Olivier Duhamel accusé d'inceste : au courant, le directeur de Sciences Po dévoile pourquoi il n'a pas agi

Lundi 4 janvier 2021, Frédéric Mion le directeur de Science-po a publié un communiqué pour faire part de sa “stupeur” face aux accusations d’inceste contre Olivier Duhamel. Il aurait pourtant été mis au courant de cette affaire il y a plusieurs années.

  • Olivier Duhamel
  • Camille Kouchner

L’affaire Olivier Duhamel est tentaculaire. Depuis l’annonce de la sortie de La familia grande (Éd. Seuil), l’ouvrage dans lequel Camille Kouchner accuse son beau-père Olivier Duhamel d’avoir abusé sexuellement de son frère jumeau, les révélations autour des familles Duhamel et Kouchner n’en finissent plus. Il faut dire que selon l’avocate Camille Kouchner, une cinquantaine de personnes étaient au courant de ces allégations, mais n’ont jamais parlé. À commencer par Evelyne Pisier, la mère de la présumée victime. Très amoureuse, elle aurait protégé son second mari jusqu’au bout avant de mourir en 2017 : “Il regrette, tu sais. Il n’arrête pas de se torturer”, “Olivier a réfléchi, tu devais déjà avoir plus de 15 ans”, “Ton frère n’a jamais été forcé”, aurait-elle expliqué à ses enfants, comme le révèle l’une de ses proches amies au Monde.

Lorsque la parution du livre a été annoncée par le quotidien, le directeur de Science Po Frédéric Mion, établissement dans lequel Olivier Duhamel était professeur, a fait part de sa “stupeur” d’apprendre ces “faits très graves” via une missive adressée à ses étudiants lundi 4 janvier 2020. Le haut fonctionnaire était pourtant au courant de ces allégations depuis deux ans. C’est l’ex-ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui enseigne également à Science Po, qui l’avait alerté à l’époque.

“J’aurais dû aller trouver Olivier Duhamel”

“C’est vrai, je n’ai pas réagi après avoir été contacté par cette enseignante. Je n’ai pas percuté. Je n’ai pas entendu ce que cette personne cherchait à me dire. J’aurais dû aller trouver Olivier Duhamel. C’était un devoir élémentaire”, admet-il dans les colonnes du Monde avant d’ajouter : “Je prends toute la responsabilité de ce manque de prudence, mais la faute s’arrête à moi. J’ai été inconséquent: je suis prêt à l’entendre et à en subir les conséquences”. Frédéric Mion s’était tout de même entretenu avec Jean Veil, avocat dont Olivier Duhamel est l’associé. “Il m’assure qu’il ne s’agit que de rumeurs. Je me suis laissé berner”, a-t-il déploré.

Deux organisations étudiantes rattachées à l’établissement réclament désormais sa démission. “À deux reprises, il a donc consciemment menti à toute la communauté de Sciences Po”, rapporte l’Unef dans un communique publié sur Twitter. “Il n’a plus sa place à la tête de cette école”.

Communiqué : l’UNEF Sciences Po demande la démission de Frédéric Mion #miondémission @sciencespo

Dans un article paru ce jour dans Le Monde, Frédéric Mion avoue avoir été mis au courant des crimes commis par Olivier Duhamel dès 2019. 1/4

Notre communiqué suite à l’article du Monde qui révèle que Frédéric Mion a été alerté des accusations contre Olivier Duhamel en 2019 pic.twitter.com/UShMVKGch6

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