Féminicide de Mérignac : cinq policiers sanctionnés entre une exclusion de 3 jours et l’avertissement

Huit mois après le féminicide de Chahinez D., blessée par balle puis brûlée vive par son mari, en pleine rue, à Mérignac (Gironde), des sanctions ont été prononcées contre cinq policiers intervenus dans cette affaire. Elles vont d’un avertissement à des exclusions temporaires avec sursis. 

Mercredi 5 janvier, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, a confirmé la mise en place de ces sanctions à l’AFP, notamment reprise par LCI

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Un conseil de discipline à Paris

Deux commissaires de police (le directeur départemental de la sécurité publique de Gironde Martin Levrel et le commissaire de Mérignac), deux commandants et un brigadier sont concernés par ces sanctions. Elles ont été émises par un conseil de discipline à Paris.  

Le commissaire de Mérignac écope de trois jours d’exclusion temporaire de fonction avec sursis, de même que le commandant de la division Ouest et son adjointe. De son côté, Martin Levrel fait l’objet d’un avertissement, tout comme un brigadier qui a, lui, été entendu à Bordeaux. Une brigadière devait aussi être entendue, mais elle a obtenu un report en raison de sa santé.

« Il a été tenu compte des regrets exprimés par les personnels, des fautes et des erreurs commises », affirme Frédéric Veaux à l’AFP. Le directeur général de la police nationale a estimé que « c’était bien l’ensemble des responsabilités » qui avait été prise.

Une « suite de défaillances »

Avant de la tuer, l’époux de Chahinez D. venait de sortir de prison, condamné pour des faits de violences conjugales. Dès sa sortie, il l’avait à nouveau menacée. Elle avait porté plainte deux fois contre cet homme dont elle était séparée.

Ce meurtre très violent, et le passif de l’assassin, avaient à nouveau illustré les failles de la police face aux violences conjugales, suscitant un scandale. Face à l’indignation publique, les ministres de l’Intérieur et la Justice avaient demandé une mission d’inspection, qui avait conclu à « une suite de défaillances ».

Saisie, l’IGPN avait quant à elle conclu à des erreurs ou manquements dans la manière dont l’affaire Mérignac a été gérée par les forces de l’ordre. Cependant, la police des polices n’avait pas préconisé d’avoir recours à un conseil de discipline. Cela a finalement été décidé par Frédéric Veaux. 

En juillet, le Canard Enchaîné avait révélé que le policier ayant pris la plainte de Chahinez D. le 15 mars, avait été condamné en février à huit mois de prison avec sursis probatoire pour « violences habituelles sur son ex-conjointe ». Ce dernier a été radié de la police, et le tribunal lui a retiré son droit d’éligibilité pendant un an.

Selon Frédéric Veaux, il a été reproché au Directeur départemental de la police de Gironde, et au commissaire de Mérignac, « d’avoir omis d’informer leur hiérarchie et la mission d’inspection » de la condamnation de cet ancien policier pour violences conjugales, cite l’AFP. Ils vont également être affectés à un nouveau poste.

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