Absences des enseignants : 7% de profs manquent à l’appel

7% des enseignants sont actuellement absents des écoles et établissments scolaires. Un chiffre qui "ne devrait pas dépasser 15%" a précisé Jean-Michel Blanquer. Pour pallier à l’absence des professeurs face au variant Omicron, le ministère de l’Education a mis en place de nouvelles mesures.

Quelles mesures pour remplacer les profs absents ?

Dans un communiqué du 3 janvier, le ministère de l'Education nationale émet de nouvelles recommandations à destination du personnel de l'Education, afin de pallier au manque de professeurs face à la propagation du variant Omicron. Après un nouveau protocole sanitaire à l'école, le ministère rappelle que les enseignants sont soumis aux mêmes tests que les autres adultes au sein des écoles et établissements scolaires, avec des tests consécutifs, sans besoin de s'isoler pour les cas contacts vaccinés dont les tests sont négatifs. Par ailleurs, et suite aux rapport de la Cour des comptes, le gouvernement décide de reporter ou de suspendre "toutes les sollicitations institutionnelles susceptibles d'entraîner l'absence des professeurs (formations, etc.)". Le gouvernement compte également élargir la capacité de recrutement des contractuels et des vacataires, et ce dans toutes les académies du 1er et 2d degré. Depuis le 3 janvier, les retraités de l'Education nationale sont rappelés avec des conditions de rémunération adaptées. "Les académies diversifient leurs modalités de recrutement et sont mobilisées pour engager les recrutements sur la base des remontées des absences répertoriées, afin d'y répondre rapidement", précise le ministère. En ce qui concerne les directeurs d'école et chefs d'établissements scolaires, leurs tâches sont allégées de manière à leur permettre de se concentrer davantage sur la gestion de la crise sanitaire ainsi que sur la continuité pédagogique pour les élèves qui suivraient les cours à distance. 

Absence des enseignants : le rapport de la Cour des Comptes

Ce 2 décembre, la Cour des comptes a publié un rapport intitulé "La gestion des absences des enseignants". Elle y dévoile que deux tiers des absences des enseignants au collège et au lycée sont liés à des obligations de service. Ce rapport fait suite à la visite d'une quarantaine d'établissements scolaires par des magistrats financiers sur l'année 2018-2019, soit avant la crise sanitaire. Elle appelle alors à des remplacements plus systématiques entre collègues lors de ces absences pour offrir une meilleure continuité pédagogique aux élèves. Ainsi, deux fois sur trois, si l'enseignant est absent, ce n'est pas parce qu'il est malade, mais parce qu'il est en formation, qu'il doit assister à une réunion pédagogique, être membre d'un jury d'examen, ou encore parce que son établissement est fermé pour accueillir des épreuves du baccalauréat ou du brevet. Bien qu'absent physiquement, l'enseignant travaille donc tout de même. On parle alors d"absences institutionnelles" car liées aux obligations de l'Education nationale. 

Collèges et lycées : 2,5 millions d'heures perdues et près de 4 milliards d'euros

D'après les conclusions de la Cour des comptes, environ 10% des heures de cours délivrées au collège et au lycée ont été perdues au cours de l'année scolaire 2018-2019. Des absences considérées comme de courte durée (moins de 15 jours) qui représentent néanmoins 2,5 millions d'heures. Cela équivaut à une hausse de 24% par rapport à l'année précédente. Côté budget, ces absences représentent pas moins de 4 milliards d'euros.

Remplacements : comment pallier à l'absence des professeurs ?

Face à ce constat et alors même que les absences des élèves et professeurs se multiplient ces deux dernières années en raison de la crise sanitaire, la Cour des comptes demande au ministère de l'Education nationale de proposer "une véritable stratégie" pour "limiter" et "compenser les absences de courte durée". La suggestion des magistrats ? Plutôt que de recruter des enseignants remplaçants, permettre aux chefs d'établissements de favoriser davantage les remplacements entre collègues au sein du même collège ou lycée en leur proposant des heures supplémentaires. Et pour cause, comme l'explique la Cour des comptes "le chef d'établissement reste toujours aussi dépourvu de moyens pour trouver des remplaçants en dehors des volontaires". Cela pourrait donc induire une obligation pour l'enseignant d'accepter ces remplacements si nécessaire. De même, elle souligne que l'organisation des examens comme des réunions pédagogiques pourrait être planifiée de sorte à ne pas se dérouler systématiquement lors des temps de classes. Enfin, en cas d'absence, les professeurs pourraient être invités à enregistrer leur cours en vidéo afin qu'il soit diffusé aux élèves. 

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