Lionel Jospin : « le geste exemplaire » de sa mère en fin de vie

Depuis des années, la romancière Noëlle Châtelet prône le droit pour les Français de choisir les conditions de leur fin de vie, elle qui officie en tant que présidente du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. Dans une tribune pour Libération, la petite soeur de Lionel Jospin a évoqué le geste exemplaire de sa mère, décédée en 2002.

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  1. Lionel Jospin

Alors qu’une proposition de loi pour “une fin de vie libre et choisie“, proposée par le député Olivier Falorni, sera débattue ce jeudi 8 avril à l’Assemblée nationale, la romancière Noëlle Châtelet a écrit une tribune forte dans Libération. La présidente du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité se bat depuis plusieurs années pour ceux ou celles qui souhaiteraient choisir les conditions de leur fin de vie. L’occasion pour elle d’évoquer dans son texte un événement très personnel, la mort de sa mère Mireille Dandieu, le 6 décembre 2002. La romancière, qui est également la petite soeur de l’une des figures les plus célèbres du PS Lionel Jospin, a expliqué que ses parents faisaient partie des premières personnes à avoir fait entendre leur voix dans le combat pour une fin de vie digne, il y a plus de quatre décennies.

Ce combat citoyen, je l’ai d’abord regardé de loin, puis il est devenu le mien quand, joignant ses actes à sa parole, ma mère, sage-femme et femme sage, a mis fin à ses jours à 92 ans. C’était il y a dix-neuf ans. Il m’a fallu son geste exemplaire et sa ‘dernière leçon’ de mère, celle de l’apprentissage de la mort, pour mesurer l’enjeu, l’évidence de ce libre arbitre légitime. Son combat est devenu mien comme une forme de devoir moral et philosophique. Un flambeau transmis de mère à fille. C’est par l’écriture qu’il a pris forme.“, écrit Noëlle Châtelet.

“On meurt mal en France !”

En 2004, Noëlle Châtelet publiait son livre la Dernière Leçon, dans lequel elle revient sur la décision de sa mère de mettre un terme à ses jours. Un ouvrage qui suscita une vive émotion de la part de nombreux lecteurs, en témoigne les lettres reçues par la petite soeur de Lionel Jospin. “En parcourant la France, inlassablement, à la rencontre des Français de tous les milieux sociaux, j’ai compris ce qui se cache derrière la peur de la mort. Cette évidence : les Français n’ont pas peur de mourir, ils ont peur de mal mourir ! Et on meurt mal en France !“, poursuit-elle dans sa tribune. Une opinion qui rejoint également celle de Françoise Hardy, ou encore de Line Renaud, qui écrit dans une lettre relayée par La Voix du Nord, dans laquelle elle déclare: “Ayant vécu libre et digne, je ne peux imaginer mourir enchaînée et contrainte“.

Crédits photos : Jacovides – Veeren / Bestimage

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