Comment transformer son capital en rente ?

Certains produits d’épargne, comme le Perp et les contrats Madelin, ne permettent que la sortie en rente, sauf exceptions (achat d’une première résidence principale, par exemple). D’autres enveloppes nous autorisent à récupérer notre mise sous forme de rente viagère ou de capital (assurance-vie, PEA ou PER, le nouveau plan d’épargne retraite), le choix étant irrévocable.

Restez informée

Si vous n’avez souscrit aucun de ces placements, vous pouvez aussi, à tout moment, transformer un capital en rente auprès d’un assureur. La compagnie fait ouvrir dans ce cas un contrat d’assurance-vie, ne serait-ce que pour un jour, avant de le « convertir » en rente.

Atouts et contraintes de la rente

Transformer un capital en rente viagère garantit de toucher un revenu complémentaire stable, mensuel ou trimestriel, jusqu’à la fin de sa vie. Cela permet aussi de s’affranchir des marchés et de la gestion de son argent. Revers de la médaille, on renonce à la disponibilité de son capital et à sa transmission. Toutefois, certaines options pallient cet inconvénient : pour s’assurer que la rente soit versée au minimum un certain nombre d’années, on peut choisir une « rente à annuités garanties » (versée pendant un délai donné, à vous ou à votre bénéficiaire en cas de décès). Si on est en vie après la date butoir, on continue à percevoir son dû. Autre option, la rente réversible à hauteur de 50, 80 ou 100 % au conjoint ou à une tierce personne en cas de décès (versée jusqu’au décès du second bénéficiaire). Avec l’une ou l’autre de ces options, on obtient une rente moindre.

Enfin vous pouvez demander une rente par paliers qui diminue ou augmente après un certain temps. Attention, refusez l’option « dépendance », qui dope la rente en cas d’invalidité : elle est trop chère, et ne protège qu’en cas de grave handicap.

Montant concerné

La rente varie selon le capital, l’âge auquel on la demande, les frais de l’assureur (1 à 3 % des arrérages ou de l’encours, selon les cas) et le « taux technique » (taux de revalorisation annuel minimum de la rente). Celui-ci correspond au rendement que la compagnie prévoit de réaliser avec votre capital ; il est plafonné selon le taux des emprunts d’État. Ce dernier étant actuellement très bas, le taux technique est nul depuis août 2019. Pour estimer votre rente, sachez que les assureurs prennent en compte une espérance de vie de trente-deux ans pour une femme de 60 ans, de vingt-sept ans à 65 ans, et de vingt-deux ans à 70 ans. Avec 100 000 euros, on peut espérer 260 € mensuels de rente viagère à 60 ans, 308€ à 65 ans et 378€ à 70 ans. Plus le montant proposé par l’assureur est moindre, plus ses frais sont élevés. Pour 100 000 € convertis à 65 ans, on touche environ 281 € mensuels, nets de frais. Et avec dix annuités garanties ? À peine moins, soit 279 € : cette sécurité se révèle donc peu coûteuse. Enfin, avec une réversion à hauteur de 50 % à un bénéficiaire du même âge, la rente chute à 258 € (238 € pour une réversion à 100 %).

Les conseils de l’expert

« Prenez aussi en compte la fiscalité. À la sortie d’un PEA de plus de huit ans, la rente est exonérée. Issue d’un contrat Madelin, d’un Perp ou d’un PER, elle est imposable à l’impôt sur le revenu, après abattement de 10 %. Depuis une assurance-vie, elle subit aussi l’impôt, mais après un abattement de 60 % si vous avez entre 60 et 69 ans, et de 70 % passé 69 ans : après cet anniversaire, seuls 30 % des arrérages subissent l’impôt et les prélèvements sociaux. »

Merci à Thomas d’Hauteville, fondateur de La Financière d’Hauteville.

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