Fermeture d’écoles : Blanquer répond en chanson

Pour Jean-Michel Blanquer, pas question de fermer les écoles, tandis que scientifiques et enseignants réclament des mesures plus restrictives face à la propagation du virus. Sur Twitter, le ministre répond en musique, en relayant une vidéo de la célèbre chanson de Pink Floyd "Another brick in the wall".

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Ecoles ouvertes et protocoles adaptés

[Mise à jour du 29 mars à 11h02]. Faut-il ou non fermer les écoles ? C’est la question qui fait débat depuis de nombreuses semaines, face à la propagation du virus. Mais depuis la fin du premier confinement, le gouvernement refuse de fermer les écoles, au vu des conséquences sur le décrochage scolaire, l’aspect social et psychologique pour les enfants. Maintenir les établissements scolaires ouverts est donc une priorité “pour préserver autant que possible l’éducation de nos enfants”, a déclaré Jean Castex ce 18 mars 2021. Pour Jean-Michel Blanquer, “la question de l’ouverture des écoles, des collèges et des lycées reste fondamentale, a réaffirmé le ministre de l’Education ce vendredi 26 mars lors d’un point presse. “La question n’est pas de savoir si elles doivent rester ouvertes, mais comment nous pouvons assurer les conditions sanitaires qui permettent leur ouverture. Le ministre a donc décidé d’adapter le protocole sanitaire à l’école, notamment dans les départements faisant l’objet de mesures renforcées : à compter de ce lundi 29 mars, dans les 19 départements, une classe fermera dès le premier cas de Covid.

La fermeture des écoles : une décision de dernier recours

La fermeture des écoles est une décision de dernier recours” a annoncé Olivier Véran lors d’un point presse ce 25 mars. “Nous savons qu’elle a des conséquences sur la santé des enfants et le quotidien des parents. Nous ne nions pas que le virus peut se transmettre à l’école, puis de l’école vers les familles. Toute la communauté éducative veille à ce que la vie dans les écoles, les collèges et les lycées puisse continuer en limitant au maximum les risques de transmission“. Le ministre de la Santé a rappelé que les campagnes de dépistage continuaient à être déployées avec des tests salivaires, et lorsque cela s’avère nécessaire, les classes ferment. Pour permettre aux élèves de continuer à aller en cours et limiter les risques de transmission à l’école, le protocole sanitaire à l’école est renforcé dans les écoles, collèges et lycées. C’est ce qu’a annoncé Jean-Michel Blanquer ce vendredi 26 mars lors d’un point presse. Ainsi, à partir du lundi 29 mars, dans les 19 départements concernés par des mesures renforcées, “nous fermerons chaque classe dès le premier cas de Covid, tous niveaux scolaires confondus”.

  • Protocole sanitaire à l'école : ce qui change ce 29 mars

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Pas de fermeture d’écoles : Blanquer répond en chanson

Malgré la décision du gouvernement de laisser les écoles ouvertes, de nombreux scientifiques , parents et enseignants continuent de s’inquiéter face à la propagation du virus, et réclament des mesures plus restrictives en milieu scolaire. Ce 28 mars sur Twitter, le ministre de l’Education nationale a décidé de répondre en musique, avec une reprise de la célèbre chanson de Pink Floyd “Another brick in the wall”. Dans cette vidéo tournée en Zoom, des adultes et enfants américains font passer un message : laisser les enfants retourner à l’école et mettre fin au distanciel. “Nous avons besoin d’apprendre, nous ne pouvons pas être en ligne tous les jours, nous voulons retrouver nos amis en classe, nous ne pouvons plus rester à la maison” chantent petits et grands. Une vidéo qui n’est pas du goût de tout le monde, notamment des syndicats enseignants. Certains y voient une manière de clore le débat, d’autres comme les Stylos Rouges regrettent que le ministre “rejette le distanciel sans le moindre argument en balançant une vidéo comme un vulgaire troll”. 

Combien de classes et d’écoles fermées en France ?

  • Selon le ministère de l’Education nationale, à la date du 25 mars à 13h, 148 structures scolaires sont fermées en raison du Covid (116 écoles, 22 collèges et 10 lycées). 3256 classes sont également fermées. En ce qui concerne les cas de Covid confirmés, on compte 21 183 élèves testés positifs ces 7 derniers jours, et 2 515 cas du côté du personnel. Durant la semaine du 15 au 22 mars, 320 285 tests Covid ont été proposés et 200 404 ont été réalisés. 0,49 % d’entre eux se sont révélés positifs. Depuis le 12 février, les classes ferment à partir d’un cas en maternelle, de trois cas en école, collège ou lycée (Covid ou variant anglais), ou si l’élève est positif ou cas contact d’un de ses parents ou d’un membre de sa fratrie (variant brésilien ou sud-africain). Le ministère de l’Education nationale précise que les autorités sanitaires peuvent durcir temporairement et localement ce protocole.

  • Avec seulement 10 semaines de fermeture d’écoles en un an, la France fait figure d’exception en Europe selon des données compilées par l’Unesco et publiées début février. L’Italie a fermé les siennes 30 semaines, complètement ou partiellement, l’Espagne 15 semaines tout comme la Belgique, l’Allemagne 24 semaines et le Royaume-Uni 26 semaines. Seuls quelques pays affichent moins de jours de fermeture que la France : c’est le cas de la Suisse et de l’Islande qui n’ont fermé leurs établissements scolaires que 6 semaines.
  • 74 jours d’école en moins pour les écoliers.  En 2020, la pandémie de coronavirus a bouleversé la scolarité des enfants dans le monde entier. Nombre d’entre eux ont été obligés de rester à la maison avec des conséquences parfois lourdes. Après avoir analysé des données de 194 pays et de différentes régions, l’ONG Save the Children a indiqué, ce 2 mars, que les enfants avaient perdu en moyenne 74 jours d’éducation chacun, soit près d’un tiers d’une année scolaire. “Près d’un an après la déclaration officielle de la pandémie mondiale, des centaines de millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés “, s’inquiète ainsi dans un communiqué Inger Ashing, la directrice générale de l’ONG qui ajoute que les inégalités se sont creusées entre pays riches et pauvres mais aussi entre familles riches et modestes au sein de chaque pays.  Les élèves vivant en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Asie du Sud ont, ainsi, manqué presque trois fois plus de jours d’école que les enfants d’Europe occidentale, avec respectivement 110 jours sans école contre 38.

Fermetures d’écoles : pour ou contre, quelles recommandations en France ?

    • En Seine-Saint-Denis, le président de l’UDI et député de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde demande à Emmanuel Macron “la fermeture immédiate des écoles, collèges et lycées” de son département. Dans une lettre adressée ce 29 mars au Président, il estime que le gouvernement “ne semble pas prendre la mesure des choses ni les décisions à la hauteur de la situation”. “Tout porte à croire aujourd’hui que l’école (…) est devenue un accélérateur de la propagation virale”.
    • Selon l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, “ce sont plus les collégiens et lycéens qui représentent un risque pour les adultes de leur foyer que les plus jeunes.” Il estime, sur le plateau de BFMTV ce 23 mars, qu’il faut “serrer la vis” au collège et au lycée, “dans les endroits où ça devient critique (…) et on peut aller jusqu’à une fermeture temporaire complète de l’établissement. C’est une mesure de dernier recours mais effectivement les autres pays n’en sont pas sortis autrement”. Aussi, si le gouvernement tente d’éviter une fermeture des écoles, collèges et lycées, une nouvelle aggravation des cas pourrait le contraindre à prendre de nouvelles mesures “en dernier recours”.
    • Diviser les classes en deux ? Sur Europe 1, l’épidémiologiste Dominique Costagliola estime que toutes les classes devraient être divisées en deux pour enrayer l’épidémie. “Il vaudrait mieux prendre des mesures de freinage maintenant plutôt que d’attendre encore plusieurs semaines. (…) Il est préférable de couper les classes en deux, ce qui implique d’avoir des locaux supplémentaires. Si toute la classe est là pendant une semaine et pas celle d’après, l’impact n’est pas le même que si les élèves viennent chaque jour, mais seulement réunis par demi-groupes“, avance-t-elle.
    • Le Conseil scientifique recommande l’ouverture des écoles. Ce 28 janvier, le président du Conseil scientifique a indiqué qu’il était favorable à l’ouverture des établissements scolaires, malgré la propagation du variant anglais du coronavirus. “Les données anglaises qui initialement suggéraient que le variant anglais était plus transmissible au sein des écoles et des enfants ne nous ont pas convaincus (…) C’est la raison pour laquelle (…) nous recommandions, y compris avec les variants, la poursuite de l’ouverture des écoles, parce qu’il y a d’autres enjeux (…) qui sont des enjeux sociétaux et en particulier pour les enfants qui sont issus des classes les plus fragiles ou socialement défavorisées. Nous restons pour l’instant sur cette position”, a déclaré Jean-François Delfraissy. “Les enfants sont aussi un facteur de transmission mais ils ne sont pas un facteur de transmission particulièrement impliqué dans la transmission de ces variants”,  a ajouté le président du Conseil scientifique.
    • Jean-Michel Blanquer toujours favorable à l’ouverture des écoles. Sur LCI, Jean-Michel Blanquer a réaffirmé que l’ouverture des écoles restait sa priorité. “On a réussi à ce que la France soit l’un des pays qui a connu le plus de jours d’écoles pour les enfants. Même dans les hypothèses de confinement, je suis favorable à ce que les écoles soient ouvertes“. Ce 24 janvier, le ministre de l’Education nationale avait également précisé : “Tout notre travail consiste à éviter cette hypothèse, même si elle reste concevable en cas de nécessité absolue. L’école reste essentielle pour nos enfants”. Malgré une hausse des cas de Covid-19 en milieu scolaire, le ministre dit préférer “les modalités qui ont prévalu en novembre, avec les établissements ouverts, d’autant que nous constatons a posteriori que notre stratégie a fonctionné. Tous les scénarios existent naturellement, mais nous partageons cette priorité éducative.
    • L’Association Française de Pédiatrie ainsi que les sociétés savantes de pédiatrie plaident pour le maintien des écoles ouvertes. Ils observent depuis plusieurs semaines “une augmentation des consultations, admission aux urgences et hospitalisation pour motifs psychiatriques tels qu’anxiété, idées noires et ou gestes suicidaires souvent dans un contexte de maltraitance”, précisent-ils dans un communiqué du 26 janvier. Aussi, “la perspective d’un nouveau confinement avec fermeture des écoles, crèches, collectivités et milieux socio-éducatifs laisse craindre une aggravation des effets délétères indirects de la pandémie déjà objectivés par de nombreux pays sur la santé mentale et sociale des enfants” alertent les pédiatres.
    • Fermeture des écoles en dernier recours pour la HAS. La Haute Autorité de Santé recommande de laisser les écoles ouvertes en cas de confinement, et ne les fermer qu’en dernier recours. Sur France Inter, la présidente de la HAS Dominique Le Guludec a rappelé que “nous ne sommes pas dans la pire des configurations : les enfants ne sont pas ou très peu malades, c’est exceptionnel. Les écoles, c’est ce qu’il faut fermer en dernier“. Elle estime que de nouveaux outils comme les tests salivaires permettront de donner plus d’indications d’ici une quinzaine de jours. “On a tous appris que les écoles sont ce qu’il faut fermer en dernier. Il faut s’adapter à la situation épidémique” a-t-elle ajouté.
    • L’OMS contre la fermeture des écoles. Dans son rapport épidémiologique hebdomadaire, l’Organisation mondiale de la santé avait fait le point sur l’enseignement et l’éducation, un an après la pandémie. “Les fermetures d’écoles doivent être un dernier recours, elles doivent être temporaires et seulement à un niveau local dans les zones de transmission intense“, préconise l’OMS qui souligne l’impact sur les écoliers les plus démunis, vulnérables ou fragiles. En outre, “plusieurs études ont montré que la réouverture des écoles n’avait pas correspondu à des hausses significatives de transmission dans la communauté ou à des pics d’infection“. Néanmoins, si par la suite, “on trouve que les enfants sont plus touchés, les mesures de santé publique pourraient devoir être ajustées” préconise l’OMS.
    • Cas contact à l'école : protocole, et en cas de symptômes ?

      Le protocole sanitaire à l'école prévoit de fermer une classe dès le premier cas de variant brésilien ou sud-africain. Que faire si mon enfant présente des symptômes à la maison ou à l'école, et s'il est considéré cas contact ? La procédure pour les écoliers, collégiens et lycéens.

    • Ecole covid : protocole renforcé et fermeture de classes

      Dès ce lundi, dans les départements concernés par des mesures renforcées, les classes ferment dès le 1er cas positif au coronavirus. Jean-Michel Blanquer maintient l'ouverture des établissements scolaires, tandis que 22 classes ferment au lycée Eugène-Delacroix à Drancy.

    La fermeture des écoles, une solution efficace contre la propagation du virus ?

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    Afin d’évaluer l’impact des mesures instaurées pour lutter contre le Covid-19, des chercheurs suisses ont analysé 1,5 milliard de mouvements à l’aide de données des opérateurs mobiles helvétiques entre le 10 février et le 26 avril 2020. A noter que la Suisse avait mis en place des mesures de restrictions avant même que le gouvernement fédéral n’impose un confinement partiel et une fermeture des écoles, le 16 mars. Leur étude a été publiée ce 10 janvier. Leur conclusion : la décision de fermer les écoles au printemps 2020 a été l’une des mesures les plus efficaces pour réduire la transmission du Covid-19, en Suisse. “La fermeture des écoles a réduit la mobilité de 21,6 %”, détaille Stefan Feuerriegel, le directeur de l’étude auprès de l’AFP. Or, ajoute-t-il, en empêchant les écoliers de se déplacer et de se côtoyer, cela a permis “de réduire la vitesse de circulation du virus”. Selon lui, “si les écoles sont fermées, on peut espérer un grand changement dans les comportements. En effet, “non seulement les enfants restent à la maison, mais ça implique aussi parfois un changement pour les parents.”

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