"C’est ça la réalité, si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici" : Olivier Véran s’emporte contre des députés

“C’est ça la réalité, mesdames et messieurs les députés ! Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici !” Ce mardi 3 novembre au soir, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a perdu patience contre des élus qui exprimaient leur impatience alors qu’il était en train d’énumérer des cas d’hospitalisations graves de la Covid-19, à l’hôpital de Corbeil-Essonnes (Essonne), où il s’était rendu plus tôt dans la journée.

La scène a été diffusée en direct sur La Chaîne Parlementaire (LCP). Partagée sur les réseaux sociaux, elle a été beaucoup relayée et partagée. Elle s’est déroulée durant les débats sur l’allongement de l’état d’urgence sanitaire, que le gouvernement souhaitait prolonger jusqu’au 14 février prochain. Mais les élus, peu nombreux et majoritairement de l’opposition ce soir-là, n’ont décidé de le prolonger que jusqu’au 14 décembre.

Cette séquence confirme un peu plus le bras de fer de plus en plus fort entre le gouvernement et les élus, alors que le Premier ministre Jean Castex s’est agacé des arrêtés municipaux essayant d’entraver la fermeture des commerces non-essentiels, l’une des mesures prises pour ce deuxième confinement, visant à endiguer la deuxième vague de la pandémie du nouveau coronavirus.

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La colère d’Olivier Véran contre des députés de l’opposition

Interrompu une première fois par des députés, Olivier Véran reprend : “Pendant près de dix minutes, les soignants nous ont expliqué qu’il fallait quand même de la spécialisation pour être capable de retourner un malade du ventre sur le dos lorsqu’il est intubé, qu’il a des bouts de seringue pour l’aider à respirer, parce qu’il fait un syndrome de détresse respiratoire aigu. Ces soignants nous ont aussi raconté les étudiants venus en renfort, et leur capacité à faire face, malgré la fatigue, malgré la détresse qui est la leur dans la période, enchaînant jour et nuit.”

Pour défendre la nécessité du confinement et de l’allongement de l’état d’urgence sanitaire, le ministre de la Santé a ensuite cité deux cas de malades qu’il a pu voir au service réanimation du Centre hospitalier Sud francilien de Corbeil-Essonne : “Je suis rentré dans deux chambres dans ce service de réanimation. Dans la première chambre, il y avait un jeune homme de 28 ans dans le coma. Dans la deuxième chambre il y avait un homme en surpoids âgé de 35 ans.”

Vous êtes en train de débattre de sujets, alors que nos soignants se battent pour sauver des vies

Mais les députés s’agitent de plus en plus. “C’est ça la réalité, mesdames et messieurs les députés ! Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici !”, s’emporte le ministre, visiblement excédé. “Elle est là, la réalité de nos hôpitaux ! Vous êtes en train de débattre de sujets, alors que nos soignant se battent pour sauver des vies !”

Une grande agitation se répand dans l’hémicycle, mais de nombreux députés et membres du gouvernement applaudissent alors Olivier Véran. Ils finissent même par se lever. Alors qu’ils se rassoient, on entend encore des élus vociférer leur mécontentement à l’encontre du ministre. 

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L’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 14 décembre uniquement

Après que la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Annie Genevard, lui redonne la parole, Olivier Véran explique sa présence dans l’hémicycle ce mardi soir. Le ministre raconte avoir décidé de venir lorsque, visitant un hôpital avec le Premier ministre, il a vu les députés de l’opposition se lever et applaudir le vote de la fin de l’État d’urgence sanitaire à la mi-décembre, et la fin de ce deuxième confinement, à la fin novembre. 

Le décalage était tellement total que j’ai décidé de venir dans cet hémicycle ce soir

“Le décalage était tellement total que j’ai décidé de venir dans cet hémicycle ce soir”, s’indigne le ministre de la Santé. 

L’adoption définitive du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire doit être définitivement adoptée ce vendredi 6 novembre. Il a d’abord été adopté sous forme de décret, le 24 octobre, mais le vote d’une loi était ensuite obligatoire. 

Comme l’explique Franceinfo, les députés, à gauche comme à droite, sont cette fois beaucoup plus réticents face à ce dispositif exceptionnel, s’inquiétant d’une “mise entre parenthèses des libertés publiques”.

Ce 3 novembre, 430 décès de la Covid-19 supplémentaires en France ont été annoncés, selon les chiffres officiels, portant le nombre de décès total à 38.289 depuis le déclenchement de la pandémie.

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