Mort de Bernard Tapie : quand François Mitterrand sur son lit de mort remontait le moral de l’homme d’affaires

D’abord hostile à Bernard Tapie, décédé ce dimanche 3 octobre, François Mitterrand avait finalement tissé une vraie amitié avec lui. Au crépuscule de sa vie, il l’encourageait à ne rien lâcher.

La scène, racontée dans Les visiteurs du soir (Plon) par Renaud Revel est ahurissante. «Quelques jours avant sa mort, François Mitterrand invite l’homme d’affaires à passer le voir à son domicile, écrit le journaliste. Il s’inquiète longuement du moral de Bernard Tapie et de ses ennuis judiciaires : «Battez-vous. Tenez bon. Faites preuve de courage. Ne leur accordez pas le plaisir de leur montrer que vous êtes accablé », lui martèle-t-il, allongé sur son lit ». Un lien inoxydable c’était en effet noué entre les deux hommes. « À l’heure où il est ravagé par la maladie, perclus de douleurs et au bord de la mort, François Mitterrand trouve l’énergie et les mots pour s’intéresser aux soucis de l’ancien patron de l’OM », confie Renaud Revel. « J’en suis resté sans voix », a témoigné Bernard Tapie, décédé ce dimanche 3 octobre, auprès de l’auteur de Les visiteurs du soir.

Deux hommes que tout séparait

Il est vrai que tout semblait séparer le businessman gouailleur, amoureux de Marseille, issu d’un milieu populaire, très fusionnel avec son épouse, et le président féru de littérature, qui méprisait les milieux d’affaires et menait plusieurs vies affectives de front. Jacques Séguéla, grand organisateur de rencontres improbables, avait d’ailleurs dû beaucoup insister pour que Mitterrand daigne rencontrer Tapie. Il lui accorda finalement un rendez-vous de quarante-cinq minutes seulement. Mais c’était sans compter sur le bagout du futur patron de l’OM.

Comme un chat pris dans les phares d’une voiture

« Face à Tapie, Mitterrand est pris comme un chat dans les phares d’une voiture, écrit encore Renaud Revel. Les quarante-cinq minutes se transforment en trois heures. Il est 16 heures quand le bateleur quitte l’Élysée ». «De ce jour va se nouer une relation très forte entre les deux hommes, qui ne s’est jamais démentie, poursuit le journaliste. Tapie fut bien plus qu’un visiteur pour François Mitterrand : un ami et confident », confie Jacques Séguéla, qui participe à un grand nombre de déjeuners à l’Élysée avec des chefs d’entreprise, au cours desquels le Président tresse des lauriers au jeune patron à qui TF1 confie même un programme qui fera un tabac : «Vous devriez prendre exemple sur lui. Regardez sa communication, observez sa manière de faire. Il y a beaucoup à apprendre…» Une amitié était née.

Crédits photos : FEP/Panoramic/Bestimage

Autour de

Source: Lire L’Article Complet