mort de mon père, suite à un cancer aussi. Elle n’arrivait pas à admettre beaucoup de choses, finalement, elle était très contente. Ça me fait plaisir. Du moment que ma mère valide, je pouvais publier le livre.

Gala : Dans votre livre, vous remerciez Angelina Jolie qui a révélé sa double mastectomie.
Alice Detollenaere : Elle a fait un bien fou à l’humanité en en parlant !
On lui a décelé trois gènes spécifiques, ceux-là ont une incidence sur les cancers féminins. Aujourd’hui on fait l’analyse sur 13 gènes, mais on ne connaît pas tous les liens. Je viens d’apprendre que j’ai un de ces gènes qui est altéré. J’ai rendez-vous le 19 octobre pour savoir si je fais retirer mon second sein.

J’y pense depuis des mois, je vais le faire, car cela reste un choix. Moi je vais essayer de faire parler de l’ablation du second sein. C’est un vrai combat car les chirurgiens ne veulent pas le faire en France à cause du serment d’Hippocrate. Ils ont fait serment de sauver à tout prix et de garder les parties saines du corps…. Si je peux faire changer les choses, je le ferai.

Gala : Parler c’est être responsable, dîtes-vous. Mais quels sont sont vos conseils pour les femmes qui n’arrivent pas à mettre de mots sur leur maladie ?
Alice Detollenaere
: Ecrire, c’est une thérapie. Publier un livre, ce n’en est pas une. Ecrire c’est replonger dans son passé, s’exposer tout en sachant qu’on est en sécurité car la maladie est derrière. Avec du recul, on peut se permettre. J’œuvrerai toujours pour cette cause. Je vais peut-être être stigmatisée mais tant pis, soit j’avance, soit je n’en parle pas. Ça fait écho à cette responsabilité d’en parler. Si tout le monde en parle, les femmes connues comme les anonymes, on ne sera plus stigmatisées. Je le subis pas je l’accepte.

Gala :Votre compagnon, Camille Lacourt, signe la préface du livre et en parle dans les médias..

Alice Detollenaere : Camille me fait confiance sur tout mais là, je l’entraine sur un terrain compliqué. J’ai clairement profité de sa notoriété pour pouvoir parler du cancer du sein. J’ai voulu me livrer. J’ai fais un cheminement avec moi-même. Il a fait le travail lui aussi. On évolue, on se met à nu. Tout ça fait sens. Aujourd’hui, il est heureux de pouvoir servir la cause. Le cancer est un accélérateur et un incubateur de couple. Il a confirmé notre histoire d’amour.

« Le cancer est un accélérateur et un incubateur de couple. Il a confirmé notre histoire d’amour.  » Alice Detollenaere

Gala : Vous avez un « faux sein ». Avez-vous fait la paix avec lui aujourd’hui ?
Alice Detollenaere
: Ce sein fait partie de moi, mais il ne fera jamais vraiment partie de mon corps. J’ai admis l’idée que je ne le sentais pas et que je le sentirais jamais. Ça ne ressemble pas à mon sein naturel et c’est une déception. Le deuil arrive à ce moment-là.

Gala : Vous êtes maman d’un petit Marius né le 1er juin et vous avez choisi de ne pas allaiter
Alice Detollenaere
: Oui je ne voulais pas allaiter, j’ai eu assez de transformation physique comme ça. Je voulais juste revenir à moi. C’est très égoïste en un sens et dans l’autre, Camille voulait s’investir, je voulais aussi qu’il puisse participer car j’avais besoin de lui.

Gala : Utilisez-vous aussi des soins spécifiques pour vous masser les seins ou le corps depuis votre cancer ?
Alice Detollenaere
: Ma chirurgienne m’a conseillé l’huile d’amande douce après avoir été opérée. Pour le déodorant je fais attention, donc je prends la marque Respire. Je me sers aussi d’une huile qu’une sage-femme de Lait 5 Sens m’a donné car elle la fabrique elle-même.

Gala : De nombreuses marques se sont lancées dans la lingerie post-mastectomie, quelles sont vos favorites ?

Il faut différencier les marques qui le font uniquement pour l’image, ça s’appelle le pinkcrushing. Au moins, cela libère le propose et tant mieux mais dans la pratique, tout n’est pas top. Je m’investis pour la cause, je suis ambassadrice Rouge-Gorge et pour l’institut Gustave Roussy, pour un programme qui commence en janvier 2022. Il concerne 250 femmes qui sont en récidive du cancer triple négatif, le plus agrressif donc c’est leur dernière chance car il n’existe pas de traitement adapté.

Gala : Quelle est la phrase ou le mot qui a changé votre lutte contre la maladie ?
Alice Detollenaere :
Quand j’ai vu ma chirurgienne pour la première fois, je ne voulais pas retirer tout mon sein. Quand elle m’a dit qu’il valait mieux tout enlever, j’ai pensé que c’était parce que c’est grave. Elle m’a dit « est-ce que vous avez envie de refaire une mammographie tous les 6 mois ? ». Elle avait raison ! Je me suis dis :  » allez dégage le sein ! » ça m’a fait du bien.

Gala : Avez-vous peur du Covid ?
Alice Detollenaere :
Je suis vaccinée comme tout le monde, mais j’ai eu plus peur pendant ma grossesse car j’avais pris 30 kilos donc je devenais personne à risques. J’ai accouché le 1er juin, j’ai perdu 17 kilos perdus en un mois, mais c’est normal, je suis devenue maman, je n’ai plus le temps de rien !

Crédits photos : COADIC GUIREC / BESTIMAGE

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