Depuis la crise sanitaire, elles se sont reconverties dans les métiers de la santé

Plus que jamais, le secteur médical est sous tension. C’est précisément pour se rendre utile en cette période cruciale que ces femmes ont choisi de se reconvertir dans les métiers de la santé.

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Alors qu’un infirmier sur quatre déclare vouloir changer de métier depuis la crise du Covid-19*, les professions liées aux soins suscitent aussi, dans le même temps, de nombreuses vocations. Amélie, fait partie de ceux qui pendant la première vague, se sont investis auprès des soignants en allant faire des ménages à l’hôpital. Depuis, cette ancienne juriste en droit des affaires désire intégrer une formation en soins infirmiers. D’autant qu’avec la suppression du concours d’entrée au profit d’une sélection sur dossier, les candidats en reprise d’études sont nombreux à postuler. Dans les écoles d’aide-soignants, également, les conditions d’accès ont été assouplies. Sur la plateforme Parcoursup, les études dans le secteur sanitaire arrivent au premier rang des vœux, devant le droit. “Entre mars et juin, nous avons reçu 350 candidatures, soit presque deux fois plus qu’en 2019. La plupart sortent du bac, mais il y a beaucoup de reconversions professionnelles”, rapporte Katia Yung, directrice de l’Institut de formation d’aides-soignants de Saint-Avold en Moselle. En parallèle, l’organisme a lancé avec Pôle Emploi et les missions locales un programme de formation réservé à une quinzaine de demandeurs d’emplois chez qui la crise sanitaire avait déclenché des envies de changer de métier. “Depuis le Covid, les formations dans le médico-social ont le vent en poupe”, constate Jérémy Plasseraud de Ma Formation, une plateforme de mise en relation entre candidats et organismes de formation qui estime à 44% le taux de personnes qui souhaitent se reconvertir dans un métier qui a plus de sens. Et la santé est l’un des domaines les plus cités. Conscients des difficultés qui les attendent, ils veulent « se sentir utiles », « prendre soin », « aider autrui ». Ca tombe bien. Les demandes en infirmiers et aide-soignants figurent dans le top trois des métiers qui vont le plus recruter en 2021.** *Consultation de l’Ordre national des Infirmiers, octobre 2020 ; **Top Emplois 2021Qapa.fr

“Me sentir utile et apporter du réconfort”: Alicia, 24 ans, assistante de régulation

« Avec un père pompier et une mère infirmière, j’ai toujours baigné dans le monde de l’urgence. Pour autant, je n’ai jamais songé à me tourner vers ces métiers. Soigner me paraissait trop lourd, avec trop de responsabilités. A l’obtention de mon BTS en marketing, j’ai rapidement compris que cet environnement professionnel ne me correspondrait pas. Devenue agent de distribution à la Poste, j’ai eu envie d’autre chose. Cette crise sanitaire m’a fait prendre conscience qu’il était temps d’exercer un métier dans lequel je puisse me sentir utile et apporter du réconfort. Lorsque mon père m’a parlé d’une nouvelle formation pour devenir assistante de régulation médicale, l’idée d’être le premier maillon de la chaîne des secours m’a immédiatement motivée. Si ce n’est pas toujours facile de retourner sur les bancs de l’école, je suis convaincu d’avoir fait le bon choix. Pouvoir aider et rassurer des personnes en détresse vitale, c’est tellement gratifiant !

“J’avais envie de participer à l’effort général”: Amélie, 28 ans, assistante médicale

« Après avoir fait trois tentatives au concours de médecine, je me suis rabattue sur des études de droit. Gestionnaire de recouvrement pour un bailleur social, j’avais le sentiment de ne pas être à ma place. Un mois avant le confinement, je posais ma démission. En entendant la souffrance des soignants, il n’était pas question que je reste chez moi les bras croisés. J’avais envie de participer à l’effort général. J’ai appelé l’hôpital de La Rochelle pour proposer mes services. J’y débutais le lendemain comme agent de service! Je rentrais le soir pleine de courbatures à force de lessiver les murs, mais je me suis rendue compte à quel point mon ancien métier était vide de sens et superflu. Mon contrat terminé, j’ai fait des remplacements en EHPAD et suivi un stage pour découvrir le métier d’aide-soignante. Depuis octobre, je suis assistante médicale dans un cabinet de médecine du sommeil en attendant de rentrer en IFSI*. Je sais que les conditions de travail sont difficiles, mais je suis convaincue de vouloir faire ce métier. Échanger avec les patients, recueillir leurs confidences, prendre soin d’eux, les rassurer me comble de satisfaction. On vit quelque chose de très fort humainement. » *Institut de formation de Soin infirmier

“Des liens se tissent avec les patients”: Jennifer, 36 ans, aide-soignante

« Déjà toute petite, je rêvais d’être infirmière. Enceinte à 17 ans, j’ai dû quitter l’école pour m’occuper de mon bébé. J’ai finalement exercé le métier de conseillère client pendant quatorze ans. Mais j’avais toujours dans un coin de ma tête l’envie de travailler dans le monde médical. Lorsque j’ai appris qu’il n’y avait plus de concours d’entrée pour intégrer une école d’aide-soignant, j’ai tout de suite envoyé un dossier de candidature. Au chômage juste avant la première vague, Pôle emploi m’a alors proposé d’intégrer un nouveau cursus au sein d’un centre de formation. Je n’ai pas hésité! C’était enfin l’occasion de donner à ma vie professionnelle une dimension plus humaine et me rendre utile aux autres. Pendant mon premier stage en service de pneumologie, j’ai réalisé à quel point j’avais besoin de contacts humains. Auparavant, je passais toutes mes journées au téléphone. Là, on est présent auprès d’un patient de son entrée à l’hôpital jusqu’à sa guérison. On prend soin d’eux et des liens se tissent. Plus tard, je n’exclus pas d’intégrer une école d’infirmière. »

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