« On passe pour des guignols » : la décision d’Emmanuel Macron sur AstraZeneca ne satisfait personne

Alors qu’Emmanuel Macron a suspendu l’usage du vaccin AstraZeneca en France, de nombreux médecins tirent la sonnette d’alarme quant au déroulement de la campagne de vaccination.

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  1. Emmanuel Macron

“Il faut avoir confiance dans ce vaccin et se faire vacciner”, assurait encore le Premier ministre, Jean Castex, dans la soirée du dimanche 14 mars. Pourtant, le lendemain, Emmanuel Macron annonçait tout le contraire. En marge d’un sommet franco-espagnol à Montauban (Tarn-et-Garonne), le chef de l’Etat faisait savoir que l’usage du vaccin AstraZeneca était désormais suspendu en France, “par précaution”. Après le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas ou encore l’Islande, la décision de l’Allemagne d’arrêter temporairement l’administration de ce vaccin a semble-t-il convaincu le président de la République de faire de même quelques minutes plus tard. Si désormais l’exécutif attend l’avis de l’Agence européenne des médicaments (AEM) pour “remettre vite” le vaccin AstraZeneca en circulation, sa décision a provoqué quelques remous parmi les médecins, qui craignent désormais un ralentissement certain de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

“Ce qui se passe est un véritable fiasco pour la campagne de vaccination. Accélérer, freiner, accélérer, freiner… On passe pour des guignols. On a mis du temps à convaincre nos patients, on les a rassurés. Pensez-vous vraiment que si on leur dit dans deux jours, ‘finalement, c’est bon’, qu’ils reviendront facilement ?”, s’est énervée Margot Bayart, médecin en Occitanie et vice-présidente du syndicat de généralistes MG France, auprès du Parisien. Car l’inquiétude est de mise chez les primo-vaccinés, comme les secundo-vaccinés, qui ont peur des effets secondaires indésirables. Au total, environ 1,3 million de doses d’AstraZeneca ont été injectées en France.

Un “coup de massue”

Une question effraie les médecins : si la vaccination ne reprenait, que se passerait-il pour les patients en attente d’une seconde dose ? Il faudrait probablement qu’ils la reçoivent avec un autre vaccin, mais aujourd’hui, il n’y a pas de données scientifiques sur les combinaisons de produits”, s’inquiète, auprès de notre consoeur, le professeur Dominique Deplanque, qui dirige la recherche clinique au CHU de Lille (Nord).

Le “coup de massue” semble donc immense pour les médecins qui croient peu en l’objectif fixé par Jean Castex, à savoir celui de dix millions de personnes vaccinées à la mi-avril. Car cet horizon reposait en grande partie sur l’administration du vaccin AstraZeneca. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le laboratoire anglo-suédois, qui produit les précieuses injections, accuse depuis plusieurs semaines de sérieux retards dans ses livraisons. Un problème qui ne devrait pas se résoudre de sitôt.

Crédits photos : Jean-Marc Haedrich / Pool / Bestimage

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