« Hitler, il peut être sympa ! » : tensions entre Cyril Hanouna et Apolline de Malherbe sur RMC

Apolline de Malherbe a vivement agacé Cyril Hanouna ce mercredi 6 octobre, en lui demandant au cours d’une interview s’il se serait posé la question de recevoir Hitler dans son émission, lui qui veut donner la parole à tout le monde…

Point Godwin atteint, et avec lui, un état de tension maximal. Ce mercredi 6 octobre, Apolline de Malherbe et son invité du jour Cyril Hanouna ont eu un débat vif sur une question qui anime bien des journalistes : peut-on donner la parole à tout le monde, même à ceux dont les idées ne nous semblent pas recommandables ? Dans son livre, « Ce que les Français m’ont dit », coécrit avec Christophe Barbier, Cyril Hanouna évoque son désir de parler à tout le monde, des gilets jaunes à Emmanuel Macron en passant par l’agresseur d’Éric Zemmour. « Vous avez tendance à rendre un peu tout le monde gentil« , lance Apolline de Malherbe, ce à quoi acquiesce franchement Cyril Hanouna, en faisant référence à une interview donnée ce mardi 5 octobre à Libération : « Mon seul problème, c’est que je rends tout le monde sympathique. J’ai du mal, quand j’invite quelqu’un, à lui rentrer dedans, à être méchant avec lui. Je peux vanner mais je ne suis jamais méchant.« 

Ce qui pousse la journaliste à interroger alors l’animateur de Touche Pas à Mon Poste : « Est-ce que tout le monde se vaut ? » Pour lui, la question est tranchée : « Sur mon plateau, je reçois tout le monde. (…) Je suis pour que des débats se passent tous les jours chez moi. » Mais le débat s’envenime quand la journaliste décide d’aller un cran plus loin dans la question de la respectabilité des invités : « Quand vous dites : ‘oui, pour moi tout le monde doit avoir la parole’ (…), j’imagine que vous vous êtes déjà posé la question. Elle est un peu clichée mais évidemment, on se la pose. Est-ce qu’à l’époque, en 33 en Allemagne, vous vous diriez, est-ce qu’il faut inviter Hitler ? Vous dites, on peut s’asseoir à la table du diable, mais si on a une longue cuiller… » De l’autre côté de la table, l’animateur commence à s’agiter, mais cela n’arrête pas Apolline de Malherbe, qui va jusqu’au bout de son raisonnement : « Vous dites aussi qu’il y a un côté sympa chez tout le monde. Je vais peut-être avoir l’air grotesque en disant ça mais j’imagine que Hitler, si vous lui parlez juste de chiens ou de bouffe, il peut être sympa…« 

🎙 Cyril Hanouna : "Il vaut mieux passer par un bon débat, une bonne engueulade, que tout mettre sous le tapis".

L'animateur est l'invité de RMC ce matin. #ApollineMatin pic.twitter.com/jQJ2fyvjWp

Cyril Hanouna est visiblement gêné, un peu agacé, clairement pas d’accord avec la présentatrice de RMC : « Non mais là, ça n’a rien à voir. Là, vous parlez d’un truc irrécupérable« , assène-t-il. Et il n’a que faire de la remarque de la journaliste, qui rappelle la popularité suffisante dudit Fürher, qu’il a été élu. Mais ce n’est toujours pas suffisant pour Hanouna : « Là je trouve franchement, excusez-moi, que ça n’a rien à voir. Là vous parlez de quelqu’un qui a franchi les limites et qu’on ne peut plus rattraper. Les gens que j’invite sur mon plateau, il n’y a personne qui est irrécupérable. »

La banalité du mal, au cœur de la question journalistique

Quelques heures après la controverse ainsi suscitée, Apolline de Malherbe est revenue sur ce passage auprès de nos confrères de PureMedias. Elle a tout d’abord rappelé avoir rebondi sur les propos de son invité la veille dans Libération, où Cyril Hanouna affirme vouloir recevoir tout le monde, afin que le public se fasse sa propre opinion. « Quand les talibans arrivent au pouvoir, est-ce qu’il faut les interviewer ou pas ? Aurait-on pu interroger Ben Laden ? C’est une question que se posent tous les journalistes« , se demande-t-elle. Pour la journaliste, il s’agit de réactualiser en fait un concept « au cœur de cette question journalistique«  : celui de la « banalité du mal », théorisé par la philosophe allemande Hannah Arendt, alors qu’elle couvre le procès du criminel nazi Adolf Eichmann à Jérusalem. La philosophe, allemande de confession juive, découvre alors que celui qu’elle pensait être un être vil, incarnation sur terre du mal, n’est qu’un « être insignifiant« , un fonctionnaire « médiocre« . Il n’est pas un être extraordinairement mauvais et maléfique, mais une personne dont les actions banales et quotidiennes ont construit activement l’un des pires crimes de l’Histoire de l’humanité.

Et pour Apolline de Malherbe, sa référence à Hitler s’inscrivait dans cette réflexion. « Est-ce que tout le monde se vaut ? Je n’ai pas la réponse, mais c’est une question qui me paraît extrêmement importante« , insiste-t-elle. Et qu’importe la controverse, elle considère que son échange avec le présentateur de Touche Pas à Mon Poste étant satisfaisant : « Il cherche la même chose que moi : donner la parole à tous les Français », avant de préciser « Je travaille sans filet et en direct« .

Crédits photos : Capture d’écran RMC Story

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