Affaire Sophie Le Tan : qui est Jean-Marc Reiser, l’accusé ?

A partir de lundi 27 juin 2022, Jean-Marc Reiser va être jugé aux assises du Bas-Rhin. Avant d’avouer avoir tué Sophie Le Tan, en septembre 2018, l’Alsacien de 61 ans a connu plusieurs passages en prison, comme le rappelle l’AFP, dimanche 26 juin 2022.

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Aux assises du Bas-Rhin, un procès médiatique. À partir du lundi 27 juin 2022, jusqu’au mardi 5 juillet 2022, Jean-Marc Reiser va être jugé pour le meurtre Sophie Le Tan. Le 7 septembre 2018, cette étudiante de 20 ans a disparu en Alsace après avoir répondu à une annonce immobilière. Sur place, la jeune femme a été tuée puis démembrée. Son corps, caché dans la forêt de Rosheim, n’a été découvert qu’un an plus tard, le 23 octobre 2019, par des promeneurs. Identifié comme l’homme qui avait publié cette annonce sur Leboncoin, Jean-Marc Reiser a été arrêté le 15 septembre 2018. Âgé alors de 58 ans, cet étudiant en archéologie byzantine à l’Université de Strasbourg a été mis en examen pour « enlèvement », « séquestration » et « assassinat » et placé en détention provisoire, rappelle franceinfo, dimanche 26 juin 2022. En fouillant dans le passé du meurtrier présumé, les enquêteurs ont découvert plusieurs précédents.

Né en Alsace, Jean-Marc Reiser a grandi auprès d’un père garde forestier violent et d’une mère avec qui il a toujours des contacts quotidiens. D’abord employé de La Poste à Strasbourg, il s’est ensuite installé en Corse puis en Asie du Sud-Est avant de retrouver sa région natale, où il a un temps travaillé au Crous. À l’époque de la mort de Sophie Le Tan, Jean-Marc Reiser était sans emploi et vivait seul à Strasbourg. La personnalité de l’accusé interpelle jusqu’aux avocats qui l’ont précédemment défendu. « C’est quelqu’un qui a un profil très particulier », racontait Me Emmanuel Spano à l’AFP, le 25 juin 2022, qui le décrivait comme un homme « bourru », capable de « raisonnements intellectuels ». « On ne croise pas souvent dans la rue quelqu’un qui a déjà été condamné par une cour d’assises, acquitté par une autre et fait l’objet de plusieurs procédures », ajoutait l’ancien conseil de Jean-Marc Reiser. En effet, le meurtrier présumé de Sophie Le Tan a un lourd passé judiciaire qui remontait aux années 1990.

Il a été condamné à 15 ans de prison pour deux viols

En 1997, Jean-Marc Reiser a été arrêté dans le Doubs avec un arsenal dans le coffre de sa voiture : des armes, une cagoule, des cordes, de pieds de biche, des anesthésiants et plusieurs photos de femmes nues mises en scène avec des pénétrations sexuelles. Incarcéré, il a été condamné à cinq mois de prison pour la détention des armes dans sa voiture et à sept mois pour violences sur personne chargée d’une mission de service public, en 2001. L’enquête aura fait le lien avec le viol d’une Allemande, en août 1995. Pour celui-ci, et celui d’une de ses anciennes maîtresses, Jean-Marc Reiser a écopé d’une peine de 15 ans de réclusion, réduite à 12 ans en appel en janvier 2002. Après des années passées à la prison d’Ensisheim, l’homme a été libéré le 5 mai 2010 mais a rapidement été de nouveau arrêté. Pour deux tentatives de vol dans des cliniques vétérinaires de Strasbourg, en 2012 puis en 2016, il a été condamné à quatre ans de réclusion dont deux ferme, puis huit mois dont quatre ferme.

De nouveau condamné à cinq mois de prison en 2017, Jean-Marc Reiser a été arrêté le 14 septembre 2018 pour le meurtre de Sophie Le Tan. S’il a d’abord nié son implication dans cette affaire, les preuves retrouvées par les enquêteurs (l’ADN de l’étudiante dans son logement et sur une scie, cachée dans sa cave) ont mené à sa mise en examen. Après s’être muré dans le silence, il a avoué avoir tué Sophie Le Tan à la juge d’instruction en charge de l’affaire, en janvier 2021. « Il explique qu’il se méprend sur le feeling et le ressenti qu’il peut avoir vis-à-vis de Sophie. Il tente de façon maladroite de l’embrasser. C’est en tout cas ce qu’il dit. Forcément, la réaction de Sophie c’est de crier de vouloir partir. À ce moment-là, c’est le trou noir. Il perd les pédales et la frappe à de multiples reprises jusqu’à ce qu’elle chute et qu’elle soit inconsciente« , a expliqué Pierre Giuriato, avocat de Jean-Marc Reiser, dans Sept à huit dimanche 26 juin 2022. Jean-Marc Reiser a ensuite démembré la jeune femme puis caché son corps dans une forêt.

Jean-Marc Reiser, derrière une autre disparition ?

À l’ouverture de son procès, lundi 27 juin 2022, Jean-Marc Reiser a réaffirmé n’avoir jamais eu l’intention de tuer Sophie Le Tan. « Il n’y avait pas d’intention d’homicide de ma part, je conteste la préméditation », a-t-il déclaré selon l’AFP. S’il est reconnu coupable, il encourt la réclusion à perpétuité. Et Jean-Marc Reiser pourrait de nouveau se retrouver face à la justice. Le 3 février 2020, parquet de Strasbourg a demandé la réouverture de l’enquête sur la disparition en 1987 de Françoise Hohmann. Alors âgée de 23 ans, cette représentante de commerce a disparu dans le quartier Hautepierre de Strasbourg. Son dernier client, Jean-Marc Reiser, a été jugé pour homicide volontaire en 2001 et acquitté faute de preuves. S’il ne peut plus être mis en examen pour les mêmes charges, l’avocat de la famille de Françoise Hohmann espère un procès pour séquestration et recel de cadavre. « On savait qu’un jour, on allait reparler de lui, qu’il allait récidiver. La disparition de Sophie a remué beaucoup de choses, c’est atroce mais c’est aussi une opportunité pour nous de rouvrir le dossier, confiait Fanny Mehauden, la nièce de la victime à France Bleu Alsace. Peut-être, que cette fois on va nous croire. »

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