Olivier Véran : son nouveau tacle à Didier Raoult concernant la hausse des contaminations

Durant la période de confinement, un homme est apparu comme un messie atypique en conflit ouvert avec la politique du gouvernement : Didier Raoult. Une attitude qui a passablement irrité Olivier Véran, le ministre de la Santé, lequel ne s’est pas prié de le remettre une nouvelle fois à sa place dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

Olivier Véran

Didier Raoult

Cela n’a jamais vraiment été le grand amour entre Didier Raoult et Olivier Véran. Le directeur de l’Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Émergentes à l’IHU de Marseille et le ministre de la Santé se sont fréquemment écharpés sur le nouveau coronavirus et les solutions qu’il fallait y apporter. Le partisan du traitement à base notamment d’hydroxychloroquine s’est en effet distingué par sa critique radicale des positions du gouvernement durant le confinement. Invité à s’exprimer sur BFMTV, le scientifique avait provoqué un tollé auquel le compagnon de Coralie Dubost avait sèchement répondu : « Le Pr Raoult est inventif, ingénieux, c’est un touche-à-tout, capable de trouver des solutions pour faire face à une forte demande de tests. C’est aussi un grand virologue qui a fait des publications mondialement reconnues. Je ne lui enlève aucune de ses qualités », avait-il commencé à sa charge, avant d’ajouter subtilement, « Mais je dirais qu’en terme de prévision, je préfère me référer à des experts qui ne disent pas qu’il y aura moins de morts du coronavirus que par accidents de trottinette ! Ou qui ne disent pas qu’il n’y aura pas de seconde vague après avoir dit qu’il n’y aurait pas de première. Ce n’est pas très responsable et je le lui dirai. »

« J’évite les prévisions »

Dans son édition du dimanche 23 août, le JDD accorde un long entretien au ministre de la Santé et l’interroge sur une éventuelle « seconde vague » de l’épidémie. Alors que 3602 nouvelles contaminations ont été décomptées le samedi 22 août, le ministre estime pourtant la situation différente : « Ce n’est pas la même chose qu’en février. D’abord parce que le virus circule quatre fois plus chez les moins de 40 ans que chez les plus de 65 ans. Or les jeunes sont plus souvent symptomatiques, ont moins de complications médicales – attention, ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas en faire et qu’ils sont à l’abri ! De plus, nous avons aujourd’hui la capacité de tester bien plus largement qu’au printemps. Pour autant, nous sommes dans une situation à risque. » Une situation à risque car une accélération subite de la transmission du virus chez les plus jeunes pourrait avoir des conséquences désastreuses… Une deuxième vague se préparerait-elle alors ? Aucune réponse pour le moment, si ce n’est que Didier Raoult n’y croyait pas vraiment avant de subitement changer d’avis il y a deux mois. Quand on lui demande si la situation ne constitue pas un « camouflet » pour le médecin marseillais, Olivier Véran préfère se montrer laconique : « J’ai arrêté depuis longtemps de commenter les opinions de tel ou tel. J’évite les prévisions et je reste dans le concret. » Affaire à suivre, donc.

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