Faut-il supprimer ses ex des réseaux sociaux ?

L’autre jour, l’algorithme facétieux – et parfois pervers – de Facebook m’a donné des nouvelles d’Alessandro, un ex perdu de vue depuis des années. Je me suis alors demandée – non sans être allée fouiner d’abord sur son profil pour savoir ce qu’il devenait – pourquoi je gardais ce lien virtuel avec lui depuis tout ce temps… Et surtout, s’il ne fallait pas que j’envisage un ménage de printemps sur mes réseaux sociaux. 

Sur mes 554 amis Facebook, j’ai environ 12 ex, en comptant mon amoureux de maternelle, mon premier baiser en 3ème ou encore, certains amours à sens unique qui ont beaucoup (trop) compté pour moi. Nombre de messages envoyés depuis 5 ans à ces messieurs ? Deux. L’un parce que j’avais reçu un lien frauduleux bizarre, l’autre pour féliciter l’un d’eux de la naissance de son enfant. Sauf que, malgré tout, je ne peux pas me résoudre à les effacer de ma liste d’amis. 

Un problème qui n’en est pas un

Un problème qui n’en est pas un pour Florence Escaravage, fondatrice de Love Intelligence et experte en conseil amoureux. “Devoir couper les ponts avec ses ex, c’est une injonction héritée et souvent utilisée dans la pop culture, mais ce n’est en aucun cas une obligation”, explique-t-elle. L’experte va plus loin en énumérant toutefois des conditions pour que ces liens, même seulement virtuels, restent sains. “Il faut réfléchir à la nature de nos publications : pour quelles raisons on poste ? Pourquoi veut-on garder ces liens ?”, questionne-t-elle. 

L’important, c’est d’être honnête avec soi et ne pas chercher à utiliser les réseaux sociaux pour envoyer des messages cachés, ou dans un espoir vain de récupérer cette personne, ou de la garder “sous le coude”. “Si on est parfaitement à l’aise avec ce que l’on poste, il n’y a pas de raisons de rompre ces liens”, déclare-t-elle. 

Chaque ex est un chapitre de notre histoire

Surtout que, comme le souligne Florence Escaravage, nos ex font partie de nous. “Chaque partenaire qui a partagé notre vie, que ce soit pour quelques mois ou pour des périodes plus longues, a été le témoin d’une partie de nous”, illustre-t-elle. Ainsi, en décidant de rompre les liens d’avec notre premier amour – ou le second – on décide quelque part de se couper de la personne que l’on a été. 

“Nous sommes des êtres de liens, ajoute l’experte, et ces liens de nos relations amoureuses passées nous suivront toujours”. Ainsi, tant que cela nous empêche de nous projeter dans l’avenir ou nous enferme dans une vision passéiste de nous même, pourquoi ne pas cultiver ces liens spéciaux, en suivant de loin ceux et celles que l’on a aimé ? 

“Le fait de conserver ces ex sur les réseaux sociaux, et d’aller voir régulièrement ce qu’ils deviennent, c’est aussi un moyen de ne pas vivre dans une image fantasmée de la relation passée”, prévient Florence Escaravage. 

L’experte précise une nouvelle fois que toutes ces indications ne prévalent que dans le cas où la rupture est digérée et le lien entre les ex est sain. “Parfois, quand une histoire se termine, on a besoin de faire place nette. On peut alors couper les liens, même virtuels, pour s’apaiser et prendre le temps de se reconstruire. Mais cela ne signifie pas que l’on ne peut pas rétablir un contact par la suite”, détaille-t-elle. 

Oublier les injonctions 

En ce qui concerne les questions de jalousie (dans son nouveau couple, ndlr), Florence Escaravage les balaye d’un revers de main. “Si nos histoires passées gênent d’une quelconque manière notre partenaire d’aujourd’hui, on peut tout à fait en discuter ensemble. Par contre, chacun fait ce qu’il veut et on ne doit pas se soumettre aux désidératas de l’autre, en mettant fin à des liens même avec des ex !”, assène-t-elle. Elle rappelle par ailleurs que dans une relation saine, on n’est pas obligé de tout partager et qu’on peut (doit ?) garder une sphère relationnelle personnelle. 

Si ces précisions me confortent dans l’idée de conserver telle quelle ma liste d’amis virtuelle, elles ne doivent pas se muer en injonction contraire. “On ne doit pas se forcer à garder des ex dans ses contacts, sous prétexte de conserver une part de son passé”, complète l’experte ès relations amoureuses. D’autant que celles et ceux qui préfèrent lors de leur rupture, couper les ponts définitivement, que ce soit par nécessité d’avancer ou par superstition, ne se voient pas forcément revenir des années plus tard pour recréer un lien factice. 

Au final, dans un sens ou dans l’autre, le principal c’est bien de faire comme on veut, et ne pas se laisser guider par une quelconque injonction sociétale. Même si je n’ai plus de contact avec eux, je suis contente de voir comment mon amoureux de maternelle, mon premier amour ou Alessandro avancent dans la vie. C’est un peu une manière de faire la paix avec mon moi passé et d’apprécier celle que je suis aujourd’hui. 

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