D’où vient la clinophilie, cette envie irrépressible de rester au lit ?

  • Qu’est-ce que la clinophilie ?
  • Quels sont les troubles qui se cachent derrière la clinophilie ?
  • Quels sont les traitements ?

Si la fatigue, les troubles alimentaires ou du comportement, la gestion des émotions ou l’isolement sont souvent annonciateurs de troubles psychologiques ou psychiatriques, la clinophilie est aussi un des facteurs à prendre en compte.

Qu’est-ce que la clinophilie ?

La clinophilie désigne « le fait d’être attiré et d’aimer son lit. De façon élargie, c’est le fait d’aimer rester chez soi », définit le psychiatre Nicolas Neveux. Ce n’est pas une maladie, mais le symptôme d’un trouble.

La clinophilie n’est donc pas associée à un besoin de sommeil mais à un besoin de se sentir en sécurité. « Le réflexe, quand on ne va pas bien, c’est de se mettre au lit. C’est le lit consolateur », explique le Dr Neveux.

Quels sont les troubles qui se cachent derrière la clinophilie ?

Cette envie de rester allonger des heures durant est souvent annonciatrice d’une pathologie psychologique ou psychiatrique. La plus commune étant la dépression. Pour le Dr Neveux, « c’est un symptôme au même titre que la tristesse, le pessimisme ou la péjoration de l’avenir. La dépression doit être traitée et devient une urgence lorsque la personne commence à avoir des pensées suicidaires », explique-t-il. C’est donc le diagnostic sous-jacent à cette clinophilie qui va être traité, plutôt que le symptôme en lui-même.

Ce symptôme peut aussi être le signe d’une schizophrénie. La personne se sent menacée ou persécutée par l’environnement extérieur et préfère rester dans ce lieu rassurant que constitue le lit. Il peut aussi se percevoir chez les personnes ayant des troubles anxieux comme l’agoraphobie (peur des lieux publics) ou les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).

Quels sont les traitements ?

Dans le cas de la dépression, deux psychothérapies ont prouvé leur efficacité : la thérapie interpersonnelle (TIP) et la thérapie cognitive et comportementale (TCC).

La première psychothérapie consiste à mettre en avant l’importance et les bienfaits des interactions sociales. Cela permet à la personne de créer de l’apaisement émotionnel via des liens sécures avec son entourage. La deuxième vise à démontrer que le fait de rester chez soi n’apporte aucun bénéfice à long terme. « L’antidépresseur n’est pas un passage obligatoire dans la dépression », estime pour sa part le Dr Neveux.

En revanche, les médicaments sont souvent indispensables pour traiter la schizophrénie, qui est une maladie plus complexe. « Pour cette maladie, c’est une prise en charge plus globale. En général, le patient dépressif ou anxieux est conscient de son trouble, ce n’est pas toujours le cas pour le schizophrène « , explique le psychiatre.  

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