VIDÉO – « C’est nous insulter ! » : Jean Castex pris à parti au Sénat

Vives tensions au Sénat, ce 7 juillet. Alors que l’exécutif a décidé d’abandonner la révision constitutionnelle sur le climat, les sénateurs ont pris à parti Jean Castex, lors de la séance des questions au gouvernement.

La tension entre le Sénat et l’exécutif était à son comble, ce mercredi 7 juillet. Dès le début de la séance des questions au gouvernement, la rupture était palpable entre les deux camps. Car un sujet brûlant s’est invité tout de suite dans les débats : l’abandon de la révision constitutionnelle qui visait à introduire, dans l’article 1 de la constitution, la lutte contre le réchauffement climatique. “Cette main tendue pour la protection du climat n’a pas été saisie, ce vote met hélas un terme au processus de révision constitutionnelle”, a fait savoir Jean Castex ce 6 juillet devant l’Assemblée nationale, enterrant définitivement le projet de révision constitutionnelle sur le climat. La majorité et l’exécutif ont blâmé la responsabilité des sénateurs, les accusant de ne pas avoir voulu adopter cette révision dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale.

Des propos qui ont indigné les sénateurs. Au début de la séance des questions aux gouvernement, le sénateur LR de la Manche, Philippe Bas, a dénoncé l’attitude de l’exécutif. C’était à vous, Premier ministre, de rechercher l’accord. Or, non seulement vous ne l’avez pas fait. Mais de surcroît, vous avez laissé votre porte-parole nous insulter. Car c’est bien nous insulter que de nous traiter de climato-sceptiques quand on mesure comme nous la gravité des effets du réchauffement climatique pour l’humanité !”, s’est agacé le parlementaire, exigeant le retrait des “propos indignes” prononcés au nom de Jean Castex.

Débats sémantiques entre les deux assemblées

L’origine du conflit ? Les termes utilisés dans le cadre de la révision constitutionnelle sur le climat. A deux reprises, l’Assemblée nationale et le Sénat n’ont pas réussi à s’entendre sur le verbe “garantir”. La chambre haute a toujours exclu le terme, alors que l’exécutif voulait l’intégrer. En première lecture, le Sénat avait proposé la formulation selon laquelle la République française “agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre le dérèglement climatique, dans les conditions prévues par la Charte de l’environnement de 2004”. Il substituait ainsi le terme “agit” à “préserve”. Une réécriture qui n’a pas convaincu. Avec cet abandon de la révision constitutionnelle, Emmanuel Macron renonce à sa promesse de reprendre une proposition de la Convention citoyenne pour le climat portant sur un référendum pour inscrire la lutte contre le changement climatique dans la Constitution.

Crédits photos : Capture d’écran – Public Sénat

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