Gérald Darmanin accusé de viol : fin de l’enquête, pas de mise en examen à l’horizon

Un troisième classement sans suite en vue pour Gérald Darmanin. Depuis plusieurs années, le ministre de l’Intérieur est accusé de viol, harcèlement sexuel et abus de pouvoir par Sophie Patterson-Spatz. Des accusations dont il se défend.

Confirmant une information de Mediapart, deux sources proches du dossier ont déclaré à l’AFP que la juge d’instruction en charge de l’enquête a clôturé les investigations début septembre, et s’apprêterait à aller vers le non-lieu, relaie Le Figaro

Le parquet de Paris doit encore donner ses réquisitions, et ensuite seulement, la juge d’instruction décidera de donner suite ou non à l’enquête. 

Une affaire déjà deux fois classée

“Cette annonce de clôture de l’instruction m’attriste. J’envisage avec mon nouveau conseil de nouveaux actes qui permettraient de relancer cette instruction. Jusque-là, tout ce que nous avons demandé a été refusé”, a regretté la plaignante auprès de l’AFP. 

L’affaire remonte à 2009. Souhaitant se débarrasser d’une condamnation pour chantage et appels malveillants envers un ex-compagnon, Sophie Patterson-Spatz a demandé de l’aide à Gérald Darmanin, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP (ex-Les Républicains). 

Selon elle, le politique lui aurait offert son aide, en échange de faveurs sexuelles. Ce que Gérald Darmanin dément, affirmant que leur relation avait été consentie, et qu’il n’y avait “eu aucune contrepartie”.

Dans des SMS compromettants de 2009 révélés par Mediapart en 2020, elle lui reprochait d’avoir “abusé de sa position”. Gérald Darmanin lui demandait alors “Comment me faire pardonner ?”

Dans le cadre de cette affaire, l’enquête a déjà été classée deux fois, en 2017 et 2018. 

En 2018, Sophie Patterson-Spatz a déposé une nouvelle plainte auprès parquet de Paris, et s’est constituée partie civile. Gérald Darmanin a quant à lui porté plainte contre elle pour dénonciation calomnieuse, et plaide avoir eu “une vie de jeune homme”. 

Blanchi dans une affaire d’abus de faiblesse

Par ailleurs, le politique avait aussi bénéficié d’un non-lieu dans une affaire similaire, en 2018, pour “abus de faiblesse”. Cette fois, Darmanin avait été accusé d’avoir fait du chantage sexuel à une femme lui demandant de l’aide pour obtenir un logement et un emploi, lorsqu’il était maire de Tourcoing, en 2015. Là aussi, il avait assuré que la relation avait été consentie.

Du fait de ces deux affaires, la nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de la Justice, à l’été 2020, avait été vivement critiquée par de nombreuses associations féministes. 

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