Gamer ID : La folle histoire de Shigeru Miyamoto

S’il ne fallait connaître qu’un nom parmi les nombreux créateurs de jeux vidéo, ce serait celui-ci : Miyamoto. Sans lui, le medium n’aurait certainement pas la même saveur, et on lui doit tellement qu’on a décidé ici de lui rendre hommage. 

Finalement, quand on aime les jeux vidéo, on passe beaucoup de temps à vanter leurs mérites, à parler de tel ou tel studio, à revenir sur l’histoire d’une licence adorée… Mais on ne parle que très peu des têtes pensantes derrière ces histoires que l’on dévore depuis notre plus jeune âge. Comment leur enfance et expériences personnelles ont pu les influencer dans leur processus créatif ? D’où leur est venu leur créativité ? Que sait-on d’eux, finalement ? Avec cette nouvelle rubrique, on va revenir sur des personnalités célèbres mais trop peu célébrées de l’histoire du jeu vidéo. Gamer, designer, concepteur, producteur… il est grand temps de leur rendre hommage. Et qui de mieux pour commencer que Shigeru Miyamoto, un des pères fondateurs du jeu vidéo tel qu’on le connaît aujourd’hui ?

Pour peu que tu sois un peu un joueur, tu sais forcément de qui il s’agit. Et si cette bouille ne te dit rien du tout, alors tu connais forcément son œuvre. Shigeru Miyamoto est la tête pensante derrière des franchises légendaires de l’histoire du jeu vidéo comme Super Mario, Donkey Kong, The Legend of Zelda, Star Fox, F-Zero, Pikmin, et on en passe. Autant dire que sans lui, Nintendo n’en serait pas là actuellement. Le plus fou le concernant, c’est qu’il semblait, dès son enfance, complètement prédestiné à devenir l’un des concepteurs de jeux vidéo les plus connus et appréciés de l’histoire du medium.

Petit-fils d’un charpentier, les parents de Miyamoto n’ont pas les moyens de lui acheter des jouets, alors il décide de les créer lui-même. Il construit de nombreux jouets en bois, puis met en scène ses propres représentations de marionnettes pour s’amuser. Il profite également de son temps libre pour se balader et explorer les environs de sa maison, notamment la montagne du Komugiyama qui bénéficiait de nombreuses petites cavernes. Une expérience dont il s’inspirera d’ailleurs plus tard, pour créer la série The Legend of Zelda : “je voulais retransmettre cette sensation d’enfant qui se rend seul dans une cave abandonnée, sentir l’air froid, décider s’il doit vraiment faire cette expédition ou non “. L’enfance de Miyamoto a une grande influence sur sa folie créatrice future : il s’inspire également de chiens attachés en laisse à un bâton pour créer les Chomps de Super Mario, invente Nintendogs après avoir trouvé un chien abandonné dans la rue…

Plus tard, Miyamoto se passionne des mangas et de la télévision. Il est finalement reçu à l’université des beaux-arts de Kanazawa, où il suit une formation afin de devenir designer industriel. Il apprend à concevoir des chaises. C’est à 24 ans que Miyamoto obtient un entretien chez Nintendo, une entreprise à l’époque pas du tout spécialisée dans les jeux vidéo mais dans les jouets plus conventionnels. Il développe son tout premier succès : le Radar Scope, un shoot’em up sorti en 1980 conçu pour s’implanter aux USA sur borne d’arcade, est un véritable four de ventes. Alors Miyamoto est désigné pour créer un nouveau jeu afin de prendre la relève. C’est ainsi que nait Donkey Kong, le tout premier jeu d’arcade à succès de Nintendo, et le début d’une longue carrière pour le jeune Shigeru.

Fort de ce succès, Nintendo offre des responsabilités plus grandes au jeune concepteur, lequel devient responsable adjoint de l’unité R&D 4 de Nintendo en 1984. C’est avec cette unité qu’il conçoit Super Mario Bros ou The Legend of Zelda. Puis forcément, avec ses succès à la pelle, il devient une des têtes pensantes les plus respectées de son entreprise, mais aussi du monde du jeu vidéo. Il peut alors se lancer dans des projets de plus en plus variés : peu de gens le savent, mais il a joué un énorme rôle dans la conception et le développement de Goldeneye 007, le FPS culte de la Nintendo 64 que beaucoup considèrent comme un des créateurs du genre.

Malgré ses succès innombrables, Shigeru Miyamoto reste bien la tête sur les épaules. Selon lui, la série Zelda aurait d’ailleurs dû être un flop : “Je ne pensais pas que ce genre de jeux allait devenir mainstream. Je n’imaginais vraiment pas les retours que l’on a eu sur le premier jeu”. Pour lui, Zelda II est le pire jeu qu’il a jamais conçu, très mécontent du résultat final. Et malgré le fait qu’il s’agisse d’une véritable légende du jeu vidéo, cela ne l’empêche pas d’être un fan et un grand consommateur de pop culture : il voue une admiration sans faille à George Lucas pour l’univers Star Wars, dont il est un adorateur. Que dire de plus sur cette légende sans qui les jeux vidéo tels qu’on les connaît et les aime aujourd’hui n’auraient certainement pas la même saveur ? Il s’agit tout simplement d’un exemple de réussite, qui force l’humilité dès que l’on se plonge dans son histoire.

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