Surya Bonaly victime de racisme ? « Dans les spectacles, j’étais moins bien payée »

Véritable étoile montante du patinage artistique dans les années 1990, Surya Bonaly a souvent vu sa carrière freiné dans sa belle lancée à cause de sa couleur de peau, comme elle le confie dans les colonnes du Parisien, ce mercredi 13 octobre.

Un palmarès exceptionnel. Dans les années 1990, Surya Bonaly était l’étoile montante du patinage artistique. Championne d’Europe et vice-championne du monde, la sportive enchaînait les trophées aussi vite que ses acrobaties. Cependant, ces prestigieux titres ne lui ont pas forcément rapporté de l’or. Tout au long de sa carrière, l’athlète a été considérée comme « La Noire » dans cette discipline très codifiée. Confrontée au racisme, Surya Bonaly s’est imposée comme la porte-parole pour lutter contre ce genre de discrimination. À l’occasion de la sortie du livre Générations poing levé (Éd. Marabulles), retraçant le parcours de dix champions qui ont écrit l’histoire sociale du sport, Surya Bonaly de 47 ans est revenue sur ses années de patinage dans les colonnes du Parisien, en kiosque ce mercredi 13 octobre. Si elle n’a pas souffert de préjugés auprès de ses collègues patineurs, certains membres des équipes techniques l’ont bien souvent traité différemment. « Dans les spectacles, j’étais mois bien payée, j’avais une moins belle robe, se remémore-t-elle. J’entendais ‘Pour Surya, on ne va pas faire le maximum’. On me faisait patiner avec des lumières sombres, qui faisaient qu’one ne me voyait pas. »

Malgré son talent et la prouesse de son salto arrière dont elle seule a le secret, Surya Bonaly n’a jamais décroché de médaille aux Jeux Olympique. Sa couleur de peau l’en a certainement privé. « J’étais noire, une enfant adoptée et trop différente, confie la sportive à la retraite depuis 1998. Ma mère m’entraînait, ça ne plaisait pas. J’étais jeune et forte, ça ne passait pas non plus ». Si le racisme était omniprésent, la jalousie l’était également. Étant la seule à réussir les quadruples sauts, la jeune femme a « déstabilisé beaucoup de monde à une période où les idées n’étaient pas très ouvertes et les gens mal éduqués« . Face à ces épreuves, la sportive de 47 ans en est sortie plus forte. Prête à mettre K.-O. les préjugés racistes, Surya Bonaly est aujourd’hui comparée au boxeur Mohamed Ali.

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Une sportive de tous les combats

Grâce à son mental et à sa force de caractère, Surya Bonaly continue son long combat contre le racisme. Aujourd’hui installée aux États-Unis, l’ancienne patineuse s’est engagée auprès d’une cause qui lui tient à coeur. Malgré la résonance du mouvement Black Lives Matter, à la suite de la mort de Georges Floyd par un policier blanc à Minneapolis, la multiple championne de France a penché pour un autre slogan. « Je préfère All Lives Matter (Toutes les vies comptent), quelques soient la couleur de peau et la religion », déclare Surya Bonaly à nos confrères du Parisien. Fille adoptive de parents blancs, l’athlète se considère davantage plutôt « United Colors of Benetton ». « Je voudrais un monde où tous soient respectés de la même façon », conclut-elle avec plein d’espoir.  

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Crédits photos : Capture d’écran Instagram @suryabonaly1

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