Bronchiolite : la hausse du nombre de cas inquiète, comment protéger son enfant ?

Chaque hiver, 30% des nourrissons de moins de deux ans sont touchés par la bronchiolite, une maladie respiratoire virale. Cette année, l’épidémie est non seulement plus précoce mais aussi plus virulente. La hausse du nombre de cas de bronchiolite suscite de nombreuses inquiétudes. On fait le point.

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1.779. C’est le nombre d’enfants de moins de deux ans atteints de bronchiolite vus aux urgences au cours de la semaine du 4 octobre, comme l’indique le dernier Bulletin épidémiologique bronchiolite de Santé publique France publié le 13 octobre. « Les indicateurs sont en faveur d’un démarrage rapide et plus précoce de la circulation du virus de la bronchiolite par rapport aux années précédentes », est-il précisé dans ce document.

Pourtant, l’hiver dernier, l’agence de santé publique indiquait que l’épidémie de bronchiolite avait « une amplitude très inférieure aux saisons précédentes ». A l’origine de ce phénomène ? Le renforcement des gestes barrières dus à l’épidémie de Covid-19. Depuis, ces mesures barrières sont de moins en moins appliquées, ce qui peut justifier cette recrudescence des cas. Autre explication : en l’absence de stimulation l’année dernière, le système immunitaire n’a pas été préparé à affronter de virus. « L’épidémie de bronchiolite pourrait être de grande ampleur compte tenu d’un déficit d’immunité collective acquise significatif pour les enfants nés après mars 2020 », indiquait ainsi le Conseil scientifique dans son avis datant du 5 octobre.

Bronchiolite : les hôpitaux saturés en Ile-de-France

Cette année, l’épidémie de bronchiolite est particulièrement virulente dans le Grand-Est et en Ile-de-France. D’après Le Parisien, les cinq services de réanimation pédiatrique d’Ile-de-France, qui possèdent environ 70 lits, sont d’ores et déjà saturés. « L’agence régionale de santé d’Île-de-France a réactivé les cellules de crise, le message est tombé lundi soir », a indiqué au quotidien Stéphane Dauger, chef de la réanimation pédiatrique de l’hôpital Robert-Debré, à Paris.

D’autres régions sont également concernées et considérées comme étant en « phase pré-épidémique » par Santé publique France. Il s’agit de l’Auvergne-Rhône-Alpes, de la Bourgogne Franche-Comté, de la Bretagne, du Centre-Val-de-Loire, de la Normandie, de la Nouvelle-Aquitaine, de l’Occitanie, des Pays-de-la-Loire, de la Provence-Alpes-Côte d’Azur et de la Guyane.

L’autorité de santé précise que « parmi les 1.779 enfants de moins de deux ans vus aux urgences pour bronchiolite lors de la semaine du 4 octobre, 643 (36%) ont été hospitalisés et 1.568 (88%) étaient âgés de moins de un an », peut-on lire dans le bulletin épidémiologique du 13 octobre.

Quels sont les symptômes de la bronchiolite ?

La bronchiolite est une infection respiratoire qui touche les enfants de moins de deux ans et qyui affecte les petites bronches, appelées bronchioles. Très contagieuse, elle se traduit par une forte gêne respiratoire, une respiration sifflante et une toux enrouée. Le pic de l’épidémie de bronchiolite débute normalement vers fin octobre – début novembre et se termine à la fin de l’hiver. Il faut compter environ dix jours pour la phase aiguë de la bronchiolite, dont les deux premiers jours nécessitent une attention particulière de la part des parents qui ont un nourrisson.

Bronchiolite : comment se transmet-elle et comment éviter de la propager ?

Quand une personne tousse, éternue ou se mouche, elle propage des sécrétions bronchiques, ce qui facilite la transmission des microbes. Embrasser son enfant favorise également l’apparition de l’infection respiratoire. Autre moyen de propagation : les jouets, les aliments, les verres ou les bouteilles, où il peut y avoir de la salive. Indirectement, le virus se transmet aussi par les mains. Afin d’éviter de transmettre la bronchiolite, l’Assurance maladie dévoile quelques précautions à prendre en cas d’épidémie :

  • Nettoyez-vous régulièrement les mains avec du savon et rincez-les bien à l’eau chaude. Surtout, montrez l’exemple à vos enfants pour qu’ils reproduisent ces gestes.
  • Evitez le contact avec des personnes contaminées. À la maison, empêchez vos enfants d’échanger leurs couverts, biberons ou aliments. Si vous avez des petits plus âgés qui fréquentent une crèche ou une école, interdisez les contacts physiques avec le nourrisson. Pour stopper toute propagation, nettoyez les jouets et les peluches de votre bébé.
  • En cas de rhume, jetez chacun de vos mouchoirs à la poubelle et ne les gardez pas dans vos poches. Cela favorise la prolifération des virus. Servez-vous de vos coudes pour tousser et éternuer.
  • Si votre bébé attrape la bronchiolite, gardez-le au chaud à la maison. Afin de réduire la concentration de microbes, ouvrez régulièrement les fenêtres. Évitez de l’emmener dans des lieux publics comme les centres commerciaux ou les transports en commun.

Quels sont les traitements de la bronchiolite ?

En 2019, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait publié des recommandations concernant la bronchiolite, ainsi qu’un nouveau classement des degrés de gravité de la bronchiolite, afin d’aider les médecins à mieux guider les patients selon la gravité de l’infection :

  • Les formes légères : elles ne nécessitent pas d’hospitalisation, mais le médecin explique aux parents comment procéder pour le lavage de nez. Il leur donne également des conseils afin qu’ils suivent correctement l’évolution de la santé de leur bébé, notamment pendant les deux premiers jours de la phase aiguë.
  • Les formes modérées : l’état de santé du nourrisson est évalué. Il peut être orienté vers une prise en charge à l’hôpital où son cas sera étudié par les médecins.
  • Les formes graves : le nourrisson est directement pris en charge à l’hôpital, si besoin les médecins peuvent l’envoyer en unité de soins intensifs.

En 2019, la HAS avait alerté sur la kinésithérapie respiratoire, pratiquée sur les nourrissons atteints de bronchiolite aiguës, indiquant que cette méthode n’est « pas efficace dans la prise en charge des nourrissons hospitalisés pour une bronchiolite aiguë ».

Pour traiter la maladie, elle recommande des approches non-médicamenteuses comme le lavage de nez. Cette méthode consiste à induire des petites doses de sérum dans les narines du nourrisson afin d’évacuer les sécrétions nasales. Autre préconisation de l’HAS : surveiller activement le nourrisson pendant les dix premiers jours de la phase aiguë. Pour s’assurer de la bonne mise en place de ces indications, le médecin des soins primaires peut guider les parents ou les orienter vers des professionnels de premier recours et les Réseaux Bronchiolite.

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