Aya Nakamura : "Sans amour, on n’a presque plus de vie"

Djadja et Pookie ont propulsé Aya Nakamura reine du R’n’B français. Dans son nouvel album*, elle porte haut un féminisme décomplexé et chante l’amour. Interview d’une jeune femme de 25 ans qui s’assume.

Vous avez vendu 500 000 exemplaires du précédent album et un million dans le monde. Cela va être difficile de faire aussi bien avec le nouveau ?

Aya Nakamura : Ça met un peu la pression. Tout le monde m’attend au tournant. Mais je ne fais pas de la musique pour faire mieux que la fois d’avant. Je fais la musique que j’aime.

Au gré des chansons, comme dans Doudou où vous chantez "Aime moi Doudou/Montre-le moi Doudou", vous livrez le portrait d’une Aya plus douce, qui a besoin d’amour…

C’est en effet une autre facette de ma personnalité. C’est bien de la montrer. Cela s’est fait naturellement. Mais dans toutes les chansons, je parle de love.

Dans Sentiments grandissants, vous dites "Depuis que tu es ici/Ma vie est plus jolie"… À qui s’adresse cette déclaration d’amour ?

La question, c’est : "Est-ce que je suis amoureuse ?" Ça peut être compris comme ça, oui.

Vous avez en effet officialisé dernièrement votre relation avec votre producteur Vladimir Boudnikoff. Vous adressez-vous à lui ?

Peut-être que oui, peut-être que non. Si j’ai un truc à dire, je le dirai peut-être à la personne concernée.

Qu’est-ce qui vous fait craquer chez un homme ?

Ça dépend de la relation et de la personne. Peut-être l’assurance. Si je suis avec quelqu’un qui a moins d’assurance que moi, ça va pas le faire. Je pars du principe que sans amour, on n’a presque plus de vie.

Dans cet album, ressort aussi la fierté d’être une femme indépendante, non ?

Pour une meuf, c’est important de garder une indépendance financière. Pour moi, les femmes d’aujourd’hui doivent mener leur propre bateau et savoir ce qu’elles veulent.

C’est une valeur que vous inculquez à votre fille Aïcha, 4 ans ?

Oui, j’ai envie qu’elle m’ait comme support bien sûr mais je souhaite qu’elle grandisse en sachant que le but dans la vie, c’est de travailler et qu’elle se rende compte de la valeur de l’argent, même si elle en profite.

Vous êtes une fille sexy qui s’assume et vous osez même des chansons qui parlent carrément de sexe. Ça vous fait marrer ?

Tout le monde est étonné par la chanson Préféré. Pour moi, le sexe est naturel et en parler aussi. Il n’y a pas de mal. Cela fait partie des choses de la vie. Les femmes ont les mêmes besoins que les hommes. J’ose le dire. Quand les hommes chantent ce genre de trucs, ça ne choque personne. Si je peux apporter de la confiance en soi à certaines filles, tant mieux.

Le débat sur la façon de s’habiller "républicaine" ou non des filles vous agace-t-il ?

Qui regarde ces filles et pourquoi ça dérange ? Peut-être que les hommes devraient apprendre à se contrôler…

De jeunes chanteuses comme Lynda cartonnent dans un style musical proche du vôtre. Avez-vous la sensation d’avoir impulsé une nouvelle dynamique dans le R’n’B féminin français ?

Je ne sais pas du tout. J’ai dû influencer certaines chanteuses sans même m’en rendre compte. Mais je ne me vois pas comme un modèle. Je suis juste contente qu’il y ait de plus en plus d’artistes féminines qui arrivent à s’imposer. Avant, il n’y avait que des garçons.

Les NRJ Music Awards devraient se tenir en décembre à Paris. Nikos Aliagas, il y a deux ans, avait écorché votre nom. Y retournerez-vous cette année encore ?

J’y suis bien allée l’année dernière. Donc, oui, j’irai peut-être s’ils ont lieu.

*Aya, Warner.

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