Covid-19 : vers une hausse des divorces ? Cette prévision inquiétante

À quels impacts démographiques faut-il s’attendre, après l’épidémie de Covid-19 ? Dans les colonnes de Libération en kiosque dimanche 18 juillet 2021, Anne Solaz, économiste et démographe, évoque une hausse des divorces dans les années à venir.

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La crise sanitaire de la Covid-19 a bousculé nos modes de vie. Depuis plus d’un an et demi, bon nombre de Français ont dû reporter voire annuler leurs mariages en raison des restrictions gouvernementales, tandis que les naissances ont baissé de 13 % entre janvier 2020 et janvier 2021, d’après une étude de l’Insee publiée en février 2021. Quid du nombre de divorces ? Selon Anne Solaz, directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined), spécialiste de la famille et des effets des crises, interviewée par Libération dimanche 18 juillet 2021, de lourdes conséquences pourraient se faire ressentir à l’avenir.

“On prévoit surtout une hausse des divorces dans les prochaines années”, déclare la démographe, avant d’expliquer : “Les gens se séparent rarement massivement au moment des crises, qui créent une forme d’attentisme. Mais à terme, certaines unions, et pas seulement les plus fragiles, ne résistent pas. C’est ce qu’il s’est passé après la crise de 2008 aux États-Unis. Il y a fort à parier que ce sera aussi le cas en France d’ici peu.”

“Un baby bad buzz”

Selon une étude de l’Ifop réalisée du 24 au 27 avril 2020 auprès de 3.045 personnes pour Charles.co, 4 % des couples sondés ont souhaité prendre leurs distances avec leur partenaire à l’issue de la période de confinement “pour une rupture de manière définitive”. Anne Solaz, dans les colonnes de Libération, souligne qu‘”en tant que démographe, ce qui nous intéresse dans ce moment de crise, ce sont surtout les naissances et les comportements individuels relatifs aux unions et aux divorces, qui en disent beaucoup plus sur l’état d’une société pendant une telle épreuve”. Quant à la chute du nombre de naissances, également observée dans l’Union européenne avec “un déclin de près de 8 %”, le constat est sans appel : “Contrairement au ‘Covid baby-boom’ qu’on aurait pu attendre après les confinements, on constate plutôt un ‘baby bad buzz'”, estime-t-elle. Une tendance qui pourrait néanmoins s’inverser : “Les naissances ont l’air de s’être stabilisées depuis le mois d’avril, ce qui indiquerait plutôt un report des projets de naissances qu’un net coup de frein dans la fécondité.”

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