INTERVIEW – Disparition de Delphine Jubillar : comment Le Nouveau Détective a traité la mystérieuse affaire

Delphine Jubillar a disparu en décembre 2020, et depuis, l’affaire passionne les médias français. Julie Rigoulet, rédactrice en cheffe du magazine Le Nouveau Détective, revient pour Gala.fr sur ce fait divers médiatique.

A propos de


  1. Delphine Jubillar


  2. Cédric Jubillar

Depuis fin décembre 2020, l’affaire Jubillar passionne les Français. On parle alors de la disparition suspecte d’une infirmière, mais on se rend compte que l’affaire est bien plus complexe qu’elle n’y paraît. On apprend que son mari Cédric et elle sont en procédure de divorce, que la jeune femme a un amant. Et depuis, Cédric Jubillar, qui est toujours présumé innocent, a été mis en examen et incarcéré, Delphine n’a pas été retrouvée, et des dizaines de rebondissements ont été relayés dans les médias. Julie Rigoulet, rédactrice en cheffe du magazine Le Nouveau Détective, revient pour Gala.fr sur le traitement de cette affaire aussi mystérieuse que passionnante.

Gala.fr : Voilà plus de 18 mois que l’affaire Jubillar intéresse les Français. Avez-vous senti dès le début que ce fait divers avait quelque chose en plus qu’un autre fait divers ?
Julie Rigoulet
: Dans un premier temps, quand l’affaire éclate, on l’enquête comme les autres affaires. On regarde la PQR, et quand on voit la disparition de cette femme, on envoie un reporter sur place immédiatement. À ce moment-là, on fait une grosse enquête de terrain : on voit tous les voisins, la famille, les amis… On observe les lieux, et on s’y rend même de nuit pour voir l’éclairage, voir si une femme seule pouvait s’y aventurer. C’était pendant le couvre-feu, mais on l’a fait quand même histoire de bien avoir les faits. Mais très vite, on se rend compte qu’il n’y a pas de dénouement, qu’il y a une grosse part de mystère, et c’est là qu’on a senti la grosse affaire. On a donc voulu la traiter différemment, trouver des angles, enquêter plus profondément, un peu comme nos prédécesseurs avaient fait à l’époque du petit Grégory.

Gala.fr : Comme vous le soulignez, il y a tellement d’angles à traiter autour de la disparition de Delphine Jubillar, que cela peut rappeler le traitement médiatique du petit Grégory.
Julie Rigoulet
: Oui, et ce qui est intéressant, c’est quand il y a une histoire dans l’histoire, car il y a les ingrédients qui font que cette histoire passionne. Alors, évidemment, on s’attache tous à Delphine, cette femme qui disparait en pleine nuit. Il y a la personnalité intrigante de son mari Cédric qui rajoute du mystère. Et il y a les conquêtes de Cédric, l’amant de Delphine… Il y a tellement de tiroirs dans cette histoire qu’il y a de quoi faire.

Gala.fr : Pour une telle affaire, tous les moyens sont mis en oeuvre ?
Julie Rigoulet
: Un budget illimité, non, mais quand on envoie nos reporters sur place, on leur dit pas qu’ils n’ont que deux jours. Ils prennent le temps, et ils sont retournés plusieurs fois sur place. C’est une histoire que l’ont traite plus en profondeur donc on met plus de budget là dessus.

Gala.fr : Quand vous rédigez les articles, n’avez-vous pas la crainte d’accuser une personne innocente, ou à contrario de défendre une personne coupable ?
Julie Rigoulet
: Nous, on expose les faits. Après, on fouille, on enquête, on trouve des trucs qui nous semblent incohérents, bizarre. On a trouvé la personnalité de Cédric, sa nouvelle compagne… On ne va pas accuser nommément Cédric, car il y a la présomption d’innocence, on fait très attention, et cela dans chaque affaire. Mais le fait est que Cédric a été mis en examen et qu’il a été incarcéré il y a un an, donc on ne peut pas s’empêcher d’expliquer à nos lecteurs pourquoi il a été mis en examen, incarcéré, et pourquoi sa personnalité interpelle les enquêteurs.

Gala.fr : Quand vos reporters vont sur place pour rencontrer la famille ou les amis, se heurtent-ils à des refus de leur parler ?
Julie Rigoulet
: Si, mais pas plus que sur une autre affaire. Certains veulent nous parler, d’autres non. Typiquement Cédric Jubillar ne veut pas nous parler, c’est pas grave, car ses avocats ont accepté de répondre à nos questions, les avocats de la famille de Delphine, les voisins et quelques amis également. On arrive malgré tout à parler à pas mal de personnes.

Gala.fr : Voyez-vous l’intérêt de vos lecteurs quand vos numéros sont consacrés à l’affaire Jubillar ?
Julie Rigoulet
: Au début oui, car il y a cette part de mystère, et maintenant, ça s’essouffle un peu car les gens attendant malheureusement un corps, et tant qu’il n’y aura pas de corps…

Crédits photos : DR

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