Karine Lacombe, la médecin omniprésente à la télé, menacée de mort et de viol

Dans un entretien accordé au Elle, Karine Lacombe se confie sur l’absence des femmes sur les scènes médiatique et scientifique. L’infectiologue qui s’est affichée plusieurs fois sur des plateaux de télévision, a reçu des menaces de mort.

Ces derniers mois, Karine Lacombe est apparue sur de nombreux plateaux de télévision. RMC, BFMTV, Quotidien ou encore le JT de TF1… la cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (APHP) fait partie des rares professionnelles de santé, femmes, qui sont apparues au petit écran. Cette absence des femmes sur les scènes médiatique et scientifique, Karine Lacombe en a longuement parlé dans les colonnes du Elle, en kiosque ce vendredi 6 novembre, à l’occasion de la sortie de son tout dernier ouvrage La Médecin, une infectiologue au temps du Corona, aux éditions Stock.

Alors que la France est en train de subir la seconde vague de l’épidémie de Covid-19 en plein fouet, la professeure Karine Lacombe s’est confiée dans les colonnes du magazine. En plus de parler de l’avenir de la pandémie dans les mois à venir, l’infectiologue a expliqué pourquoi elle s’est affichée sur plusieurs plateaux de télévision. "Grâce au soutien de ma hiérarchie, de mes collègues, j’ai pu porter une voix médiane, un discours raisonné sur les plateaux de télévision où l’on m’a invitée", explique-t-elle, avant de préciser qu’elle a été l’une des seules à l’être.

Des lettres d’incitation au viol, des menaces de mort

Sur sa lancée, Karine Lacombe ajoute que de nombreuses expertes, femmes donc, ont refusé d’intervenir sur des plateaux de télévision, car elles avaient peur d’être exposées, d’être critiquées ou d’être victimes de violences. Selon elle, cette "invisibilité des femmes" est une preuve de la société patriarcale dans laquelle on vit. Et pour cause, à l’heure actuelle, la majorité des postes de pouvoir au sein des hôpitaux sont tenus par des hommes, comme elle l’explique. "L’émergence de figures féminines, apportant une expertise scientifique, semble difficilement acceptée. J’ai reçu des lettres d’incitation au viol, des menaces de mort, etc.", confie Karine Lacombe. Elle, la professeure âgée de 50 ans, "n’a pas peur" de se rendre sur les plateaux de télévision. "On m’a donné la parole, je l’ai gardée", conclut-elle.

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