Gamer ID : Benoit Sokal, le visionnaire belge

Benoît Sokal fait partie des plus grands créateurs francophones du jeu vidéo, notamment avec Syberia ou l’Amerzone. Il s’est éteint des suites d’une longue maladie le 28 mai dernier à 66 ans. Retour sur une très grande carrière. 

De manière générale, quand on évoque les grands créateurs de jeux vidéo francophone, on parle surtout de Michel Ancel ou de David Cage, lesquels ont su s’imposer à l’international avec leurs jeux. Mais il serait dommage de reléguer certains concepteurs comme Benoît Sokal au second plan. Ce dernier a pu révolutionner le point & click dans les années 90 avec notamment son classique l’Amerzone, mais aussi sa grande série débutée dans les années 2000 : Syberia. La semaine passée, Benoit Sokal s’est éteint à l’âge de 66 ans à Reims. Retour sur la carrière formidable de ce couteau-suisse francophone qui a pu marquer l’histoire du jeu vidéo.

Si l’on connaît surtout Benoît Sokal en tant que concepteur et créateur de jeux vidéo, il ne faudrait pas oublier ce qui lui a permis de gagner une première notoriété : la bande-dessinée. Il crée le personnage de L’Inspecteur Canardo à la fin des années 70. Ce sont plus de 25 albums du fameux canard désabusé qui sortent, certains publiés dans plus de 10 langues. Puis au cours des années 90, Sokal commence à s’intéresser à l’informatique, et colorise ses bandes dessinées à l’aide d’un ordinateur. Très influencé par le jeu Myst, sorti en 1993, il décide de créer sa propre expérience vidéoludique en 1994. Nommé “L’Amerzone”, son projet est rapidement soutenu par sa maison d’édition Casterman, qui s’associe à Microïds pour tout l’aspect technique. Il faudra tout de même quatre années de travail à Benoît Sokal pour parvenir à un résultat satisfaisant, qui est publié sous le même nom en 1999.

Le succès du jeu est immédiat : on compte plus d’un million d’exemplaires écoulés pour l’Amerzone. Une réussite qui permettra à Sokal de devenir par la suite directeur artistique de Microïds, ce pendant quatre ans. C’est à cette époque qu’il commence à développer son deuxième jeu : Syberia. Pour le développement de ce dernier, il intervient à tous les niveaux : scénario, game design, graphismes, réalisation… Un nouveau succès phénoménal pour Sokal dès 2002, à une époque où le point & click se fait pourtant de moins en moins populaire. Deux ans plus tard, il sort une suite, puis Syberia III en 2017. C’est véritablement sa licence, son bébé, d’autant qu’elle n’est pas terminée : en août 2019, un quatrième opus est annoncé avec pour titre Syberia Le Monde d’Avant. On peut d’ailleurs en retrouver une démo chez GoG depuis octobre de l’an dernier. Le jeu est annoncé pour 2021, avec le décès de Sokal, on ne sait pas encore s’il pourrait véritablement sortir. Une chose est sûre : le monde francophone et le monde des jeux vidéo viennent de perdre une figure primordiale, un inventeur de génie et un homme à la créativité débordante.

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