“Il y a un deuil à faire” : le témoignage fort de Chrystelle, maman de Lilie, transgenre à 8 ans

Dimanche 13 septembre 2020, Sept à Huit diffusait le témoignage de Chrystelle. Sa fille Lilie, âgée de 8 ans, était un garçon à la naissance. Devant les caméras de TF1, la mère de famille se livre sur le changement d’identité de son enfant. Un récit bouleversant.

Restez informée

En 2020, la transidentité reste un tabou. S’il reste encore un long chemin à parcourir pour que les personnes transgenres soient pleinement reconnues par notre société, on observe tout de même une évolution des mentalités ces dernières années. Tandis que Donald Trump continue sa “guerre des toilettes” et interdit l’armée aux personnes transgenres – suscitant par la même occasion de vives réactions dans le monde entier – nombreux se mobilisent pour que chacun accepte leur différence. Reste encore à convaincre Geneviève de Fontenay… Et c’est d’ailleurs ce combat pour la reconnaissance de la transidentité que mènent Chrystelle et Guillaume, les parents de Lilie. Âgée de 8 ans, la petite fille est née dans un corps de garçon. Dimanche 13 septembre 2020, sa mère a accepté de se confier devant les caméras de Sept à Huit, sur TF1.

“Aujourd’hui, c’est une fille avec un pénis”

Elle ne nous a pas dit : ‘Je veux devenir une fille’. Elle nous a dit : ‘Je suis une fille, depuis toujours’.À la naissance, Lilie s’appelait Baptiste. Mais le petit garçon ne se sentait pas heureux, et son entourage l’avait bien remarqué : “On a toujours remarqué que notre enfant était différent, différent des autres enfants qu’on avait déjà, Mélina sa grande sœur et son jumeau Adam. C’était un enfant très inquiet de son image, ce qui était troublant. L’image du miroir ne semblait pas lui convenir”, explique Chrystelle. Avant de prendre la décision de changer d’identité, Lilie a vécu une période très difficile, et très sombre. “Ma vie est tellement nulle que je préfèrerais mourir” ou encore “Bonne nuit maman parce que peut-être que demain matin, je ne serais plus là, que je me serais étranglée avec la ceinture de mon peignoir”, voici ce qu’a pu entendre Chrystelle à l’époque. Des mots que la mère de famille a eu du mal à prononcer, envahie par l’émotion.

Mais en essuyant ses larmes, la mère de Lilie rassure : On a passé ce stade et on en est très heureux.” Et le déclencheur ? Chrystelle, voyant son enfant au bord du suicide, lui a demandé ce qu’il changerait dans sa vie avec une baguette magique. “Là, c’est sorti comme une fusée, elle a dit : ‘Mes cheveux, mon prénom et mon pénis’.” Et Lilie avait déjà choisi son prénom féminin. “C’est très surprenant pour une maman d’entendre son enfant s’auto-baptiser”, raconte Chrystelle. Et ce changement d’identité a surtout été difficile à comprendre pour Adam, le frère jumeau de Lilie. Le petit garçon aurait alors demandé s’ils n’étaient plus frères, “comme s’il devait faire le deuil d’un frère”. “Et nous d’un fils”, ajoute Chrystelle.Et oui, il y a un petit deuil à faire quand même, avoue-t-elle finalement. Mais désormais, Lilie a été totalement acceptée par ses proches : “Aujourd’hui, c’est une fille avec un pénis. C’est notre petite fille à nous.”

Lilie rentre en CE2

À l’école en revanche, l’acceptation a été plus difficile. D’ailleurs, l’inspection académique a quelque peu bloqué le processus : “On n’a pas le temps d’expliquer notre démarche, qu’on nous dit tout de suite qu’on ne prend peut-être pas le bon chemin avec elle et qu’il faut absolument avoir l’aval d’un pédopsychiatre expert.” Résultat : aucune pathologie détectée. Certains camarades de classes ont été curieux, et parfois même blessants, mais la mère de Lilie assure que les moqueries ont cessé depuis. D’ailleurs, Lilie a récemment fait sa rentrée en CE2 ! Si l’émission a fait polémique à cause de la façon dont la journaliste Audrey Crespo-Mara posait les questions, le témoignage de Chrystelle n’en reste pas moins bouleversant. D’ailleurs, la maman explique n’avoir plus peur que d’une chose : le regard, et surtout “la violence”, des autres. “C’est très effrayant de penser que notre enfant peut être insultée, frappée voire exécutée parce qu’elle est différente. Mais on ne peut pas choisir sa vie pour elle parce qu’on a peur”, conclut-elle finalement.

Source: Lire L’Article Complet