Changement de cap pour les Nuits sonores de Lyon : "On veut retrouver un lien avec le territoire"

C’est un changement qui va dans le sens du vent. À une époque où les circuits courts et le local sont partout, le festival lyonnais des Nuits sonores (19-25 juillet) a axé sa programmation 2021 autour d’artistes locaux. Un choix contraint par l’épidémie de Covid-19 qui freine les déplacements internationaux, mais qui correspond également à une volonté des organisateurs de se rapprocher de leur territoire. 

“On s’est dit que le contexte était une opportunité de renouer avec la scène locale. L’idée, c’est de retrouver un lien avec le territoire, sachant que notre public est principalement lyonnais cette année”, confie au téléphone Pierre-Marie Ouillon, le directeur artistique de l’événement. 

L’association Arty Farty, qui est à l’origine des Nuits Sonores, avait déjà lancé plusieurs initiatives dans ce sens ces derniers mois. Des résidences artistiques ont été organisées dans les locaux du Sucre, le lieu culturel et festif géré par Arty Farty au sud de la presqu’île de Lyon, et une formation de DJ réservée aux femmes a également été ouverte. “On a mené ce programme au Sucre. On voulait changer les choses en élargissant la diversité d’artistes féminines dans la musique électronique”, raconte Pierre-Marie Ouillon. 

Un changement sur le long terme

Plusieurs artistes de ce programme ont d’ailleurs été mis à l’affiche des Nuits Sonores. La DJ Camille a par exemple été programmée le 20 juillet en ouverture. “Elle n’aurait jamais été là dans les précédentes éditions. Avant, on avait du mal à trouver de la diversité sur la scène musicale féminine”, admet le directeur artistique des Nuits Sonores. L’artiste drômoise Tryphème est aussi montée sur scène avec une joie non dissimulée. “Cela fait du bien de refaire des gros festivals après toute cette période et de ressentir à nouveau l’énergie des gens”.

Ce changement de cap devrait perdurer même après la pandémie. “Pour nous maintenant, c’est important de lier notre festival au local. C’est aussi très compliqué d’avoir des artistes internationaux. Pour le monde de la musique, il y a quelque chose à jouer. L’industrie musicale est très anglophone, donc c’est intéressant de retrouver une fierté par rapport à la scène locale”, conclut Pierre-Marie Ouillon. 

Nuits sonores 2021 : tous les soirs jusqu’au 25 juillet aux anciennes usines Fagor-Brandt à Lyon. Pass sanitaire obligatoire. 

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