Harold Hessel ("Affaire conclue") : son hématophobie, son père haut-fonctionnaire, ses études… il nous dit tout – EXCLU

INTERVIEW – Harold Hessel, 41 ans, est l’un des commissaires-priseurs de l’émission Affaire conclue, sur France 2. Il s’est confié à Femme Actuelle sur son parcours, sa rencontre avec Sophie Davant et sur les coulisses de l’émission. Entretien avec un vrai passionné…

  • Sophie Davant

Harold Hessel est le commissaire-priseur historique d’Affaire conclue, sur France 2. L’expert de 41 ans a accordé une interview à Femme Actuelle dans laquelle il raconte son arrivée dans l’émission, en 2017, sa belle rencontre avec Sophie Davant et les coulisses d’un programme qui bat régulièrement des records d’audience.

Femme Actuelle : Comment avez-vous été recruté dans l’émission Affaire conclue ?
Harold Hessel :
J’avais participé à une émission télévisé qui s’appelait Vos objets ont une histoire, présentée par Charlotte de Turckheim, diffusée en 2014, sur France 2. Tous les week-ends, on allait à la rencontre de personnes qui nous apportaient des objets à expertiser. C’est un programme qui a duré six mois environ. C’est là que j’ai été repéré par la production de l’émission Affaire conclue. Ils ont trouvé que ce que je racontais était pertinent.

Quelles sont vos relations avec Sophie Davant qui vous taquine souvent ?
H.H. :
Je ne la connaissais pas du tout. On a vraiment fait connaissance au moment des premiers épisodes de l’émission, en 2017. Et le feeling est tout de suite passé. Très vite, on a établi une complicité qui est réelle. On connaît nos points forts, nos petites faiblesses. On se taquine un peu. C’est le jeu de l’émission. On a des petites questions pièges, des petites remarques récurrentes mais qui font partie de notre petit jeu de scène. On a vraiment plaisir à faire cette émission.

Votre complicité se voit à la télévision…
H.H. :
Sophie Davant n’a jamais étudié l’Histoire de l’art, elle a commencé comme une novice en la matière. Et de mois en mois, d’année en année, elle a fait des progrès énormes au contact des commissaires priseurs. Maintenant, elle a de bons réflexes. À la vue d’un objet, elle essaie, de façon un peu intuitive, de trouver l’époque, le style. C’est assez amusant de voir cette évolution dans notre complicité et les progrès en termes d’analyse d’objet que Sophie a pu faire depuis le début. On essaie de faire passer le goût des objets au public et notre première interlocutrice, Sophie, y a pris goût aussi.

“Le monde du Marché de l’art est assez petit. On se côtoie tous forcément”

Quels sont vos liens avec les autres experts de l’émission ?
H.H. :
On a des liens assez complices. C’est vraiment une relation sympathique et de bonne camaraderie qu’on a tous entre nous. Je connaissais quelques-uns de mes confrères à Paris, comme Énora Alix ou Patricia Casini-Vitalis. J’ai également découvert des personnalités comme Yves Cosquéric qui vient de Brest, Dorothée Galludec de Lorient ou Delphine Frémaux-Lejeune de Rouen. Ce sont de vraies belles rencontres.

Êtes-vous en relation avec les acheteurs ?
H.H. :
Je connaissais Pierre-Jean Chalençon, bien avant l’émission, du temps de l’Hôtel Drouot. C’est peut-être le marchand dont j’étais le plus proche. J’ai appris à connaître les autres acheteurs. Il y en a certains que je peux croiser à l’Hôtel Drouot ou aux puces de Saint-Ouen. Je suis bon camarade et je m’entends bien avec tout le monde. Le monde du Marché de l’art est assez petit. On se côtoie tous forcément, à des vernissages ou des inaugurations.

Comment cela se passe-t-il avec le confinement ?
H.H. :
C’est dur. Je pense notamment à mes camarades marchands qui doivent fermer leur boutique. C’est vraiment horrible. Nous, les commissaires priseurs, nous pouvons vendre sur internet. Il y a des systèmes de ventes aux enchères en direct. Comme l’Hôtel Drouot est fermé, cela nous permet de pouvoir continuer notre activité. On doit réinventer de nouvelles façons de travailler. Il faut être pragmatique si on veut survivre.

“Pour devenir commissaire-priseur, Il faut faire une double formation universitaire”

Comment devient-on commissaire-priseur ?
H.H. :
Il faut faire une double formation universitaire, des études de droit et des études d’histoire de l’art. Lorsque vous avez obtenu ces deux diplômes, vous passez un examen professionnel qui va vous permettre de devenir commissaire-priseur stagiaire pendant deux ans. A l’issue de cette période, vous passez un examen terminal. Si vous le réussissez, vous pouvez exercer comme commissaire-priseur. La France est le seul pays en Europe qui encadre de façon aussi stricte ce métier. On a gardé un système très ancien qui existe depuis le XVIè siècle. C’est un gage de sérieux et de crédibilité.

D’où vous vient cette passion pour les objets ?
H.H. :
Je crois que j’ai toujours eu ce goût pour l’art. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont sensibilisé assez tôt, de façon informelle. Ils m’ont emmené voir des expositions dans les musées, assister à des enchères dans des salles de vente. Quand j’ai commencé mes études de droit, je voulais, au début, être avocat ou magistrat. Mais j’ai eu besoin de faire un peu autre chose. C’est pour ça que j’ai fait des études d’Histoire de l’art en parallèle.

Vous avez passé votre enfance à Paris ?
H.H. :
Non, mon père était haut fonctionnaire. Donc on a déménagé à peu près tous les trois-quatre ans. J’ai eu une enfance provinciale et itinérante. On a habité un peu partout en France métropolitaine.

“Je suis accompagné dans la vie”

Sophie Davant vous qualifie souvent de “gendre idéal”, êtes-vous accompagné dans la vie ?
H.H. :
Oui. Mais je ne m’étendrai pas plus là dessus. Je garde ma vie personnelle en dehors des caméras.

Vous êtes donc “un gendre idéal” mais déjà pris. Puis-je tout de même vous demander si vous avez des enfants ?
H.H. :
Je n’ai pas d’enfant.

Quelles sont vos activités professionnelles en dehors de l’émission ?
H.H. :
Affaire conclue me prend une bonne partie de mon temps. Dans l’émission, il y a la partie que vous voyez, la partie tournage à laquelle je participe. Mais je suis également consultant pour le casting des objets. C’est-à-dire que j’aide l’équipe du casting d’Affaire conclue à sélectionner les objets en amont. Il y a un énorme travail de préparation. Tous les jours, il y a plusieurs centaines de personnes qui s’inscrivent pour participer à l’émission Affaire conclue.

A quel niveau intervenez-vous ?
H.H. :
Ils ont besoin d’un œil professionnel pour connaître la valeur de l’objet. Mon travail va être de faire une première estimation sur photo pour les aider à faire cette sélection. Ça me prend à peu près deux jours, puis deux ou trois jours de tournage par semaine. Je continue également à faire des inventaires et des expertises pour des particuliers. Je travaille en partenariat avec des confrères à l’Hôtel Drouot qui vont se charger de la vente. Il n’y a que sept jours dans une semaine, je n’ai plus le temps de gérer cette partie.

Êtes-vous plusieurs consultants ?
H.H. :
Je suis le seul. La production l’a organisé ainsi depuis le début de l’émission. C’est assez sympathique de travailler de l’autre côté des caméras.

“Parfois Sophie Davant ne délivre pas le passe”

Vos premières expertises ne se font que sur photo ?
H.H. :
C’est là toute la difficulté du métier. On doit proposer une première estimation sur photo et l’objet ne sera découvert que le jour du tournage. Parfois, on a des bonnes surprises, l’objet est beaucoup mieux que ce que l’on pensait. Et quelquefois, on en a des mauvaises, c’est-à-dire que l’objet n’est pas très beau ou en mauvais état. Par exemple, il n’est pas en bronze, mais en régule [alliage de plomb ou d’étain et d’antimoine, ndlr], il n’est pas en céramique, mais en plastique.

Et vous ne vous en apercevez que le jour du tournage quand le vendeur vient présenter son objet ?
H.H. :
Oui, c’est pour cela que de temps en temps, quand l’objet n’est vraiment pas du tout conforme à ce qui est attendu, Sophie Davant ne délivre pas le passe. Et la personne ne va pas en salle des ventes parce que ce serait trop décevant pour tout le monde. Heureusement, cela n’arrive que très rarement.

Cela vous est-il arrivé d’expertiser un objet et de vouloir l’acquérir à titre personnel ?
H.H. :
Évidemment que cela m’est arrivé. Mais il y a une règle déontologique quand on est commissaire-priseur, c’est qu’on ne peut pas acheter un objet qu’on a nous-même expertisé. C’est vraiment une règle de base. Sinon, ça fausserait l’expertise et même les enchères. Le commissaire-priseur est là uniquement pour valider l’époque, l’authenticité et donner une valeur. C’est assez frustrant parfois de ne pas pouvoir acheter.

Vous vous rattrapez ailleurs…
H.H. :
Bien sûr, c’est un métier de passion. Quand Drouot était ouvert, j’y allais quasiment toutes les semaines. A chaque fois, j’ai des tentations ! Après, il y a une limite. Celle du budget, je ne peux pas tout acheter. Et une limite logistique aussi, par manque de place.

Votre intérieur doit être plein d’objets que vous avez chinés ?
H.H. :
Chez moi, ce n’est pas minimaliste. Il y en a partout. (rires). Cela m’arrive parfois, au bout de quelques années, de me lasser de certains objets. Je les remets en vente chez un confrère. Je peux ainsi faire tourner et acheter autre chose.

“C’est une vraie gêne pour moi de parler de circulation sanguine”

En 2019, vous avez fait un malaise vagal à la suite de la présentation d’un objet médical, les téléspectateurs ont ainsi appris que vous êtes hématophobe [phobie du sang, ndlr]. Depuis cet épisode, la production essaie-t-elle de vous épargner les objets médicaux ?
H.H. :
Je dois dire que je n’ai plus eu à expertiser un seul objet médical depuis cet évènement. C’est une vraie gêne pour moi de parler de circulation sanguine. Je me suis retrouvé un peu décontenancé. Cela a marqué les esprits. J’ai reçu beaucoup de messages de sympathie. Heureusement, ce n’est pas très handicapant pour mon métier, il y a très peu d’objets médicaux à expertiser et encore moins liés au sang.

Sur vos comptes Twitter et Instagram, vous citez une locution latine : “Vanitas vanitatum et omnia vanitas” [“Vanité des vanités, tout est vanité”, ndlr]. Quel est le message que vous souhaitez faire passer ?
H.H. :
C’est un peu une devise que je m’applique à moi-même. Elle m’invite moi et ceux qui consultent mes comptes à se souvenir que notre vie sur terre est éphémère. Que la télé, comme le reste, ne va pas durer. C’est une petite invitation à réfléchir et à garder les pieds sur terre. Se souvenir que tout ça est très fragile. Que tout peut s’arrêter du jour au lendemain.

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