Carlos Sotto Mayor : quand Jean-Paul Belmondo, jaloux, l’avait mise sur écoute

Elle a 19 ans quand elle le rencontre ; lui, 47. Carlos Sotto Mayor a vécu sept ans de passion avec Bébel dans les années 1980. Elle a été à ses côtés pendant plusieurs mois en 2020. Elle raconte celui qu’elle a tant aimé et que l’on pourra voir dimanche 10 octobre  à 22 h 25 sur TF1 Séries Films dans L’Homme de Rio.

N’est-ce pas trop éprouvant de faire la promotion d’un livre* sur Jean-Paul Belmondo quelques jours à peine après sa disparition ?

Carlos Sotto Mayor : C’est très dur. Quand j’ai appris la nouvelle, je suis restée au fond de mon lit pendant une semaine. Je n’ai même pas eu la force d’aller aux obsèques. Mais comme mon éditeur a décidé d’avancer la date de sortie, je dois faire face. Je veux faire vivre encore un peu Jean-Paul. (Elle essuie une larme.)

Savait-il que vous écriviez sur vous deux ?

Oui. L’an dernier, je lui avais fait lire 35 pages. Il me taquinait, parce qu’il trouvait que je n’allais pas assez vite.

Vous l’avez même accompagné lors de ses dernières vacances d’été sur la Riviera en 2020. Un pèlerinage sur un lieu que vous aimiez durant votre histoire ?

Oui, c’était comme pour revivre la dolce vita avec lui. On est allés sur le Vieux-Port de Cannes, à la découverte de petits restos, et à Lazio, en Italie. Je suis heureuse de lui avoir fait retrouver le sourire. Il avait rajeuni. Je lui donnais des cours d’orthophonie. Il adorait quand je lui faisais dire : "Je suis le roi !"

Vous écrivez qu’il vous avait voulu près de lui…

On avait gardé une amitié profonde l’un pour l’autre. Je savais qu’il était seul. J’étais heureuse de lui être utile. Pendant le confinement, j’avais loué un appartement à Paris. Je lui préparais des repas. J’avais même créé la coupe glacée "Magnifique" faite d’un sorbet vanille, de meringue, de fruits rouges et de menthe et arrosée de Limoncello.

Comment résumeriez-vous "votre" Jean-Paul ?

Notre histoire d’amour a été intense et flamboyante. Jean-Paul a été mon premier et plus grand amour. On s’est séparés parce qu’il était trop possessif et moi, trop rock’n’roll, mais sans rancune. Avec lui, j’ai vécu sept ans dans un tourbillon surréaliste.

Votre histoire était pourtant tout sauf tiède, avec de la jalousie, de part et d’autre… Il vous a même mise sur écoute !

(Rires.) Il s’est pris pour James Bond ! Pendant quelque temps, j’étais très intriguée par une valise qu’il transportait partout. Il me disait qu’elle contenait des papiers importants. Et un jour, j’ai entendu ma voix dans la salle de bains. J’ai trouvé Jean-Paul devant la valise qui cachait un magnéto qui m’enregistrait. Il était tout penaud, mais j’y ai vu la preuve qu’il tenait à moi et qu’il pouvait être vulnérable.

Maître Michel Godest, l’avocat de Jean-Paul Belmondo, a fait savoir dans Le Parisien que la famille et les proches de l’acteur étaient choqués par la sortie du livre. Que leur répondez-vous ?

Peut-être qu’ils lisent le livre. Il n’y a que des belles choses sur Jean-Paul. Ma vie avec lui m’appartient, et c’est mon cadeau pour lui et son public.

*Jean-Paul, Mon homme de Rio, éd. Flammarion, 19 €

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