Anne Thévenet-Abitbol, chez Danone : "Il est inutile de chercher à tout maîtriser, il faut capitaliser sur ses forces"

La directrice Prospective et nouveaux concepts du groupe Danone incarne la crème des esprits créatifs.

Madame Figaro. – Une heure de réveil ?
Anne Thévenet-Abitbol. 7 h 45.

Le pitch de votre poste ?
Je suis chargée d’inventer de nouvelles idées susceptibles de faire bouger le groupe Danone ou ses marques, que ce soit en terme marketing, social ou sociétal, et ce, au départ, sans équipe et sans argent. Chaque fois que j’ai une idée, je dois convaincre les gens en interne de m’aider à la porter et à la financer. C’est un excellent torture test.

Des résultats à donner ici et maintenant ?
En 2006, j’ai contribué à créer Les 2 Vaches, marque qui a contribué à développer le marché du bio. En 2018, j’ai lancé Les Danone du monde, des yaourts pour ouvrir les goûts et les esprits. Ils ont généré un chiffre d’affaires autour de 14 millions d’euros en un an. J’ai également créé des programmes de formations interentreprises originaux : Ève, qui a pour objectif de permettre aux femmes d’«oser être soi pour pouvoir agir», et Octave, qui donne à toutes les générations les moyens d’«être acteur dans ce monde qui bouge».

Des défis pour demain ?
Nous vivons dans une époque où les défis de la transition écologique sont centraux. Nous devons donc continuer à défendre une alimentation saine et accessible, tout en prenant en compte les impératifs environnementaux et sociétaux.

Un accélérateur de parcours ?
Dans les années 1990, j’ai pris conscience, lors d’une conférence, qu’il est inutile de chercher à tout maîtriser, mais qu’il faut plutôt capitaliser sur ses forces. Je me suis alors autorisée à me concentrer sur mes atouts : l’intuition et la créativité.

Des mentors ?
Philippe Michel, fondateur de l’agence de publicité CLM BBDO, qui nous apprenait à faire confiance à notre monde intérieur. Franck Riboud, alors PDG de Danone, qui m’a recrutée en 1998 alors que je dirigeais le planning stratégique de CLM BBDO. Il m’a offert l’opportunité d’être un électron libre, sans feuille de route, et a ainsi ouvert tous les champs du possible.

S’il faut remonter à l’origine ?
J’ai perdu mon père à 11 ans et demi de façon brutale. Cela demande une certaine force intérieure pour se remettre debout.

Votre parcours ?
J’ai un DEUG de lettres et civilisation anglaises et de grec moderne, et une maîtrise d’information et communication du Celsa Paris-Sorbonne, école que j’ai choisi d’intégrer car je pouvais y assouvir ma curiosité.

Des obstacles sur la route ?
Ils sont une occasion de réflexion et de contournement.

Un moment off ?
Lire des romans pour déconnecter du monde réel.

Votre définition de l’influence ?
La capacité à entraîner les gens pour réaliser des choses positives et qui ont du sens.

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