Covid-19 : un rhume peut-il nous immuniser contre le coronavirus ?

Au coeur de la pandémie de Covid-19, l’hypothèse de l’immunité croisée est envisagée par certains spécialistes. C’est le cas de l’infectiologue Stéphane Gayet, qui a récemment évoqué cette piste.

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Avoir eu un rhume peut-il protéger de la Covid-19 ? C’est la théorie notamment défendue par Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg. On parle alors d’immunité croisée. Ce phénomène correspond au fait d’être immunisé contre la Covid-19 grâce à une contamination à un autre coronavirus. Il ne faut pas oublier que la famille des coronavirus regroupe un grand nombre de virus, souvent bénins, pouvant être à l’origine de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), comme d’un simple rhume.

Stéphane Gayet parle quant à lui “d’entraînement immunitaire”. “Si quelqu’un est infecté par un virus grippal, voire un virus de rhume, de rhino-pharyngite, et si à ce moment-là, le corps humain reçoit le Sars-CoV-2, il sera beaucoup plus à même de faire face à l’infection par le Sars-CoV-2 et cette infection sera donc moins efficace”, a-t-il expliqué sur CNews.

Covid-19 : le rhume à l’origine de lymphocytes T ?

Des scientifiques de l’Institut d’immunologie La Jolla (États-Unis) s’étaient déjà penchés sur le sujet. Selon l’étude américaine, publiée dans la revue Science en août dernier, les personnes ayant eu un rhume dans le passé pourraient avoir développé des lymphocytes T, des globules blancs responsables de l’immunité. Ces cellules perdurent dans le temps, contrairement aux anticorps produits par l’organisme pour lutter contre la Covid-19 qui peuvent diminuer quelques semaine après l’infection.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé des prélèvements sanguins de 25 personnes datant de 2015 à 2018. Les volontaires n’ont donc jamais contracté la Covid-19. Au cours des tests, les scientifiques ont constaté la présence de lymphocytes T chez certains patients. Au contact du Sars-CoV-2 et d’autres coronavirus à l’origine de rhumes, les globules blancs ont immédiatement réagi afin de protéger l’organisme de l’infection. “Cela pourrait aider à expliquer pourquoi certaines personnes présentent des symptômes plus légers de la maladie, alors que d’autres tombent gravement malades”, a détaillé Alessandro Sette, co-auteur de la recherche.

Coronavirus : une immunité causée par d’autres maladies bénignes

La question de l’immunité croisée a également été posée par des chercheurs américains dans une étude publiée en juin dernier dans la revue Cell. Ils ont estimé qu’environ 40 à 60 % de la population serait immunisée contre le Covid-19 grâce à une contamination passée à un autre virus.

Pour les besoins de leurs recherches, ces spécialistes ont isolé deux types de cellules immunitaires : les T CD4+ et CD8+, des globules blancs qui protègent l’organisme face aux infections. Ces lymphocytes ont été prélevés dans des échantillons sanguins de 20 adultes ayant contracté la Covid-19. Les sujets ont testés 20 à 35 jours après l’apparition des premiers symptômes. Les résultats ont démontré que les patients ont développé des anticorps contre le coronavirus.

Les auteurs de l’étude ont également analysé le sang de donneurs collecté entre 2015 et 2018, qui n’avaient donc jamais contracté la Covid-19. Ces tests ont démontré que les cellules T CD4+ ont aussi été réactives contre le coronavirus, signe de cette immunité croisée.

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