Faut-il succomber à la tendance végane ?

Dire adieu à la viande, au cuir, à certains cosmétiques… Si peu d’entre nous ont sauté le pas, les marques, elles, se sont engouffrées dans la brèche.

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Devrons-nous tous devenir végans pour sauver la planète ? Emissions de gaz à effet de serre, maltraitances, épidémies : l’élevage industriel est lourdement pointé du doigt. Pour soutenir la cause animale et écologique, certains passent à une alimentation 100 % végétale. Au pays de la côte de bœuf, ce choix agace… et séduit. En dix ans, notre consommation de viande a déjà chuté de 12 %. L’amorce d’une nouvelle ère ?

La « fausse viande » fait recette

Vrai. Steaks, saucisses, lardons, nuggets, rillettes… A base de soja ou de protéines de pois, ces substituts ont vite trouvé leur place dans les rayons des supermarchés. Fleury Michon, Findus, Herta, les plus grandes marques s’y sont mises. Attention, d’après une enquête de l’association de défense des consommateurs CLCV, ces plats ultra-transformés ne contiennent, en moyenne, que 39 % d’ingrédients d’origine végétale. Le reste ? De l’eau, des matières grasses et des additifs. A consommer avec modération, donc.

Le choix est restreint

Faux. Il n’y a pas que la viande qui se décline en version végétale. « Fauxmon » de tofu (saumon), « vromage » à l’huile de coco (fromage), mayonnaise sans œufs ou bonbons sans gélatine de porc, les aliments d’origine animale ont tous leurs équivalents. Au rayon frais, les desserts au lait de coco d’Andros font un carton, tout comme la mousse au chocolat et le liégeois au café. Même la crème Danette s’affiche sans lait de vache ! Plus étonnant, des aliments pourtant 100 % végétaux (sauces tomate, soupes, huiles d’olive) portent aussi le label végan, idem pour le vin, lorsqu’il est filtré sans produit animal (colle de poisson, blanc d’œuf).

Pas de différence de prix

Faux. Les enquêteurs de la Répression des fraudes se sont récemment intéressés aux plats végétariens vendus dans les supermarchés et les magasins bio. Les prix constatés sont globalement plus élevés – jusqu’à 4 fois – que celui des denrées traditionnelles. Une différence qui s’explique par le coût de certains ingrédients (noix de cajou, amandes…), notamment quand ils sont bio, et par l’investissement dans la recherche de textures et goûts identiques à ceux des aliments carnés. Pour trouver moins cher, il faut se tourner vers les gammes de distributeurs, telles Nat&Vie chez E.Leclerc, Vemondo chez Lidl ou Carrefour Veggie. Tout, ou presque, y est à moins de 2 €.

La mode passe au vert

Vrai. Dans le sillage de la styliste Stella McCartney, de nombreuses griffes de luxe ont récemment renoncé à utiliser de la fourrure, comme Dolce & Gabbana ou Prada. Une victoire en demi-teinte pour les militants qui rêvent de bannir aussi des podiums le cuir, la laine et la soie. En attendant, les marques de mode multiplient les collections sans matières animales. Chez H&M, le nylon recyclé ressemble à du mohair et les fleurs sauvages remplacent le duvet de canard (ligne Co-Exist Story). Chez Adidas, Dr. Martens, Repetto ou Superdry, le cuir végan n’est autre que du simili… en plastique !

Des propositions au rayon beauté

Vrai. Parfums Lolita Lempicka, shampooings Garnier, mascaras Bourjois… La mention végane exclut de nos salles de bains les ingrédients d’origine animale, comme le miel, la cire d’abeille ou le pigment rouge carmin, obtenu en broyant de petits insectes, les cochenilles, dans des élevages spécialisés. Quant aux labels « One Voice » ou « Cruelty Free », ils garantissent l’absence de tests sur les animaux, y compris sur les marchés étrangers. Interdits en Europe depuis 2013, ces tests sont parfois obligatoires en cas de commercialisation en Chine.

Lessive, médicaments… ne sont pas concernés

Faux. Pour faire le ménage, les végétaliens peuvent compter sur les produits des marques You, Ecovert ou Etamine du Lys. Non testés sur les animaux, ils n’utilisent pas non plus de graisse de bœuf saponifiée comme agent moussant. En cas de coup de mou, ils peuvent aussi se procurer du paracétamol ou un antihistaminique sans excipient de source animale, distribués par le laboratoire français Veggiepharm.

Végétarien, végétalien, végan : quelle est la différence ?

Le végétarien exclut de son alimentation toute chair animale : viande, poisson et fruits de mer.

Le végétalien exclut tout aliment issu d’un animal, y compris les œufs, le lait et le miel.

Le végan est un végétalien qui pousse son refus de l’exploitation animale à l’ensemble de sa consommation.

L’avis de notre experte

« Consommer végan est aujourd’hui ultra-facile. Il y a dix ans, il fallait prendre le temps de chercher les bons produits et de les cuisiner. Il existe désormais des alternatives végétales – et gourmandes en prime ! – à tous les aliments. Cette offre séduit de nombreux Français, sensibilisés à la cause animale depuis les révélations sur les conditions d’élevage et d’abattage. Les jeunes sont particulièrement mobilisés, poussés par des figures militantes comme Greta Thunberg, ou par des célébrités ouvertement végétariennes, comme Joaquin Phoenix ou Natalie Portman.« 

Elodie Vieille-Blanchard, présidente de l’Association végétarienne de France

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