« Christmas Flow » place la France dans le game des romcom de Noël

  • Netflix déballe ce mercredi « Christmas Flow », la première série romcom de Noël française de la plateforme.
  • La minisérie en trois épisodes suit la romance entre un rappeur, accusé de sexisme, et une journaliste féministe.
  • Comment cette romcom réussit-elle à être dans l’air du temps, sans déroger aux canons du genre ?

Alors que les chrysanthèmes fanent sur les tombes gelées, quoi de mieux pour se réchauffer le cœur que de mater une comédie romantique de Noël ? Que ceux qui n’ont jamais succombé au plaisir sucré des bons sentiments sous la neige nous jettent la première boule ! Mais à l’ère post #MeToo, les téléfilms de Noël apparaissent souvent auréolés de l’esprit de Noël… d’un autre siècle. Comment Christmas Flow, minisérie en trois épisodes à déballer ce mercredi sur
Netflix, réussit-elle à être dans l’air du temps sans déroger aux canons du genre ?

Christmas Flow est une minisérie cocréée par Henri Debeurme (Moah), Victor Rodenbach (Dix pour cent) et l’autrice Marianne Levy (La Malédiction de la zone de confort), et réalisée par Nadège Loiseau (Le petit Locataire). Elle débute par la rencontre impromptue entre Marcus, star du rap (
Tayc, le rappeur marseillais candidat de Danse avec les stars), au cœur une polémique à la suite de la sortie d’un titre aux paroles sexistes, et Lila, une journaliste au caractère bien trempé, indépendante et féministe (Shirine Boutella, aka le lieutenant Sofia Belkacem dans Lupin), dans le cadre enchanteur des grands magasins parisiens à la veille de Noël.

Christmas Flow embrasse donc pleinement les codes du genre, en réunissant deux êtres qui s’enguirlandent au milieu des décorations de Noël. « Le seul moyen de s’emparer du genre, c’est de l’aimer sincèrement et de l’assumer. Les gens se détestent au départ et s’aiment à la fin ! Il n’y a aucune volonté de dépoussiérer le genre, ce serait outrecuidant de notre part », raconte Henri Debeurme, co-créateur de la minisérie à 20 Minutes. Ce dernier se présente comme un « fan de romcom, et particulièrement des films de Richard Curtis », le cinéaste britannique à qui l’on doit Love Actually, Coup de foudre à Notting Hill ou encore Quatre mariages et un enterrement.

Un esprit de Noël « dans l’air du temps »

Evidemment, la polémique autour de la chanson de Marcus rappelle celle autour de la chanson d’Orelsan intitulée Sale pute. « D’un côté, le rap et les rappeurs ont le droit à la fiction, de l’autre, les femmes et les associations féministes ont légitimement le droit d’attaquer ceux qui parlent mal des femmes. On trouvait cela intéressant comme point de départ, est-ce possible d’instaurer un dialogue entre les deux côtés ? », raconte Henri Debeurme. Christmas Flow souffle ainsi un esprit de Noël « dans l’air du temps » où planent des valeurs comme la bienveillance, l’écoute, le dialogue et la rédemption. Bref, la fameuse magie de Noël.

Si Christmas Flow adopte le schéma classique de la comédie romantique, les personnages, quant à eux, sont loin des cartes postales sorties des productions Hallmark. « J’avais envie de voir des personnages qui me ressemblent, des personnages que je peux côtoyer. J’avais envie d’une romcom à la française », explique Henri Debeurme. Lila et ses amies Jeanne et Alice (Alois Sauvage, Marion Seclin) sont des personnages féminins « qui existent autrement que par leur rapport aux hommes ». Bref, des femmes capables de parler de quelque chose qui est sans rapport avec un homme, comme le veut le test de Bechdel.

Une romcom « à la française »

La minisérie se distingue aussi par l’authenticité de ses décors, des costumes, et de ses situations. « Les repas de Noël sont inspirés par ceux de nos familles. La maman de Lila, par exemple, ressemble à ma belle-mère », confie Henri Debeurme. Une sorte de French Touch, selon le créateur : « Christmas Flow s’inscrit dans cette tradition de films familiaux à la française avec des grands repas de famille, comme Un Air de famille de Cédric Klapisch. »

Christmas Flow ne se prend jamais trop sérieux et fait régulièrement preuve d’autodérision, ajoutant une touche d’humour à chaque fois que la mièvrerie risque de dégouliner. Drôle, tendre, intelligente et feel good, Christmas Flow place enfin la France dans le game des meilleures romcom de Noël !

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