Rencontre avec Tahar Rahim, le nouvel ambassadeurs des parfums Caron

L’acteur, reconnu pour ses choix cinématographiques pointus et ses interprétations profondes et subtiles incarne les deux nouvelles fragrances, le matin et le soir, du parfum historique Pour un Homme de Caron.

A propos de


  1. Tahar Rahim


  2. Virginie Efira

« J’ai déjà été approché pour être le visage d’un parfum mais, à l’époque, je ne me retrouvais pas à travers les publicités de fragrances pour homme », confie l’acteur en préambule, qui pose ici face à l’objectif du photographe et réalisateur Lou Escobar dans un univers à la croisée de la réalité et de l’onirisme. « La séduction est une harmonie faite d’un physique, d’une allure, d’une aura, d’un style vestimentaire. Le parfum est un habit invisible supplémentaire », poursuit le compagnon de Leïla Bekhti depuis 2008, l’air rêveur.

À l’affiche de Don Juan, sa première comédie musicale dans laquelle il partage l’affiche avec Virginie Efira, Tahar Rahim avoue avoir découvert de nouvelles émotions en chantant. Tout comme lorsqu’il a travaillé main dans la main avec Jean Jacques, le parfumeur de la maison Caron pour créer les deux nouvelles fragrances du parfum iconique Pour un homme né en 1934. Pour Gala, l’acteur lève le voile sur les parfums de sa vie…

GALA : Qu’évoque pour vous la maison Caron ?

TAHAR RAHIM : Pour moi, c’était le parfum Pour un homme car mon père et mon frère le portait. Grâce à la mémoire olfactive, dès que je sens ce parfum, je voyage… Ça me rend donc fier, je suis honoré, sincèrement, de représenter ce parfum mythique.

GALA : Il vous transporte où, ce parfum ?

T.R. : Il me renvoie en enfance, forcément. Normal, me direz-vous, car c’est aussi le premier parfum pour homme. Je suis convaincu que Pour un homme est un parfum d’avant-garde, que ce soit dans sa composition, son odeur, ou dans ce qu’il représente. Il est masculin et féminin, non genré sans le vouloir, car à base de lavande et de vanille. Quand il a été créé, dans les années 30, les hommes assumaient leur part de féminité, et les femmes leur part de masculinité. Regardez Greta Garbo sur cette photo inoubliable où elle porte un smoking…

GALA : Quelles autres odeurs vous ramène en enfance ?

T.R. : L’odeur de la colle Cléopâtre, qui me rappelle l’école, celle du Pento car tout le monde dans mon entourage s’en badigeonnait les cheveux quand j’étais adolescent. L’odeur du chlore de la piscine, celle des écorces d’orange que l’on faisait sécher sur les radiateurs pour parfumer la maison. Mais aussi un parfum difficile à trouver, Rêve d’Or de la maison L.T. Piver, car ma mère le portait … Quand je le sens, il m’émeut aux larmes…

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GALA : Quelle odeur aimez-vous sentir quand vous rentrez chez vous ?

T.R. : Celle du feu de bois. Elle m’apaise et me rassure.

GALA : Une odeur qui vous incommode ?

T.R. : L’odeur du beurre rance m’est insupportable, et je suis sûre que vous savez de quoi je parle !

GALA : Quel est le premier parfum que vous avez porté ?

T.R. : Ça n’était pas un choix direct mais mon frère ainé avait une odeur que j’adorais, alors je lui chipais son parfum, Azzaro pour homme. À 20 ans, je me le suis offert pour la première fois. Le parfum a toujours évoqué chez moi des sensations… Un bon parfum, selon moi, en plus de sentir bon, doit renvoyer à un souvenir fort.

GALA : Vous parfumez-vous tous les jours ? Changez-vous de parfum au gré des rôles ?

T.R. : Non, je ne me parfume pas tous les jours et je ne me parfume jamais quand je suis en tournage. En revanche, on s’est mis d’accord avec Jean (Jean Jacques, le nez de la maison Caron, ndlr) pour qu’il me crée un parfum pour un prochain rôle, un rôle de rêve, THE rôle… Ça serait une bonne occasion de commencer à me créer des souvenirs olfactifs cinématographiques !

GALA : Selon vous, un parfum se porte sur la peau ou sur un vêtement ?

T.R. : Ça dépend des parfums. La nouvelle ligne Pour un Homme, matin et soir, par exemple, me tiennent bien sur la peau, comme on dit. D’autres, qui tiennent moins, je les porte sur les habits.

GALA : Le parfum, une arme de séduction ?

T.R. : Il peut être une arme de séduction, comme une arme de répulsion, tout dépend du souvenir qu’il révèle. Quoiqu’il en soit, on est plus séduisant quand on sent bon, non ? La séduction, selon moi, est une harmonie faite d’un physique, d’une allure, d’une aura, d’un style vestimentaire. Le parfum est un habit invisible supplémentaire.

GALA : Êtes-vous plus sensible aux odeurs aujourd’hui, à 40 ans, qu’à 20 ans ?

T.R. : Je suis plus sensible aux odeurs depuis que je travaille main dans la main avec Jean Jacques, le nez de la maison Caron. Il m’a ouvert de nouveaux horizons.

Selon lui, physiologiquement, quand on vieillit, on voit moins bien, on entend moins bien et on sent moins bien. En revanche, il aime répéter que vieillir, c’est vivre avec, notamment avec ses souvenirs olfactifs, on s’est donc constitué une banque émotionnelle olfactive avec le temps. Cette mémoire olfactive est donc plus riche quand on est plus âgé. En vieillissant on a peut-être une approche moins animale de l’olfaction, c’est-à-dire pas réfléchie ni intellectualisée, mais on a un tel vécu émotionnel que l’on devient plus sensible aux odeurs. Tel est l’enseignement de Jean Jacques.

GALA : Offrez-vous des parfums aux gens que vous aimez ?

T.R. : Oui, j’offre des parfums comme j’offre des livres, par forcément pour le sentir sur l’autre, mais parce qu’il m’a procuré une émotion.

GALA : Si le cinéma avait une odeur ?

T.R. : (Il éclate de rire) Si l’espace avait une odeur, ça serait celle du cinéma.

Crédits photos : LOU ESCOBAR X parfums Caron

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