Contamination des personnes vaccinées : l'alerte de l'Institut Pasteur

Le variant Delta réduit la protection conférée par la vaccination contre la Covid-19, indique l’Institut Pasteur dans dernière modélisation. Selon ces projections, la moitié des infections pourrait se produire chez des patients vaccinés à l’automne. Explications.

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La propagation de la Covid-19 ralentit dans l’Hexagone, selon les dernières informations de Santé publique France. “Le taux d’incidence et les indicateurs hospitaliers sont en diminution ou stables dans l’ensemble des régions”, a déclaré l’organisme dans son bulletin épidémiologique publié le 2 septembre dernier. De son côté, la campagne de vaccination contre la Covid-19 continue de progresser : près de 72,8% de la population française a reçu au moins une dose d’un vaccin anti-Covid-19 tandis que 67% des Français ont terminé leur parcours vaccinal.

Dans un communiqué paru le 6 septembre, l’Institut Pasteur a dévoilé les résultats de ses dernières modélisations analysant l’évolution de l’épidémie pour l’automne 2021. Malgré l’amélioration de la situation sanitaire, l’organisme a invité les Français à ne pas baisser la garde et à continuer à respecter les gestes barrières même s’ils sont complètement vaccinés contre le virus.

Mise à jour de notre évaluation de l’épidémiologie de SARS-CoV-2 dans une population vaccinée (qui est infecté? qui transmet? qui est hospitalisé?) et implications pour le contrôle de l’épidémie, prenant en compte les dernières données sur Delta. https://t.co/kExKl8oD7d pic.twitter.com/2mRdRIzfdW

Covid-19 : une couverture vaccinale plus forte que prévue

Dans cette modélisation, l’Institut Pasteur a pris en compte plusieurs changements, notamment la progression rapide de la couverture vaccinale par rapport aux prévisions de juin et l’importante circulation du variant Delta. “Dans notre nouveau scénario de référence, nous faisons l’hypothèse que le nombre de reproduction de base R0 est égal à 5 (contre R0=4 dans l’analyse de juin), que le risque d’hospitalisation augmente de 50% pour les personnes infectées par le variant Delta et que la vaccination diminue le risque d’infection de 60% pour le variant Delta (contre 80% dans l’analyse de juin)”, a expliqué l’organisme.

Les taux de vaccination pris en compte par l’Institut Pasteur sont de 70% chez les 12-17 ans, 80% chez les 18-59 ans et 90% chez les plus de 60 ans. “Nous continuons à faire l’hypothèse que la vaccination réduit le risque d’hospitalisation de 95% et le risque de transmission si une personne vaccinée est infectée de 50%”, peut-on lire dans le document.

Le variant Delta réduit les effets protecteurs de la vaccination

Dans ces projections, le variant Delta réduit la protection conférée par la vaccination, même si les vaccins restent très efficaces contre les formes graves de la maladie. L’Institut Pasteur estime dans ce scénario que la moitié des infections aurait lieu chez des personnes vaccinées. “Par ailleurs, plus la population est vaccinée, plus la proportion de vaccinés parmi les cas augmente”, ont souligné les scientifiques. Ces derniers ont cependant précisé que les personnes non-vaccinées ont 1,9 fois plus de risque d’être touché par l’infection et 3,8 fois plus de risque de transmettre le virus par rapport à aux patients vaccinés.

En juin, l’Institut Pasteur estimait que les enfants et les adolescents seraient responsables de 50% des infections à l’automne, mais leurs calculs ont été réévalués. Désormais, les chercheurs indiquent qu’un tiers des plus jeunes seraient à l’origine des nouvelles contaminations. Ce changement serait dû à “la part relative plus importante des infections chez les adultes du fait de la baisse de l’efficacité vaccinale contre l’infection avec le variant delta, et à la proportion plus élevée d’adolescents qui se sont vaccinés comparativement aux hypothèses de la simulation de juin”.

Pour l’Institut Pasteur, il est nécessaire que les individus vaccinés continuent d’appliquer les gestes barrières, à savoir le port du masque, la distanciation sociale ou le lavage fréquent des mains pour lutter contre la propagation de la Covid-19. L’organisme n’a cependant pas recommandé de nouvelles mesures de reconfinement. En cause ? “Les confinements en 2020 ont réduit les taux de transmission de 70-80%, des réductions de 20-30% pourraient maintenant suffire pour fortement réduire l’impact sur le système de santé (…). Par ailleurs, l’augmentation de la couverture vaccinale peut également réduire l’impact sanitaire du SARS-CoV-2. Il faut rester vigilant face à toute dégradation de la situation”.

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