Côte amalfitaine : visitez le joyau de l'Italie

Au sud de Naples, les villages côtiers se succèdent, accrochés aux montagnes qui plongent dans des eaux cobalt. Un décor suspendu entre ciel et mer, pour une expérience vertigineuse….

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Ses habitants la disent plus belle que notre Côte d’Azur. Ils pourraient bien avoir raison ! Star de la Campanie et repaire de stars, la côte Amalfitaine, qui s’étire entre Sorrente et Salerne, est la terre de tous les clichés italiens : la colorée pizza margherita et la crémeuse mozzarella, les scooters vrombissants et le linge qui sèche aux fenêtres… Passé le rush de l’été, ce bout de terre spectaculaire, aux villages multicolores et aux jardins extraordinaires, retrouve la sérénité, animé par la gouaille de ses habitants, épicuriens et passionnés. Plus qu’en Toscane ou à Rome, c’est assurément ici que bat le cœur de l’Italie !

Succombez au chant des sirènes

Il faut oublier Naples où l’on a atterri, mettre le cap au sud en dépassant l’imposante et inquiétante silhouette du Vésuve pour rejoindre la délicate ville de Sorrente accrochée à une falaise surplombant la mer, à une cinquantaine de kilomètres. Il y a deux mille ans déjà, dans cette province de Campanie chaleureuse et passionnée, les Romains venaient chercher luxe et volupté, se rappelant que c’est tout près d’ici que les sirènes tentèrent de séduire Ulysse. Assoupie en hiver, la porte d’entrée de la côte Amalfitaine se réveille chaque printemps telle une Belle au bois dormant.

On ajuste son rythme à la vie locale, doucement le matin dans les ruelles bordées de trattorias et de boutiques qui s’enroulent autour de la piazza Tasso ; pas trop vite l’après-midi, au frais dans les jardins plantés d’orangers ou dans la sobre cathédrale. Quand vient l’heure de l’apéro, les palaces au charme suranné – on vous conseille le bien nommé hôtel Bellevue Syrene – font le plein. On y regarde le temps qui passe en dégustant un Martini et on contemple le ballet des bateaux qui, du pied de la falaise accessible par de longs escaliers et même un ascenseur, filent là-bas au large, vers Capri… Douce mise en bouche avec le grand spectacle de la côte. En route !

Rejouez la Dolce Vita

En plein été, les 25 kilomètres de la côte Amalfitaine peuvent durer une éternité tant la route qui serpente sur la corniche est sinueuse et fréquentée. Mais dès septembre, elle retrouve le calme, la période idéale pour une exquise dolce vita. Sur cette péninsule suspendue tel un balcon au-dessus de la mer Tyrrhénienne, tout n’est que beauté fatale. Des Kennedy à Aristote Onassis, en passant par Sophia Loren, les vraies stars d’hier – celles des films en noir et blanc et des photos sur papier glacé – ont fait sa légende, ajoutant une touche de glamour à une destination de bon goût. Partout, les montagnes abruptes à la végétation luxuriante dévalent dans la mer, jusqu’à donner le vertige… Blottie en contrebas, le long d’une plage de sable noir qui ajoute à la dramaturgie du site, Amalfi a donné son nom à toute la côte. La petite ville déroule ses influences orientales autour d’une cathédrale coiffée d’un dôme polychrome aux faïences vertes et jaunes, souvenir d’un riche passé lorsque la cité était une puissante république maritime qui commerçait avec le Moyen-Orient, capable de rivaliser avec Gênes ou Venise. On se perd dans le labyrinthe de ruelles bordées de galeries d’art, qui évoque davantage un souk arabe qu’une ville italienne ; on se bouscule devant les gelaterie pour déguster une glace, à l’italienne bien sûr… Bella Vita !

Explorez les villages

Quelques lacets (bien serrés) au-dessus d’Amalfi, accroché à la montagne, Ravello observe avec bienveillance l’agitation de sa voisine. À 365 mètres d’altitude, bercé par les entêtants effluves de jasmin, le village perché cultive avec un zeste d’arrogance son atmosphère élégante. André Gide disait qu’à Ravello, « suspendu entre le ciel et la terre, on se sent bien plus près du ciel ». Villas patinées par le temps et venelles en escaliers, cloître mauresque et jardins en terrasses parfumés de roses odorantes (on vous conseille ceux de la villa Rufolo, divins !), tout n’est que délicatesse et raffinement. Du belvédère ombragé de pins parasols, d’où l’on contemple la mer qui file à l’infini, on comprend mieux pourquoi Wagner y trouva l’inspiration pour composer Parsifal.

Sur cette côte Amalfitaine si fragile, les villages aiment jouer les équilibristes. Atrani vaut lui aussi un coup de volant, pour des plaisirs plus terrestres. Collées aux rochers telles des berniques, ses maisons de pêcheurs chatoyantes illuminent le paysage. Le stationnement n’y est guère aisé. Voilà qui explique sa tranquillité, à peine dérangée par la cloche de la baroque église Santa Maria Maddalena qui coiffe la corniche. Elle ne sort de sa léthargie que pour compter les heures et célébrer Marie Madeleine en juillet, dans une ferveur tout italienne. Blottie dans les plis des montagnes, la minuscule crique de Fiordo di Furore surgit plus loin, au détour d’un virage. Une poignée de vieilles maisons, des eaux translucides qui flirtent avec les 24 °C en octobre… la baignade est délicieuse !

Naviguez sur l’air d’O Sole mio

Positano joue une partition différente : celle d’une station huppée à l’architecture arabisante dont les maisons, bariolées comme dans une aquarelle, dégoulinent en guirlande le long des montagnes en amphithéâtre pour s’échouer en bord de mer. Difficile de faire plus photogénique ! Dans ce village délicieusement bohème, on visite une poignée d’églises et un petit musée romain avant de dévaliser les jolies boutiques (notamment de sandales en cuir) et surtout, de prendre le temps de vivre. C’est déjà beaucoup ! Sans doute inspirés par Neptune qui aurait fondé la cité pour une nymphe, les amoureux s’enlacent à l’ombre des bougainvilliers qui rafraîchissent les ruelles. On les retrouvera plus tard sur les transats parfaitement alignés, camaïeu de couleurs qui illuminent les plages en contrebas.

Si la route qui serpente sur la corniche est vertigineuse, il faut aussi découvrir la côte Amalfitaine depuis la mer pour en saisir la démesure. À bord du « métro de mer », habitants et touristes se mêlent sans chichis. Le bateau cabote entre Positano et Salerne, multiplie les escales pour une délicieuse tranche de vie locale agrémentée de points de vue inédits. Souvent invisibles depuis la terre, parfois décatis, les palais baroques accrochés aux falaises, comme sortis d’un film de Visconti, succèdent aux riches villas ; les criques inaccessibles rivalisent de beauté avec les grottes secrètes ; les tours de guets, sentinelles de pierre reconverties en restaurants de charme ou résidences secondaires huppées, bataillent pour occuper les rochers. Et lorsque s’échappe le célèbre air napolitain O Sole mio du haut-parleur du bateau, on se surprend à chantonner, la voix joyeuse et le cœur léger.

5 choses à savoir avant de partir

Naples, passage obligé. Pour explorer la côte Amalfitaine, tous les vols mènent… à Naples. Profitez-en pour séjourner deux nuits dans la capitale de Campanie. Turbulente et désordonnée, mais riche en patrimoine, elle déboussole autant qu’elle passionne.

Vols à gogo. Air France et sa filiale Transavia, Volotea, Ryanair et Easyjet relient Paris et la province (Nantes, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Nice…) à Naples. Pour trouver le bon vol, faites un détour par misterfly.com.

Trêve hivernale. De nombreux hôtels de la côte ferment leurs portes en novembre pour ne rouvrir qu’à Pâques. On aime l’hôtel Luna Convento installé dans un ancien couvent, aux portes d’Amalfi. On reprend des forces dans la piscine, suspendue entre la mer et la falaise.

Incontournables gourmandises. Jambons, mozzarella, pâtes, limoncello et vins (comme le Fiorduva blanc de Marisa Cuomo), la côte Amalfitaine est un paradis pour les papilles. Gardez de la place dans vos bagages pour rapporter quelques spécialités !

Anticipation exigée. Avec la pandémie, les conditions d’entrée en Italie peuvent changer. Consultez les informations relatives aux voyages à l’étranger sur diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/

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