Niels Schneider : "Une rencontre amoureuse fait toujours dérailler nos vies"

Dans Totems, de Juliette Soubrier et Olivier Dujols, présenté le samedi 9 octobre au Festival Canneséries, l’acteur de 34 ans campe un ingénieur français, contraint de s’improviser espion durant la guerre froide. Un héros dont le quotidien se verra bouleversé par sa rencontre avec la pianiste russe Lyudmila Goloubeva. Entretien.

C’est un Niels Schneider «grisé», «ému» et un brin ensommeillé que nous rencontrons dans la matinée de ce dimanche d’octobre. La veille, l’acteur de 34 ans a célébré la projection des deux premiers épisodes de la série Totems, signée Juliette Soubrier et Olivier Dujols, lors du Festival Canneséries. Un programme dans lequel le compagnon de Virginie Efira incarne Francis Mareuil, un ingénieur français contraint de s’improviser espion durant la guerre froide. Le quotidien tranquille du père de famille se voit ainsi bouleversé par une dangereuse mission internationale. Mais également par une rencontre : celle de la pianiste russe Lyudmila Goloubeva (Vera Kolesnikova), recrutée contre son gré par le KGB. Les héros de Totems devront redoubler d’ingéniosité pour composer avec les manipulations des services secrets et leurs sentiments naissants. Des aventures qui seront dévoilées sur la plateforme Amazon Prime Vidéo à la fin de l’année.

Une proposition « excitante et inédite »

Madame Figaro. – Comment avez-vous vécu la projection de votre série Totems à Cannes ?
Niels Schneider. –
C’était hyper grisant. C’est quand même fou de projeter deux épisodes du show dans l’auditorium Louis Lumière, un lieu mythique. La salle était comble, alors que d’habitude, les gens découvrent les séries chacun chez eux, avant de donner leur avis sur les réseaux sociaux. Le fait d’avoir, au Festival Canneséries, un retour en direct, humain et fort, a été très émouvant. J’étais également ravi de retrouver toute l’équipe du show. Nous avions tourné à Prague, durant la pandémie. C’était un tournage très intense et une grande aventure humaine.

Qu’est-ce que ce que vous avez aimé dans le scénario ?
Il y avait quelque chose de totalement inédit, d’excitant, dans cette proposition de série d’espionnage qui se passe en France, en Russie et dans d’autres pays. On traverse la guerre froide et les années 1960 avec le regard d’aujourd’hui, donc avec un certain recul sur les mœurs, la condition des femmes et la géopolitique de l’époque. C’est une série hyper-addictive, pleine de suspense, qui me fait penser à des films d’espionnage géniaux. Avant, je me disais : «Jamais nous ne ferons cela en France». C’est un territoire de fiction que nous avions totalement laissé aux Anglo-saxons. Je trouve cela super que l’on puisse l’explorer dans l’Hexagone.

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La tête dans les étoiles

Et dans le personnage de Francis Mareuil, qu’est-ce qui vous a plus ?
Francis Mareuil est un ingénieur qui a la tête dans les étoiles, obsédé par la conquête spatiale. En revanche, pour ce qui est de sa vie intime et familiale, il lui manque quelque chose. Il ne se sent pas totalement vivant. Il a du mal à créer des liens avec son épouse (incarnée par Ana Girardot, NDLR) et son enfant. Il va se faire aspirer par cette mission qui va le bousculer, mais aussi lui permettre de se révéler plus courageux qu’il ne l’aurait cru. Il se retrouve confronté à un monde manichéen, qui implique deux pôles très différents idéologiquement et culturellement parlant. Au début, Francis Mareuil possède une vision très claire de ce qui est bien ou mal. Au fil de la série, il se rend compte que les choses sont beaucoup plus compliquées qu’il ne l’imaginait. Il va être amené à mentir et à ressentir des désirs contradictoires, tiraillé entre sa famille et Lyudmila.

En quoi ce personnage vous ressemble-t-il ?
À l’origine, aucun de nous deux n’est agent secret (Rires). Un bon espion, c’est quelqu’un qui est froid, capable de mentir et de ne pas trop s’investir. Nous nous ressemblons peut-être sur le fait que comme je prends les choses de manière toujours très personnelle, que je m’investis beaucoup, j’ai des difficultés à prendre de la distance ou des décisions que je n’assumerais pas.

Amour et contradictions

Cette série est aussi l’histoire d’un amour impossible. C’est un thème que l’on retrouve dans certains de vos films, comme Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (2020). Qu’est-ce qui vous fascine dans ce genre d’histoires ?
Je trouve que l’amour en général, et les questions de désir, amènent forcément du suspense. L’amour est plein de contradictions. Une rencontre amoureuse est toujours un événement qui fait dérailler nos vies. Totems est une sorte de Roméo et Juliette. Francis et Lyudmila sont chacun victimes d’une machination froide et cruelle. Ils se reconnaissent des blessures communes. Mais tout cela est brouillé par le contexte. Ils sont obligés de se mentir et de se manipuler entre eux. La série explique comment ils naviguent à travers ces épreuves.

« J’aurais adoré jouer dans Normal People« 

De manière plus générale, y a-t-il une série que vous avez récemment binge-watchée ?
En ce moment, je suis en plein dans le Morning Show. C’est extrêmement bien joué, drôle et très bien écrit.

Quelle est la série dans laquelle vous auriez aimé jouer ?
Normal People. J’aurais adoré incarner le personnage de l’acteur Paul Mescal, Connell Waldron, que je trouve très bien écrit.

Que vous apporte le fait de jouer dans une série, par rapport à un film ?
Quand je tourne un film, j’en connais déjà la fin. Cela ne rend pas le tournage moins vivant mais je trouve cela hyper excitant, lorsque je joue dans une série, de me lancer sans savoir quand cela va finir, ni où l’auteur va emmener le personnage.

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