11 septembre 2001 : Comment notre vie a changé depuis les attentats ?

Suite à la chute de l’URSS, les occidentaux ont cru que les conflits armés étaient derrière eux. Pourtant, le 11 septembre 2001, à 8h46 à New-York, les illusions s’envolent, laissant place à l’incompréhension, la panique puis la colère. 20 ans après, le monde tourne encore, toutefois, il n’est plus le même…

World Trade Center, Pentagone, crash en Pennsylvanie… Trois lieux, une matinée, un nouvel univers, celui-ci plus sombre. Pour ceux qui l’ont vécu, il y a le monde d’avant le 11 septembre 2001 et le monde d’après. Les plus jeunes l’entendent et l’apprennent. Aujourd’hui, la chute des tours jumelles s’élève comme la matrice du 21e siècle, à commencer par les relations internationales.

À l’approche du #11Septembre, touristes et New-Yorkais se recueillent à Ground Zero où il y a 20 ans presque jour pour jour, les tours jumelles s’effondraient. Désormais, deux bassins symbolisent leurs emplacements. Reportage dans le quartier > https://t.co/v4q8ACbB27 pic.twitter.com/1SPCRFwkkD

NYC MANHATTAN WTC LES TOURS JUMELLES LES TWIN TOWERS.. Une photo HOMMAGE du 11 SEPT 2001 via Paul Seibert Photography 3000 victimes.. Rip* pic.twitter.com/LZrCcRncbb

Les relations internationales

Les événements du 11 septembre ont changé sensiblement les relations internationales, à commencer par l’offensive en Afghanistan, sanctuaire d’Al Qaïda et donc de Ben Laden. Une attaque lancée 1 mois après la chute du World Trade Center par les États-Unis, soutenus par l’Alliance du Nord (groupe armé afghan, en lutte contre les talibans) ainsi que par d’autres nations occidentales. Leur objectif ? Faire la guerre contre le terrorisme. Un conflit qui vient à peine de se terminer le mois dernier, laissant les talibans au pouvoir. Puis, en 2003, l’administration Bush déclare la guerre à l’Irak qu’elle accuse de terrorisme. Une décision prise par les Américains sans l’accord du Conseil de sécurité des Nations unies. De plus, “l’accueil” des individus soupçonnés de terrorisme au Camp de Guantánamo dès 2001 est aussi source de conflits notamment avec les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

On assiste alors à un recul important sur les relations internationales, un unilatéralisme de la part des États-Unis ainsi qu’à une croissance des budgets militaires. Après le 11 septembre, “la stratégie de George Bush consiste à capitaliser sur l’émotion collective et la psychose sécuritaire en se posant en “défenseur du monde libre””, a expliqué l’historien Jean-Michel Lacroix dans son ouvrage “Histoire des États-Unis”. Les États-Unis creusent l’écart et perdent du “leadership à l’international”, a expliqué Charles-Philippe David, président de l’Observatoire sur les États-Unis de l’Uqam. D’autres pays connaissent alors une montée en puissance comme la Russie et surtout la Chine suscitant une perte de confiance de la part des alliés de Washington. Si les conséquences sont lourdes sur le terrain militaire, elles le sont également dans la vie des citoyens.

Il y a de cela 20 ans, les tours jumelles du World Trade Center, le 11 Septembre 2001 ont été percuté par deux avions détournés par des pirates de l’air d’Al-Qaïda. pic.twitter.com/g5bMTn09dc

11/09/2001 : le Pentagone est lui aussi touché et les deux tours jumelles se sont effondrées… Aux États-Unis, pour la première fois, les journalistes comprennent à ce moment-là que rien ne sera plus jamais comme avant : leur pays est devenu une cible ⬇️#21hMédias pic.twitter.com/W3knROXbtq

La vie autrement

La population américaine, qui ne se sentait pas concernée par le terrorisme jusque-là, découvre brutalement sa fragilité. L’Amérique, comme ses tours, apparaissent alors comme un colosse aux pieds d’argile aux yeux du monde.“Depuis le 11 Septembre, on a vu un basculement au sein de nos sociétés démocratiques vers la sphère préventive, c’est-à-dire avant que le crime ne soit commis”, a expliqué Ahmed Ajil, docteur en criminologie à l’Université de Lausanne, à RTS. Les règles instaurées suite aux attentats sont finalement rentrées dans le quotidien de tous notamment pour prendre l’avion : portiques à métaux, contrôle des sacs, interdiction des armes blanches et même par la suite de tout ce qui s’apparente à une arme, contrôles des liquides, filtration des passagers… Une routine à l’aéroport qui n’existait pas avant le 11 septembre. Le passeport biométrique et le renforcement du plan vigipirate entrent également dans la vie des citoyens. Ce qui était autrefois une atteinte aux libertés fondamentales fait désormais partie du quotidien. De son côté, l’industrie du cinéma et des séries a elle aussi connu des changements majeurs.

Représentation cinématographique

Depuis la chute du World Trade Center, l’industrie cinématographique occidentale et notamment américaine a sensiblement changé. Deux points principaux se détachent : l’arrivée du anti-héros ainsi que la représentation négative des musulmans et/ou Arabes. Avec la conceptualisation du “ticking time bomb scenario” (scénario de la bombe à retardement) – un courant de pensée qui justifie l’usage de la torture dans les situations d’urgence – les anti-héros ont été représentés pour la première fois dans les films et les séries. Dans un cas de “ticking time bomb”, le héros du film n’a plus le temps d’agir selon la moralité et privilégie ainsi la fin et non les moyens. C’est le cas notamment du fameux Jack Bauer dans la série 24 Heures Chrono, héros malgré ses défauts et ses actes théoriquement condamnables.

De l’autre côté, l’image des ennemis a foncièrement changé, ils ne sont plus russes ou japonais, mais Arabes et/ou musulmans. Après les attentats, le “méchant Arabe” est devenu ce qu’était autrefois le “vilain communiste”. S’il existait déjà, sa représentation s’est accrue tout comme la violence qu’il incarne. “Ce que le 11-Septembre a fait, c’est de légitimer davantage l’utilisation de la violence dans les oeuvres de fiction. Les films sont de plus en plus violents, de plus en plus extrêmes et brutaux”, a expliqué Wheeler Winston Dixon, professeur de cinéma à l’Université du Nebraska à nos confrères de La Presse. Une théorie qui symbolise bien l’arrivée du anti-héros et du “méchant Arabe” au cinéma.

Relations internationales, vie quotidienne, cinématographie… Deux décennies, deux tours, deux 1, le monde d’aujourd’hui s’est construit sur les cendres 11 septembre.

20 ans après, retour à Manhattan où des bassins ont été installés à l’emplacement des tours jumelles, avec le nom des 2977 victimes gravées sur un parapet où sont déposées des roses blanches. Édition spéciale à 17h sur @franceinfo pic.twitter.com/LOvMlQGgKC

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