Refus d'obtempérer à Paris : la sœur du chauffeur sort du silence et assure qu'il "n'a jamais fait preuve de violence"

Samedi 4 juin 2022 à Paris, des policiers ont tiré sur une voiture après un refus d’obtempérer, blessant le conducteur, mais aussi sa passagère, qui est décédée. Jeudi 9 juin 2022, la sœur du chauffeur a pris la parole lors d’une conférence de presse organisée dans le 13e arrondissement de la capitale.

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C’est un drame qui s’est joué samedi 4 juin 2022 dans les rues du XVIIIe arrondissement de Paris. Remarquant un véhicule dont l’un des passagers ne portait pas de ceinture de sécurité, trois policiers ont voulu le contrôler. Mais le conducteur a tenté de prendre la fuite. Les agents ont alors ouvert le feu, blessant le chauffeur, mais aussi l’une de ses passagères. Rayana, 21 ans, est décédée des suites de ses blessures. Alors que les policiers ont donné leur version de l’affaire, l’avocate de la jeune femme, Me Sylvie Noachovitch, a pris la parole mardi 7 juin 2022 sur le plateau de Touche pas à mon poste sur C8. Elle a profité de son passage pour faire une grosse mise au point. « J’ai lu aujourd’hui dans la presse des versions qui sont totalement hallucinantes, car je tiens à préciser que premièrement, Rayana ne connaissait pas le conducteur […] Deuxièmement, Rayana était une jeune fille qui n’avait pas de casier judiciaire parce que l’on a entendu de tout« , disait-elle.

Le conducteur « en permission » au moment des faits

Jeudi 9 avril 2022, sur BFMTV, Mélanie Vecchio, journaliste-police BFMTV en a dit plus sur le passé judiciaire du conducteur, dont la garde à vue a depuis été levée, comme l’ont indiqué nos confrères. « C’est un homme qui a 38 ans, multirécidiviste, connu très défavorablement des services de police parce qu’il y a 80 mentions au traitement des antécédents judiciaires. Il est également connu pour des délits routiers« . Samedi 4 juin 2022, au moment des faits, « il était en permission parce qu’il effectuait un régime de semi-liberté« , a-t-elle précisé. Sa permission de sortie était valable du 3 au 6 juin 2022. « Il était ‘dans la légalité’. Il ne connaissait pas vraiment les autres passagers de cette voiture. Ils s’étaient connus quelques instants avant. Il avait proposé à la passagère de la raccompagner chez elle […] Il est accusé d’avoir refusé de se soumettre à un contrôle, contrôle qui a dégénéré puisque des tirs ont été effectués par des policiers en VTT« , a-t-elle ensuite rappelé.

« Nous partageons leur peine »

Jeudi 9 juin 2022, une conférence de presse des proches du conducteur a été organisée dans le 13e arrondissement de Paris. C’est sa sœur qui a pris la parole, son visage dissimulé par un masque chirurgical noir. Celle qui se fait appeler Sonia était accompagnée de deux avocats de la famille de son frère. Elle a commencé en adressant un message à la famille de Rayana, la passagère de la voiture tuée lors de ce refus d’obtempérer. « Ma famille et moi-même se joignons à la famille de Rayana pour leur adresser nos condoléances et leur dire que nous partageons leur peine« , a-t-elle dit. Elle s’est ensuite confiée sur l’état de santé de son frère, grièvement blessé lors de l’altercation. Elle a ainsi révélé qu’il « était mal en point« , même si son état « s’améliore« . Elle a précisé qu’à ce jour, elle n’a pas pu lui parler et ne l’a pas encore vu. « C’est un déchirement de ne pas pouvoir voir son frère, sachant tout ce qu’il traverse« , a-t-elle ajouté.

« Je n’ai pas eu sa version des faits »

Est-ce qu’elle sait ce qu’il s’est passé ? « Je n’ai pas eu la version des faits. Ce que je sais, c’est ce qui se dit des témoins qui étaient présents à l’intérieur du véhicule, ce que j’ai pu entendre dans les médias… Mais de sa bouche, je n’ai pas eu sa version des faits. Une chose est sûre, c’est que je sais que mon frère n’aurait jamais été capable de foncer ou d’écraser la police. Il n’a jamais fait preuve de violence. Il n’aurait pas été capable de faire ça« , a-t-elle répondu à une journaliste. Cependant, elle reconnaît que son frère « a eu des problèmes avec la justice« . Mais selon elle, « ça ne permet pas de légitimer les violences qui ont été faites sur lui et sur les personnes de la voiture« . « Il y a eu un décès« , a-t-elle rappelé. Enfin, elle a réagi à la plainte déposée par la famille de Rayana contre son frère. « On laisse cette histoire entre les mains de la justice« , a-t-elle simplement dit.

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