Marie-France Garaud : celle qui appelait Jacques Chirac “mon poussin”

Pendant dix ans, Marie-France Garaud fut l’éminence grise du futur Président. Un journaliste décrypte l’influence déterminante de la première femme qualifiée de « puissante » par un magazine américain. Elle a aujourd’hui 87 ans.

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“Au nom de la France, renoncez !”

La scène est décrite par le journaliste Olivier Faye dans La conseillère (éd. Fayard). On est à la veille de l’été 1976. Deux femmes se font face. L’une a des taches de rousseur, des boucles d’un blond vénitien et la candeur des amoureuses. L’autre, le chignon impeccable, le menton volontaire et le phrasé cruel de ceux qui se sont choisis, une fois pour toutes, une mission politique. La première s’appelle Jacqueline Chabridon, elle aime Jacques Chirac depuis plus d’un an, il lui a promis de divorcer de sa femme Bernadette et elle le croit. L’autre, Marie-France Garaud, aime aussi celui qui est alors Premier ministre, mais pour d’autres raisons. Elle a des projets ambitieux pour son « poussin », comme elle le surnomme, et ce n’est pas une « amourette » qui va mettre en péril le destin présidentiable qu’elle lui mijote, en coulisse, depuis de longues années. De guerre lasse, Chirac avait fini par céder à Garaud : d’accord pour quitter sa maîtresse, mais pas le courage d’affronter les yeux de sa belle, alors il avait confié à son éminence grise le soin de régler l’affaire. « Ce sont toujours les femmes qui font les corvées de toute façon… », avait soufflé cette dernière.

“Sois un homme, ma fille !”

Quand Marie-Françoise Quintard naît, en 1934, à Poitiers, sa mère a 20 ans et son père 53. Le chef de famille adore sa fille unique, mais l’éduque comme un garçon. En guise de poupées, c’est un fusil de chasse qu’il lui met très jeune entre les mains. Les premiers temps, l’enfant se bouche les oreilles et ferme les yeux. La mort n’est pas un spectacle pour une gosse. A 15 ans, son père l’humilie d’un : « Il y a deux catégories de tireurs. Ceux qui tirent en face et ceux qui tirent à côté. Tu appartiens à la deuxième catégorie. » Blessée par celui qu’elle voit comme un héros, elle se fait la promesse de laver l’affront. « Un jour viendra où les grands de ce monde admireront son coup de fusil lors de mythiques parties de chasses présidentielles au château de Chambord », écrit Olivier Faye dans sa biographie.

Une “femme puissante”

Silhouette de cavalière habituée à dompter la bête, elle débarque à Paris à 23 ans. D’abord attachée juridique au ministère de la Marine, elle épouse le discret avocat Louis Garaud, jeune Poitevin également monté à la capitale, avec lequel elle aura deux fils, Jean-Yves et Christophe. Mais pas question d’être une femme au foyer comme le sont la majorité des épouses à cette époque. Un rôle de l’ombre l’attend. Il commence avec Georges Pompidou. Aux côtés de Pierre Juillet, avec lequel elle partage une vision conservatrice de la France (en 1968, ils qualifient les étudiants de « godelureaux »), elle devient, en juin 1969, la conseillère politique du Président. Elle a 35 ans. Et a jeté son dévolu (politique) sur un jeune homme, de deux ans son aîné, qui officie comme secrétaire d’Etat à l’Emploi. Cheveux gominés et sourire de crooner, Jacques Chirac rêve alors d’un avenir dans l’aviation civile et collectionne les maquettes de planeurs. Mais rien ne peut résister à celle que le magazine américain Newsweek consacrera en 1973 « Femme la plus puissante de France ».

En attendant le désamour…

Quand Jacques Chirac est nommé Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, en 1974, il choisit Marie-France Garaud comme conseillère. Bernadette serre les dents. Elle déteste cette femme qui la toise avec un certain dédain. Mais doit faire avec… pour l’instant. Omniprésente, mais toujours en sourdine (les Français ne découvriront sa voix qu’en 1980, quand elle se présentera à l’élection présidentielle de 1981), la Poitevine se mêle de tout. Décide. Elle voit dans la mairie de Paris une opportunité. Ce que Marie-France veut… « Jacques Chirac reconnaît sans peine que tout l’impressionne chez elle, écrit le biographe. […] Depuis plus de six ans qu’ils travaillent ensemble, ils se connaissent par cœur. Leurs instants de camaraderie militante et de rigolade permettent d’atténuer la violence des accès d’autorité de la conseillère. » Mais tout à une fin. En 1979, après la défaite du RPR aux Européennes, le futur président tourne le dos à celle sans qui, peut-être, il n’aurait jamais eu d’avenir élyséen… Comme une amoureuse éconduite, Garaud lâchera : « Je croyais que Chirac était du marbre dont on fait les statuts. En réalité, il est de la faïence dont on fait les bidets. »

À l’heure de la retraite

Celle que l’on qualifiait de « Machiavel en jupons » est revenue dans son château des Deux-Sèvres, sur les terres de son enfance. En juin dernier, la gendarmerie de Niort publiait un message sur son compte Twitter. Une vieille dame de 86 ans avait disparu depuis la veille au soir, à bord d’une Toyota. Depuis un certain temps, « l’esprit de Marie-France traverse des éclipses », commente Olivier Faye qui raconte que, quelques années plus tôt, au cours de leur dernier entretien, elle lui avait remis un livre co-écrit en 1992 avec Philippe Seguin, lui demandant d’en prendre soin et de le lui rendre car il s’agissait de son dernier exemplaire. Sur la page de garde, le journaliste avait découvert une dédicace : « A l’amitié en général, et à Jacques en particulier. »

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