Michèle Rubirola sévèrement critiquée pour son « incohérence » et sa « mauvaise foi »

Dans une tribune publiée dans Le Monde ce mercredi 23 décembre, la journaliste et écrivaine Valérie Manteau revient sur la démission de Michèle Rubirola en tant que maire de Marseille. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne mâche pas ses mots.

A propos de

  1. Michèle Rubirola

C’était dans les tuyaux depuis le début de son mandat, et cela s’est concrétisé au bout de six mois après son élection. Le mardi 15 décembre, Michèle Rubirola a annoncé qu’elle avait présenté sa démission. “J’ai pris la décision de quitter mes fonctions de maire de Marseille”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, citée par Le Monde. Une nouvelle peu surprenante puisque d’après la grand reporter Ariane Chemin, l’écologiste n’envisageait de “rester que trois mois”. Pour la journaliste et écrivaine Valérie Manteau, qui signe une tribune dans Le Monde ce mercredi 23 décembre, cette décision est dénuée de sens.

À la fin de l’été déjà, l’ancienne élue avait été contrainte de s’absenter pour laisser Benoît Payan aux commandes, en raison de problèmes de santé. Lorsqu’elle a décidé de quitter ses fonctions, la femme politique a de nouveau avancé cet argument. “J’ai connu dès l’été les premières difficultés liées à ma santé. (…) Ces épreuves limitent l’énergie que je peux mobiliser. Etre maire de Marseille, c’est 300 % de son temps, j’en donne 150 %”, précisait-elle. Une “incohérence”, selon Valérie Manteau. “Elle dit qu’elle est malade – ce qui nous impose le respect – mais elle souhaite conserver le poste de première adjointe qui n’est pas une sinécure, qu’on sache. Quel intérêt vital y avait-il à être première adjointe et lui maire et non l’inverse, qui méritât un tel séisme ?”, lâche-t-elle. En effet, alors qu’elle souhaitait moins de responsabilités, Michèle Rubirola est devenue la première adjointe du nouveau maire Benoît Payan, en charge de la santé. Un poste d’autant plus essentiel actuellement, puisque la France est “en train de traverser une crise centenaire, c’est sans précédent”, comme l’a souligné le nouvel édile de la cité phocéenne sur France Inter ce mardi 22 décembre.

“Qu’ils sont ringards, ces électeurs”

Valérie Manteau ne s’arrête pas là. À travers son texte coup de poing, elle accuse Michèle Rubirola d’être de “mauvaise foi”. Ce que l’autrice marseillaise reproche notamment à son ancienne maire, c’est l’emploi du terme “collectif”, à tort et à travers. “Qu’ils sont ringards, ces électeurs, de n’avoir pas compris qu’il n’y avait nul engagement à ce que la tête de liste soit maire – alors que la ville a été recouverte d’affiches ‘Rubirola est là’ pendant la campagne”, cingle-t-elle avant de poursuivre : “Je regarde mon bulletin de vote, sur lequel il est écrit ‘Sophie Camard [élue de mon secteur] avec Michèle Rubirola’. Je cherche les petites lignes que je n’aurais pas vues, et qui auraient mentionné ce ‘collectif ‘ou ce ‘tandem avec Benoît Payan’ que, paraît-il, nous avons élu en connaissance de cause.Pour conclure son argumentaire, Valérie Manteau pointe du doigt une certaine “désinvolture” de la part de la membre d’Europe Écologie Les Verts. “On aurait voté pour ‘un projet’ avant tout. Certes. Le projet, c’était d’en finir avec le cynisme des politiciens. C’était de permettre à celles et ceux qui se mobilisent pour rendre cette ville digne et habitable de la gouverner”, déplore-t-elle. Un discours qui a au moins le mérite d’être clair.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias.

Crédits photos : Patrick Carpentier / Bestimage

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