École inclusive, crise sanitaire, aide aux parents: Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées nous répond

Le 2 septembre, quelques 12 millions d’élèves, du primaire au lycée vont retourner en classe. Parmi eux, plus de 400 000 souffrant d’un handicap. Quelles sont les conditions de cette rentrée inclusive? Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapés répond à femme actuelle.fr.

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Quelles sont les spécificités de cette rentrée pour les élèves souffrant de handicap? En terme d’effectifs des personnels accompagnants, de prise en charge des enfants, quels aménagements sont-ils prévus?

Le grand service public de l’école inclusive est une réalité qui se base sur toujours plus d’enfants à l’école, de vrais parcours, et davantage de coopération avec le médico-social. On compte plus de 400 000 enfants en situation de handicap scolarisés en 2021 contre 321 500 en 2017, soit 19% de plus en cinq ans. Pour assurer l’accompagnement des élèves au plus près de leurs besoins, 125 000 accompagnants (AESH) sont désormais agents à part entière de l’Education nationale, avec des contrats pérennes, soit une hausse de 35% d’accompagnants entre 2017 et 2021. Autre élément important en cette rentrée, la formation initiale des enseignants (25 heures) devient enfin obligatoire sur le territoire. Parallèlement, la plateforme “Cap école inclusive” qui met en ligne toutes les adaptations et les outils pédagogiques à destination des enseignants est accessible, depuis la crise sanitaire, en open data pour les familles. En outre, les équipes mobiles d’appui à la scolarisation (EMAS) composées de professionnels pluridisciplinaires interviennent à la demande des établissements scolaires.166 équipes seront créées sur 2021/2022. Elles viennent en appui avec le consentement des parents, pour ne laisser personne seul avec des enfants souffrant de troubles du comportement ou des retards non encore identifiés.

Selon un sondage de l’UNAPEI*, 68% des Français estiment que la scolarisation des enfants souffrant de handicap n’est pas satisfaisante…

Evidemment, tant qu’il y aura encore des enfants qui n’auront pas les moyens d’accompagnement nécessaires à leurs scolarisation, je comprends tout à fait que les familles soient toujours en demande. Je ne nie pas qu’il reste des difficultés mais je voudrais qu’on regarde le chemin parcouru vers l’école ordinaire, le grand service public de l’école inclusive qui s’améliore rentrée après rentrée. L’Unapei a aussi sa part de responsabilité dans la scolarisation des enfants handicapés. Nous sommes tous concernés, tous responsables de la réussite des parcours de scolarisation. L’Unapei est gestionnaire d’établissements, donc partenaire, on est en pleine responsabilité croisée sur la prise en charge des enfants et jeunes adultes en situation de handicap. Les associations siègent dans les commissions des droits de l’autonomie, ce sont aussi à elles de s’assurer que les droits sont bien déclinés dans les territoires. Je veux bien qu’on me dise qu’il y a des enfants sans solution mais à chaque fois que je demande des noms à l’Unapei pour qu’on puisse agir, je n’en ai pas! Il y a des commissions spéciales d’affectation dans chaque département précisément pour les enfants sans solution, mises en place par les inspections d’académie. Je dis aux parents, contactez le numéro vert Aide Handicap École 0805 805 110, adressez vous à votre inspection locale académique. Donc c’est localement qu’on peut résoudre ces situations. Et je tiens aussi à saluer le travail de l’Éducation nationale car chaque parent va rencontrer l’accompagnant de son enfant à la rentrée, comme nous le faisons depuis trois ans. Ce rendez-vous entre les parents, l’enseignant et l’accompagnant est essentiel pour travailler en confiance. *Sondage OpinionWay, juillet 2021

Comment les enfants ont-ils été pris en charge durant la crise sanitaire et qu’est-il prévu en cette rentrée?

Les enfants handicapés ont toujours été prioritaires pour la sortie des confinements, la reprise des cours, la scolarisation ainsi que la reprise dans les établissements médico éducatifs. Nous avons également mis en place les télé-consultations pour toutes les rééducations (ergo, psycho). Notre objectif, c’est de ne fermer ni les écoles ni ces établissements pour qu’il n’y ait pas de perte d’acquis, de rupture de parcours. Je tiens vraiment à rassurer les parents, les enfants handicapés seront scolarisés comme tous les élèves de la République. Il y a aussi une priorisation pour la vaccination au sein des établissements médico-éducatifs comme des collèges et lycées pour les enfants à partir de 12 ans.

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