« Si Macron est battu, on dégage tous » : ces ministres inquiets pour leur avenir

Les ministres d’Emmanuel Macron ne seraient pas sereins sur leur avenir au sein de l’exécutif dans le cas où le président serait élu pour un second mandat, c’est ce que suggère Le Parisien ce mardi 28 septembre.

Ils se savent sur un siège éjectable. Les ministres du gouvernement d’Emmanuel Macron commencent à envisager les prochains mois, et certains avec une certaine inquiétude, comme croit le savoir Le Parisien de ce mardi 28 septembre. L’un d’eux, qui occupe un des ministères régaliens, poste-clé s’il en est, confiait, sans filtre, au quotidien : « Si Macron est battu, la réponse est simple, on dégage tous. » Mais il est également conscient que réélection ne veut pas dire automatiquement reconduite dans les fonctions, avoue-t-il : »S’il est réélu, je crains qu’on ne soit pas mieux lotis« .

Et ceux qui prétendent ne pas avoir l’échéance du printemps 2022 en tête ne seraient pas tout à fait honnêtes d’après les propos d’un proche du président : « Évidemment que tout le monde y pense. S’il gagne, il va vouloir renouveler son équipe à mort : au moins la moitié, peut-être 70 voire 80 % de l’effectif actuel. Les places vont coûter cher. » Même constat du côté du ministre régalien, qui voit bien que « tout le monde pousse du col en ce moment« . Pourtant, dans les divers ministères, on affirme haut et fort être « d’abord concentrés sur la défense du bilan, les dernières réformes à engager« , plutôt que sur la possibilité de poursuivre leur action lors d’un deuxième mandat présidentiel.

Mais certains gardent en tête toutefois la condition sine qua non : la victoire d’Emmanuel Macron au mois de mai : « Pour penser à l’après, il faut déjà que le président soit réélu. C’est bête à dire, mais ça ne sert à rien de griller les étapes« , résume un fidèle du président. Et même en cas de réélection de l’actuel président, le gouvernement pourrait avoir un tout autre visage, un changement « à 100 %« , comme le fait remarquer un conseiller. Car conserver l’Élysée pour Emmanuel Macron pourrait être le synonyme de concession et accords avec d’autres formations politiques, moyennant des places au sein de son gouvernement.

« Être resté cinq ans dans le gouvernement, c’est déjà un exploit »

D’aucuns se résignent, d’autres travaillent, ou cherchent la meilleure porte de sortie. Pour certains membres du gouvernement, la solution pourrait prendre la forme d’une candidature aux élections législatives. Le Parisien affirme ainsi que Elizabeth Borne, Emmanuelle Wargon, Sophie Cluzel, Jean-Michel Blanquer ou encore Marlène Schiappa seraient à la recherche d’une circonscription pour s’y présenter. Car « le président sera très sensible au fait que certains aillent chercher une légitimité politique dans les urnes et sur leurs propres noms« , comme le résume un de ses soutiens.

Quid des transfuges d’autres partis, ces ex-LR désormais au banc de leur première famille politique ? Auraient-ils un avenir, une place réservée aux côtés d’Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, Bruno Le Maire, ou encore Gérald Darmanin ? Rien n’est moins sûr, et c’est l’un des principaux intéressés qui le confie au Parisien : « Objectivement, il peut se passer de nous. En tout cas, on l’a intégré. Vu d’où l’on vient et compte tenu de notre histoire politique, être resté cinq ans dans le gouvernement, c’est déjà un exploit. On ne pourra pas dire qu’on a été maltraité. » Eux aussi caresseraient l’espoir de rester en place, voire de monter en grade : « Le Maire et Darmanin vont se battre pour Matignon. Je suis sûr qu’ils y pensent‘, souffle un proche d’Emmanuel Macron. Raison de plus pour mettre les bouchées doubles dans les derniers mois du quinquennat.

Crédits photos : Stephane Lemouton / Bestimage

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