Albert II et Charlene de Monaco : la guerre des nerfs

Quelle place et quel rôle pour Charlene de Monaco, l’épouse du souverain monégasque, Albert II ? Ses problèmes de santé et sa longue convalescence en Afrique du Sud ont cristallisé les inquiétudes, entretenu les plus folles rumeurs et mobilisé les proches du couple princier avec des intérêts parfois divergents…

C’est devenu une histoire de familles, de clans. Complexe, toujours plus contrariante. Les couchers de soleil de Monaco évoquent ceux de Vérone. A ceci près qu’il n’est pas question de séparer Charlène et Albert II de Monaco qui n’ont plus l’âge de Roméo et Juliette, mais, au contraire, de composer dans le meilleur intérêt de chacun. En attendant des retrouvailles sans cesse reportées. En dépit d’ombres prêtes à prendre la lumière et du poison de la rumeur qui se diffuse.

Depuis plus de six mois, la princesse monégasque est retenue en Afrique du Sud. Son vol aller à la mi-mars pour assister aux obsèques du roi des Zoulous et superviser un plan d’actions de sa fondation contre le braconnage n’aurait jamais été suivi de retour. Ce n’est qu’à la fin du mois de mai, alors que son absence au Grand Prix de F1 de Monaco interrogeait sur les célébrations prévues pour le 10e anniversaire de mariage de son couple, que le palais a rompu le silence. Infection de la sphère ORL, impossibilité de voyager. Albert II et les enfants ont pris l’avion début juin, avant une opération de la princesse dans le pays de son adolescence, à la fin du même mois. Nulle festivité sur le Rocher à l’occasion des dix ans de vie maritale du couple princier, le 1er juillet. Mal plus sévère qu’une simple otite, comme Charlène l’a confié au média sud-africain Channel24, quinze jours plus tard : avant d’atterrir dans l’hémisphère sud, elle a subi une élévation sinusale et une greffe osseuse pour des implants dentaires, avec de sérieuses complications post-opératoires. Sa famille lui manque, Albert II reste son « roc » dans l’épreuve, assure-t-elle. Mais quitter son lodge de la Thanda Private Game Reserve, dans la province du KwaZulu-Natal, est inenvisageable. « Les médecins m’ont interdit de prendre l’avion », « je ne peux pas forcer ma guérison », plaide Charlène sur Channel24. Risque de barotraumatisme en altitude.

De fait, la princesse a déjà beaucoup maigri. Sur les photos qu’elle diffuse, on peine à reconnaître l’ancienne championne de natation qui occupe sa convalescence avec des travaux de couture pour une crèche locale et des appels en Facetime avec ses jumeaux. Une troisième opération a lieu à la mi-août. Nouvelle apparition d’Albert II et des enfants aux côtés de la princesse convalescente. Nouvelle hospitalisation de cette dernière pendant vingt-quatre heures à Durban, début septembre. A Monaco, les familles du couple princier s’organisent et tentent de dissiper le malaise. Chacune à sa façon.

Du côté du souverain, les princesses Caroline et Stéphanie n’ont jamais été aussi présentes. Avec sa fille, Charlotte Casiraghi, la première a diverti ses neveux, le prince Jacques et la princesse Gabriella, en les emmenant à l’exposition annuelle de la Société Canine de Monaco, le 11 septembre. Une attention de « Tatie Caroline » qui a particulièrement ému Charlène. D’autant plus que sa petite « Bella » est plâtrée et coincée dans un fauteuil roulant, à la suite d’un accident domestique survenu peu après sa rentrée scolaire. Une semaine plus tard, c’est Stéphanie qui est apparue auprès d’Albert II, en marge d’un tournoi de golf organisé sur la place du Casino de Monte-Carlo au profit de la Fondation Princesse Charlène de Monaco et de Fight Aids Monaco.

Le clan Wittstock

Le clan Wittstock s’est tout autant activé ces derniers mois. Gareth, frère cadet de Charlène et secrétaire général de sa fondation, a maintenu et contribué à la médiatisation de tous les événements caritatifs où sa sœur était attendue. Chantell, épouse de Sean Wittstock, plus jeune frère de la princesse, et directrice de la branche sud-africaine de sa fondation, est montée plusieurs fois au créneau pour faire le point sur l’état de santé de sa belle-sœur et démentir les rumeurs d’un divorce. Le 23 septembre, Gareth et son épouse Roisin entouraient Albert II, tout comme sa sœur Caroline et ses neveux, Andrea et Pauline, à l’occasion de son gala annuel pour la sauvegarde des océans. Faire oublier l’absence de Charlène, rappeler qu’elle reste princesse de Monaco et mère des héritiers de la principauté : deux stratégies qui se coordonnent difficilement, alors qu’une récente prise de parole dans Paris Match de Nicole Coste, mère du fils aîné d’Albert II, est venue ajouter à la confusion… Quels peuvent être dans les prochains mois et à plus long terme la place et le rôle de Charlène auprès du souverain monégasque. A quel modus vivendi peuvent-ils parvenir, alors que leurs jumeaux n’ont pas encore 7 ans ? L’affaire personnelle devient peu à peu une affaire d’Etat. Avec de nombreux paramètres, autres que la santé de la princesse, à prendre en compte…

Quand Charlène va-t-elle rentrer à Monaco ?

La question se pose depuis le début de l’été. Fin août, après un nouveau séjour avec leurs enfants en Afrique du Sud et une nouvelle opération sous anesthésie générale de Charlène, Albert II assurait au magazine américain People : « Elle est prête à rentrer à la maison. » Prudent, il s’en remet à l’avis des médecins. Mais il est alors confiant sur son prochain retour sur le Rocher : « Je sais qu’elle a évoqué la fin du mois d’octobre, mais c’était avant ses tout derniers rendez-vous. Je pense que nous allons pouvoir anticiper. » Aux dires du chef de la maison Grimaldi, son épouse est prête à « embarquer clandestinement pour rejoindre l’Europe », « elle est en forme ». Les heures suivant la diffusion de ces propos lui donnent tort. Dans la soirée du mercredi 1er septembre, Charlène est retrouvée inconsciente dans son lodge et admise en urgence, sous un nom d’emprunt, dans un hôpital de Durban. Après vingt-quatre heures d’examens, sa fondation évoque « un malaise » lié à ses problèmes ORL. La princesse a quitté l’hôpital, son état est « stable », comme le palais s’en fait l’écho, mais « elle a beaucoup souffert », précise sa belle-sœur, Chantell Wittstock.

Le jour même de l’hospitalisation de Charlène, le magazine Paris Match dévoilait un teaser d’une interview exclusive de Nicole Coste, mère d’Alexandre, le fils aîné d’Albert II. Depuis ce 1er septembre, assez curieusement, il n’a plus été question d’un retour anticipé ou encore repoussé de Charlène sur le Rocher. Jacques et Gabriella ont font leur rentrée scolaire sans leur mère. Le 15 septembre, la princesse a toutefois redonné signe de vie en publiant un étrange dessin sur son compte Instagram : rappel de son combat contre le massacre des rhinocéros, l’œuvre juxtapose un individu derrière des jumelles, un poignard, des filets de sang et les phrases « quand cette guerre va-t-elle cesser ? », « le voyage ne peut pas s’arrêter là » ou « le temps est bientôt épuisé »…

Charlène a-t-elle pris ombrage des enfants d’Albert nés en dehors de leur mariage ?

L’épouse d’Albert II n’a jamais posé avec ses aînés Jazmin Grace et Alexandre, âgés de 29 et 18 ans, quand bien même le souverain les a reconnus. Jusqu’à cette fin d’été, elle n’avait pas davantage précisé ses sentiments à leur égard, ni réagi à la rumeur d’une autre fille cachée de 16 ans. C’est Nicole Coste, longtemps invisible dans les médias, mais de plus en plus présente sur le Rocher, qui a pris les devants dans son interview à Paris Match. Dans ses vertigineuses confessions, l’ancienne hôtesse de l’air ne revient pas seulement sur son histoire d’amour avec le prince au début des années 2000 et la complicité qui les unit encore aujourd’hui. Elle dément formellement « cette histoire d’une Brésilienne qui prétend qu’Albert II est le père de son enfant », « énième scandale pour faire du mal ». Au sujet de son fils Alexandre, dont les parrain et marraine sont Thierry Lacoste, avocat de la famille Grimaldi, et la princesse Stéphanie, elle ne cache pas qu’il fut compliqué de le faire accepter par Charlène, après les fiançailles de cette dernière avec le prince : « Elle a, par exemple, changé mon fils de chambre, profitant de l’absence de son père pour l’installer dans l’aile des employés », relate-t-elle. « Je n’aime pas qu’on nous compare », résume-t-elle. Comprend-t-elle son absence du Rocher ? « Non, et cela ne me regarde pas. C’est sa vie privée », esquive-t-elle, sibylline.

Début septembre, l’entourage de la princesse a tenu à ces quelques rectifications auprès du magazine People : « C’est vraiment Charlène qui a rassemblé toute la famille. D’une certaine façon, elle a été la meilleure avocate des aînés d’Albert. » La princesse aurait « de bon cœur facilité » un rapprochement entre Alexandre et son père, tout comme elle aurait « encouragé Albert à s’investir auprès de son fils ». Même clémence vis-à-vis de Jazmin Grace. Toutefois, « dire qu’elle les veut tout le temps à ses côtés serait exagéré, car il subsiste plusieurs sujets litigieux. Et puis, Charlène a ses problèmes. Ces derniers mois, en raison de son éloignement et de sa santé, elle n’était pas accessible ». Au milieu de ces échanges, Albert II tout en nuance et diplomatie : « La position de Charlène a évolué. Elle est devenue plus accueillante. »

Charlène a-t-elle vraiment envie de jouer son rôle de princesse ?

Elevée au Zimbabwe et en Afrique du Sud, puis habituée aux sprints dans les eaux chlorées, l’ancienne nageuse n’a jamais caché que Monaco était pour elle un monde « exotique », avec des rites et des usages à maîtriser. Assez vite, ses absences et ses airs tristes ont fait jaser. L’épouse d’Albert II a dû démentir qu’elle avait tenté de s’échapper avant leur mariage. Rappeler qu’elle avait parfois le manque de son pays, que des deuils d’amis ne l’invitaient pas à sourire. Début septembre, toujours dans People, Albert s’est énervé des médisances : non, Charlène « n’a pas quitté Monaco en colère ». Non, « elle ne s’est pas exilée ». Non, « rien ni personne ne l’a poussée à bout ». Le prince fait son mea culpa, il aurait dû réagir « plus tôt », tant le venin les a affectés. S’adressant à son tour à People, l’entourage de Charlène préfère dresser un autre portrait de la princesse, comme une mise en garde : « Ce n’est pas une petite chose timorée », « c’est une championne olympique, une dure à cuire ». Au temps pour les midinettes biberonnées aux contes de fées, « elle n’a jamais voulu ressembler à Kate Middleton, ni à Grace Kelly », « Charlène est Charlène », « c’est une iconoclaste ».

Vrai que l’épouse d’Albert II n’aura pas hésité à se mouiller pour sensibiliser à la noyade des enfants. En août, dans le plus grand secret, le prince l’a nommée vice-présidente de la Croix-Rouge monégasque. Sa fixation sur la protection de la faune sauvage démontre  d’autres intérêts, plus globaux, moins convenus, que la distribution de cadeaux aux personnes âgées de la principauté. En s’affichant en  princesse-guerrière zoulou sur son compte Instagram cet été, Charlène a peut-être révélé sa vraie nature. Et pourquoi pas ?

Une vie loin du Rocher est-elle possible pour Charlène ?

Princesse par les liens du mariage et Monégasque d’adoption avant elle, Grace Kelly échoua à concilier une vie des deux côtés de l’Atlantique, entre protocole et cinéma. Albert II de Monaco n’est pas son père, l’intransigeant prince Rainier. Mais comme Grace, Charlène est la mère de l’héritier de la principauté, le jeune prince Jacques. Des quatre enfants d’Albert II, il est le seul garçon issu d’un mariage. La loi salique, qui prévaut encore à Monaco, a scellé son destin. Comme tous les héritiers des royaumes européens, il ne peut être élevé loin du souverain, sans l’accord de celui-ci. La rentrée scolaire de Jacques et sa sœur Gabriella à Monaco a rappelé cet état de fait à Charlène.

En donnant la vie, la princesse n’a pas seulement gagné le respect de la famille Grimaldi, pour reprendre la formule d’un de ses proches au magazine People. Elle a aussi trouvé un sens à sa vie : « Elle se considère moins comme la princesse de Monaco que comme une force protectrice pour les héritiers de la principauté. » Son absence a été douloureuse pour tous, ces derniers mois. Mais, selon ses amis cités par People, « c’est une mère très investie et incroyablement protectrice… très aimante, qui s’est parfois effacée pour passer plus de temps avec ses enfants et s’assurer qu’ils vivent une vie relativement normale ». Pour ceux qui connaissent vraiment la mère de « Jacqui » et « Bella », « elle ne les abandonnera jamais ».

Crédits photos : Claudia Albuquerque / Bestimage

Autour de

Source: Lire L’Article Complet