Covid-19 : les fêtes de fin d’année ne seront pas "normales", prévient Olivier Véran

L’heure n’est pas à la fête. Alors que la France métropolitaine est reconfinée jusqu’au 1er décembre au moins, il est encore trop tôt pour avoir des perspectives encourageantes. Un premier point sur l’efficacité de ce reconfinement aura lieu la semaine prochaine. 

Interrogé dans le Journal du dimanche ce 1er novembre, le ministre de la Santé Olivier Véran s’est montré très prudent concernant les conditions dans lesquelles les célébrations de fin d’année, Noël et Nouvel an, vont pouvoir avoir lieu. Il a également indiqué que “les premiers éléments permettant d’évaluer l’impact des mesures de couvre-feu” seront connus “dans deux ou trois jours”.

“Créer les conditions pour vivre un Noël le moins contraignant possible”

“Nous cherchons à créer les conditions pour vivre un Noël le moins contraignant possible”, assure-t-il d’abord. “Hélas, comme ailleurs dans le monde, ce ne sera pas une fête normale. C’est difficile d’envisager de grandes soirées pour le réveillon du 31 cette année.”

Hélas, comme ailleurs dans le monde, ce ne sera pas une fête normale.

“Notre but est que la pression épidémique retombe pour qu’on puisse faire des courses à temps, se préparer dans la joie, pour que soient créées les conditions permettant aux familles de se retrouver”, veut-il ensuite rassurer.

La nécessité de respecter le reconfinement

Olivier Véran insiste sur la nécessité de bien respecter les règles de ce nouveau confinement, en limitant le plus possible ses sorties et contact avec des personnes tierces, pour freiner cette deuxième vague de la pandémie de Covid-19 : “Plus on respecte le confinement, moins il sera long, c’est la règle. Plus on est attentif, plus on réduit ses contacts sociaux, moins le risque est grand de contaminer les autres et d’être soi-même contaminé.”

Olivier Véran explique que comme au printemps, le but de ce confinement est de freiner la chaîne de contaminations. S’il est respecté, “le nombre de contaminations pourrait baisser dans les prochains jours, entraînant, dans deux semaines une baisse des nouveaux cas graves”, espère le ministre.

“Si le confinement n’est pas bien respecté, il faudra prendre des mesures complémentaires”, prévient encore Olivier Véran.

Conscient de demander un “gros effort”, notamment aux petits commerces non-essentiels, qui ont dû fermer leurs portes, le ministre fait cette promesse : “Si d’ici 15 jours, nous maîtrisons mieux à la situation, nous pourrons alors réévaluer les choses et espérer ouvrir certains commerces, en particulier dans cette période si importante avant les fêtes de Noël.”

Pour rappel, les réunions familiales et amicales sont interdites durant cette période de reconfinement, dont les modalités peuvent être revues toutes les deux semaines.

Dès l’annonce du reconfinement, le 28 octobre, Emmanuel Macron avait indiqué que le déroulé des fêtes de fin d’année dépendra de l’évolution de la pandémie. Le chef de l’État a prévenu que cette deuxième vague sera “sans doute plus dure et meurtrière que la première”. Au printemps, deux mois de confinement ont été nécessaires pour endiguer la première vague du nouveau coronavirus.

Le Conseil scientifique, pessimiste, envisage un “couvre-feu” pendant les fêtes

De son côté, le Conseil scientifique, qui estime la situation “critique”, et avait prédit cette deuxième vague, se veut pessimiste sur la possibilité de fêter normalement la fin d’année 2020. 

“Il y a […] devant nous de nombreux mois avec une situation extrêmement difficile”, prédit le Conseil, dans deux documents dévoilés durant le weekend de la Toussaint. Il ne voit une “sortie de vague” qu’en “fin d’année ou en début d’année 2021”.

Des prévisions notamment basées sur les modélisations de l’Institut Pasteur, qui prédit le pic de cette deuxième vague pour mi-décembre, rapporte Le Monde.

Jeudi 29 octobre, Jean-François Delfraissy, président du Comité Scientifique envisageait même la possibilité d’un couvre-feu pendant les fêtes de fin d’année, au micro de France Inter. “Le scénario est plutôt d’avoir un confinement de ce type pendant un mois, de regarder les indicateurs (…) et de sortir du confinement avec un couvre-feu”, qui resterait en place jusqu’à “début janvier”, a-t-il indiqué.  

Interrogé par le JDD sur la possibilité d’une troisième vague, Olivier Véran indique d’ores et déjà qu’après la sortie de ce deuxième confinement, il faudra “maintenir un niveau de protection de la population suffisant pour éviter une troisième vague en attendant le vaccin”.

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