Stéphane Bern : "Il y a une forme d'immaturité dans tout ce que font Meghan et Harry"

Meghan Markle et le prince Harry ont annoncé le 6 juin la naissance de leur fille, Lilibet Diana. Un double prénom très «royal», alors même qu’ils ont fui la Couronne pour la Californie. Alors, main tendue ou énième provocation ? Le verdict du spécialiste des têtes couronnées.

Si l’on devait résumer (très) très brièvement la dernière année des Sussex, on commencerait par dire que Meghan Markle et le prince Harry se sont retirés de la famille royale britannique en février 2020, puis qu’ils ont annoncé en suivant la deuxième grossesse de Meghan, qu’ils se sont ensuite envolés vers la Californie où ils se sont installés avec leur fils de 1 an, Archie. On dirait aussi qu’ils ont signé des contrats juteux avec Disney et Netflix, et enfin qu’ils ont largement enfoncé la Couronne lors d’une interview historique accordée à Oprah Winfrey. (Et ce serait donc, très brièvement.) Une année intense et ultramédiatisée, avec des actions et des prises de parole avec la même ligne directrice : prendre de larges distances avec le noyau dur des Windsor, et se libérer de l’emprise de la «Firme».

En vidéo, le prince Charles s’exprime du bout des lèvres sur la naissance de Lilibet

Lilibet, un choix “disruptif”

Mais voilà qu’un heureux événement est venu tout embrouiller. Le 6 juin, la duchesse et le duc de Sussex ont annoncé la naissance de leur deuxième enfant, une fille, qu’ils ont choisi de prénommer Lilibet. Lilibet, le diminutif d’Elizabeth, le surnom que feu le prince Philip donnait à son épouse. Un mix de tradition royale (donner des prénoms de rois et reines aux descendants Windsor) et d’american touch dans l’utilisation d’un surnom en guise de prénom. Et une question qui brûle toutes les lèvres anglaises : à quoi jouent Meghan et Harry ?

«Ils sont très contradictoires depuis leur départ, mais ce prénom a tout l’air d’être une branche d’olivier tendue à la reine, un premier pas vers la paix», répond Stéphane Bern, joint par téléphone ce vendredi. Premier pas maladroit, cependant, selon le spécialiste des têtes couronnées : «Le prénom a un peu choqué l’establishment ; en effet, personne n’appellait la reine “Lilibet” à part son mari, le prince Philip». «Le choix est un peu cavalier, disruptif», analyse-t-il, ajoutant néanmoins mal imaginer que la reine n’ait pas validé le prénom au préalable – «je suis sûr qu’elle a été consultée».

Le portrait de mariage du prince Harry et de Meghan Markle. (Avec le prince Philip, Camilla de Cornouailles, le prince Charles, la mère de la mariée Doria Ragland, le prince William, Kate Middleton, la princesse Charlotte et le prince George, posté le 21 mai 2018.)

Elizabeth II et Meghan Markle piquent un fou rire sur le balcon de Buckingham Palace, durant la parade Trooping the Colour. (Londres, le 9 juin 2018.)

Toutes deux s’offrent de nouveaux éclats de rire lors de leur premier engagement officiel commun, dans le Cheshire, un mois après le mariage des Sussex. (Widnes, le 14 juin 2018.)

La souveraine et l’épouse du prince Harry visitent alors le Catalyst Museum de Widnes. (Le 14 juin 2018.)

Les Sussex, une manne financière

La question reste : mais pourquoi voudraient-ils la paix, tous puissants Américains philantropes-producteurs-podcasteurs-prescripteurs qu’ils sont ? «C’est tout le problème de ce couple qui veut être dedans et dehors à la fois, avoir le beurre et l’argent du beurre», avance Stéphane Bern. Par le beurre, entendez le titre de duc et duchesse Sussex. Par l’argent du beurre, tout ce qu’ils peuvent entreprendre avec ce titre. «En Amérique, Meghan et Harry capitalisent à fond sur leur nom, qui se vend bien mieux qu’en Angleterre ces derniers temps…» Ainsi, les Sussex tenteraient de sauver le lien qui les unit encore avec les Windsor, pour réussir leur nouvelle vie loin de ces derniers. Comme si un prénom pouvait changer la donne… «Il y a une forme d’immaturité dans tout ce qu’ils font», note l’expert ès royauté. «Et ils sont sont doute aussi entourés de gens qui veulent faire du fric sur leur dos.»

Aujourd’hui, malgré leur fuite aux États-Unis, les pétitions – signées par des dizaines de milliers d’Anglais – invitant le duc de Sussex à rendre ses titres honorifiques, et l’agacement – en coulisses – de la garde rapprochée d’Elizabeth II, le prince Harry et Meghan Markle n’ont pas renoncé à leurs droits. Archie est toujours septième dans l’ordre de succession au trône, et Lilibet huitième. La seule chose à laquelle ils ont renoncé, c’est leur prédicat d’Altesse royale, réservé, cela dit, aux membres «actifs» d’une famille couronnée. «Beaucoup reprochent désormais à la reine d’être trop laxiste à l’égard d’Harry», avance Stéphane Bern. «Mais Elizabeth II veut éviter au mieux les dissonances familiales, elle déteste ça. Et puis on ne peut pas empêcher une grand-mère d’aimer son petit-fils…»

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