Guide écolo : plus vert, moins cher

Consigne, occasion et reconditionné, vente directe, bonnes pratiques et recyclage… nos bons plans éco-responsables et économiques.

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La prise de conscience environnementale désormais partagée par un majorité de consommateurs oblige industriels et distributeurs à s’adapter à nos nouveaux comportements d’achat. C’est autant d’occasions de faire un geste de la planète, de préférence sans dépenser plus.

Mode/Beauté

Des vêtements consignés

Consigne 20€

Avec sa gamme Infini, la marque certifiée 1083 propose des jeans recyclés… et consignés. Le prix des pantalons comprend en effet une consigne de 20 €, reversée à l’acheteur qui retourne le vêtement usé afin qu’il soit recyclé. Spécialiste de la mode homme, Asphalte évite toute surproduction en vendant ses créations en précommande : en contrepartie d’un délai de livraison de 1 à 3 mois, ce système permet à l’acheteur de bénéficier d’un prix diminué de 10 à 30 € selon les articles. L’enseigne, qui prépare une collection femme pour l’automne, affiche également sur son site le coût en eau et en énergie, ainsi que l’impact carbone de chacun de ses produits.
A savoir. Même principe avec certains articles de la marque Ateliers Unes, dont des collants consignés. Chez Panafrica, toute une gamme de baskets est vendue avec une consigne.

Seconde main, de très belles affaires

Jusqu’à – 90 %

De Vinted à Emmaüs et sa nouvelle boutique en ligne Trëmma, en passant par Leboncoin, le marché du vêtement d’occasion ne cesse de progresser. Il intéresse aujourd’hui près d’un Français sur deux attiré par des décotes de 40 à 60% par rapport au prix du neuf pour des articles jamais portés, et, selon l’état des pièces, jusqu’à 90 % pour le reste. De surcroit, cette démarche a pour conséquence et ce n’est pas négligeable de réduire l’empreinte carbone colossale de l’industrie de la mode.
A savoir. Vêtements (36%), maroquinerie (21%) et chaussures (16%) sont les articles les plus recherchés, selon l’Institut français de la mode (IFM).

Produits d’hygiène, version solide

Jusqu’à 3 fois plus de produits

Objectif zéro déchet et éco-conception sont les fondamentaux des nouveaux dentifrices, nettoyants visage et autres shampoings solides. Pionnière du concept depuis 2010, Lamazuna dispose ainsi de plus de 60 références (dont certaines portent le label bio Cosmos Organic), et a désormais été rejointe par de nombreuses marques. Toutefois, tous ces produits affichent des prix deux à trois fois supérieurs à leurs équivalents « liquides ». Un constat à nuancer : les fabricants soulignent la nécessité de bien observer le mode d’emploi : un pain de shampoing solide équivaut ainsi à 3 flacons de liquide, soit 80 lavages.
A savoir. Pour aider les utilisateurs à éviter le surdosage, Lamazuna propose une nouvelle gamme de shampoings contenant davantage d’agents moussants.

Vacances

Un séjour au vert

Même tarif, plus au vert

Porté par la Fondation pour l’éducation à l’environnement en Europe (FEEE), le label « La Clef Verte » récompense plus de 700 campings, hôtels, auberges de jeunesse, chambres d’hôtes et gîtes distingués pour leurs efforts en matière de gestion des déchets, de l’eau, de l’énergie. Gîtes de France adopte une démarche comparable pour accorder son label Ecogîtes. Le réseau applique par ailleurs sa marque Gîtes Panda aux hébergements situés dans un Parc naturel régional et labellisés le WWF. Côté tarif pas de mauvaise surprise : ces hébergements se situent dans la fourchette moyenne du marché locals.

Équipement

Smartphone, une occasion à bien cibler

De -30 à -60%

Le smartphone reste le produit d’équipement le plus prisé en occasion. La seconde main permet d’acheter un modèle récent de 30 à 60% moins cher que le neuf. Et l’offre est très étoffée, tant en magasins que sur le net. Distributeurs (Auchan, Carrefour, Darty, Fnac, etc.), opérateurs mobiles (Bouygues Telecom, Orange, SFR), spécialistes de l’occasion (Cash Converters, Cash Express, Easy Cash) et entreprises de l’économie sociale et solidaire (Ateliers du bocage, Emmaüs) proposent une grande variété de modèles à tous les prix. Des adresses à préférer à l’achat à un particulier, beaucoup trop risqué.
A savoir. Chez les spécialistes en ligne, préférez les entreprises et start-up qui reconditionnent elles-mêmes les produits, comme les Français Smaaart, YesYes ou encore Certideal.

Electroménager, la seconde main aussi

Au moins 30 %

En ce qui concerne le gros électroménager, vous pouvez économiser en moyenne 30% par rapport au prix du neuf avec un modèle de deux ans maximum. Là encore privilégiez l’achat auprès d’un professionnel, d’une enseigne spécialiste de l’occasion, boutique E.Leclerc Occasion, etc., plutôt que sur une plateforme de petites annonces. D’abord parce que les appareils remis en vente sont en principe vérifiés, et si nécessaire révisés. De plus, en achetant auprès d’un professionnel vous bénéficiez pendant 2 ans de la garantie légale de conformité, qui ne couvre jamais les transactions entre particuliers.
A savoir. Attention aux extensions de garantie proposées par les vendeurs. Ces contrats prévoient nombre d’exclusions qui les rendent inopérants dans nombre de cas.

High-tech reconditionné, la demande explose

  • TV : + 40%
  • Smartphones : + 41%
  • Ordinateurs : + 75%
  • Tablettes : + 89%
  • Consoles de jeu : + 213%
  • Montres connectées : + 243 %

Evolution de la demande de produits sur le site comparateur Idealo.fr entre février 2020 et février 2021

Automobile

La bonne conduite récompensée

10 à 40 % en moins

Rouler moins ou mieux, c’est bon pour la planète… et cela réduit le risque d’accident. Les assureurs en tiennent compte en offrant des garanties facturées selon le kilométrage réel parcouru ou le comportement au volant. De quoi alléger la cotisation de 10 à 40 % en fonction des formules. Allianz Conduite connectée et Direct Assurance (filiale d’AXA) avec YouDrive affichent respectivement des remise de -30 et -40 % sur les formules classiques, au tiers ou tout risque. La GMF avec Auto Pass et son option « petit rouleur », la Maif avec son offre Altima « auto à la minute » affichent de -15 à -20 % pour moins de 5 ou 6.000 km annuels.
A savoir. Ces offres impliquent d’équiper la voiture d’un boîtier électronique qui enregistre les données de conduite. L’installation est gratuite.

Superéthanol, super économique

500€ par an

Ce carburant contenant entre 65 et 85% de bioéthanol (et du super sans plomb pour le reste) réduit de 50 % les émissions de CO² et de 90 % celles de particules par rapport à l’essence fossile. Autre argument de poids, À 0,70 €/litre en moyenne, ce carburant alternatif permet d’économiser 500 € par an, sur la base de 13.000 km parcourus. Un certain nombre de modèles neufs sont compatibles, et pour le reste 90 % du parc de véhicules roulant peut être adapté grâce à l’installation boîtier de conversion, d’un coût moyen de 900 à 1.000 €.
A savoir. Les régions Hauts-de-France, PACA et Grand Est ont mis sur pied des aides à la conversion qui prennent en charge de 50 à 99 % de l’opération.

L’écoconduite, rentable

600€ par an

Économiser de 10 à 30 % de carburant et réduire d’autant ses émissions polluantes, c’est ce que promet l’écoconduite. Vous pouvez tabler sur une baisse moyenne de consommation d’un litre aux 100 km pour un gain annuel de 600 €, et une tonne de CO² rejeté en moins. Concrètement, l’écoconduite consiste à rouler « zen » et à anticiper, en minimisant les phases énergivores d’accélération/freinage et à changer de vitesse sans attendre que le moteur rugisse.
A savoir. De plus en plus de voitures possèdent un mode « stop&Start » qui coupe le moteur à l’arrêt. Si votre véhicule n’en est pas équipé, l’Ademe recommande de tourner soi-même la clé de contact pour tout arrêt d’au moins 20 secondes.

Pièces auto, pensez à l’occasion

Chaque fois que c’est possible, les professionnels de l’automobile doivent proposer à leurs clients des pièces d’occasion en alternative aux pièces neuves. De quoi diviser la facture par deux, selon le ministère de la Transition écologique. Sont concernées les pièces de carrosserie (ailes, capot, rétroviseurs…), de garnissages intérieurs (tableau de bord, intérieurs de portes), ainsi que les sièges, phares, etc. Sans oublier moteurs, boîtes de vitesses et démarreurs. Les organes faisant partie des trains roulants, de la direction, du freinage ou des liaisons au sol (amortisseurs) sont exclus pour raison de sécurité.

Énergie

Se brancher sur l’électricité verte

Jusqu’à 20 %

Les énergies renouvelables (hydraulique, photovoltaïque, éolienne) représentent déjà près d’un quart de l’électricité consommée en France. Ekwateur, Ilek, Planète Oui, Plüm Energie, Mint Energie, Energie d’ici, GreenYellow, Alterna, Enercoop et même EDF avec son offre « Vert Electrique » disposent de contrats alternatifs moins chers que les tarifs réglementés. De quoi économiser un peu sur sa consommation (de 3 à 5 %) et jusqu’à 20 % sur l’abonnement.
A savoir. Vous trouverez l’offre verte à laquelle votre logement est éligible sur Energie-Info.fr, le site du médiateur de l’énergie récemment refondu et remis en forme.

Chauffage écolo, profiter des aides

Jusqu’à 10.000€

Avec la fin de l’installation de chaudières à fioul à compter du 1er janvier 2022, se poser la question d’un chauffage à énergie propre prend tout son sens. Pompe à chaleur, géothermie, poêles et chaudières à bois ou à pellets, le choix est vaste, et soutenu par les aides publiques. Pour les foyers les plus modestes, la subvention peut représenter jusqu’à 90 % de la dépense engagée, puis elle diminue par paliers selon les ressources des bénéficiaires. Ainsi, la prime pour l’installation d’une pompe à chaleur ou d’une chaudière à granulés atteint 10.000 € pour un foyer très modeste, 8.000 € pour un foyer modeste et 4.000 € pour un ménage intermédiaire.
A savoir. L’installation d’une géothermie avec une pompe à chaleur air-eau en remplacement d’une chaudière classique permet 1.051 € d’économie par an, selon Quelleenergie.fr. Comptez 751 € euros/an avec un poêle à pellets.

Alimentation

Réduire les distances

Jusqu’à -20 %

De plus en plus de réseaux permettent de manger local, de saison et souvent moins cher – jusqu’à -20 % sur les produits bruts. Sur Drive-fermier.fr, passez commande auprès d’un membre du réseau « Bienvenue à la ferme », et récupérez vos achats dans l’un des 333 points de retrait. Le portail Magasin-de-producteurs.fr recense lui les enseignes où acheter les productions des paysans associés au point de vente. Vous pouvez aussi adhérer à association pour le maintien d’une agriculture paysanne (reseau-amap.org), pour récupérer chaque semaine un panier de fruits, légumes, produits laitiers, œufs et/ou viande à prix constant. Acheteralasource.com localise les fermes qui pratiquent la vente directe. Sur BioToutCourt.com, trouvez les producteurs bio qui livrent autour de chez vous.
A savoir. Avec Chapeaudepaille.fr et Bienvenue-a-la-ferme.com, recherchez les cueillettes où ramasser vous-même fruits et légumes.

Vrac, à bien choisir

6 % moins cher

Acheter les bonnes quantités, réduire les emballages, le vrac a des qualités à faire valoir. Et sur ce marché les légumineuses, céréales et fruits secs sont désormais rejoints par les vins, lessives, liquides vaisselle, shampooings, huiles, vinaigres, et autres pâtes à tartiner. A quel prix ? Selon l’association UFC-Que Choisir, un panier de produits vrac revient 6 % moins cher que les produits emballés équivalents. Mais de fortes disparités existent derrière cette moyenne : les pâtes ou le riz affichent un prix plus élevé de 5 % , et les céréales de petit-déjeuner sont 9 % plus onéreuses. Alors qu’à l’opposé, les fruits secs et les légumineuses se montrent respectivement 21 % et 18 % moins chers.

A savoir. Sur infodurable.fr, trouvez un drive « zéro déchet », où retirer vos achats livrés en emballages consignés ou compostables.

Réflexe anti-gaspi

Jusqu’à -70 % moins cher

Un tiers des aliments produits dans le monde ne sont pas consommés. Chacun peut participer à l’effort anti-gaspi et réduire ses dépenses en faisant ses courses. Le collectif Les Gueules cassées sauve de la poubelle les fruits et les légumes « moches », mais aussi les camemberts et les fruits secs mal calibrés… mais dont les qualités nutritionnelles et gustatives demeurent intactes. Repérables grâce à l’étiquette de l’association, ils sont vendus au minimum 30 % moins cher dans les enseignes Intermarché, Auchan, E.Leclerc, Cora et Carrefour. La société brestoise Zéro Gâchis organise, elle, dans certains magasins Intermarché, Magasins U et E.Leclerc, des « corners » regroupant les produits comestibles approchant la date limite de consommation, vendus jusqu’à 70 % moins cher. A savoir. Plus de huit tonnes de fruits invendus ont déjà été transformées par l’association d’insertion Confiture Rebelle en 65.000 pots de confiture commercialisés principalement dans les magasins Carrefour.

Au jardin

Composter, pailler…

Facile à réaliser, le paillage est une solution idéale pour valoriser vos déchets verts. Étalez vos feuilles mortes, tontes de pelouse, produits de tailles broyés, etc. au pied de vos plantations. Le sol sera ainsi protégé et les plantes nourries naturellement. Pour fabriquer du compost, il n’est pas nécessaire d’avoir un jardin : le compostage en pied d’immeuble ou de quartier est en plein développement. On peut ainsi disposer d’un amendement de qualité et gratuit, tout en réduisant les ordures ménagères à collecter.
A savoir. Presque tous les résidus organiques peuvent ainsi être valorisés. De quoi alléger la poubelle de 60 kg de déchets par an et par personne pour une économie moyenne de 32 € par foyer.

Collecter les eaux de pluie

Toutes les jardineries et magasins de bricolage ont en rayon des récupérateurs d’eaux pluviales, à tous les prix, de 70 à 500 € selon leur finition. A relier à une ou plusieurs descentes de gouttières, ils stockent de 300 à 2.500 litres. Pour ne rien dépenser, vous pouvez leur préférer des contenants usagés (bidons, poubelle, voire une ancienne cuve à fioul), mais il est préférable de prévoir un camouflage…
A savoir. Outre l’économie réalisée, l’eau de pluie est bien meilleure pour les plantes que l’eau du robinet, traitée au chlore.

Préférer des outils durables

Pourquoi acheter des arrosoirs et des pots en plastique, difficile à recycler, qui gèlent et qui percent chaque année ? Préférons-leur des modèles durables, en métal ou résine minérale, et de fabrication française. Idem pour les outils. Les fabricants hexagonaux proposent toute la panoplie, sécateurs, râteaux, fourches… Plus chers que les modèles d’entrée de gamme en provenance d’Asie, ils assurent en contrepartie une durabilité supérieure et des garanties qu’il est possible de faire jouer pendant plusieurs années.
A savoir. Pour l’outillage mécanique, difficile de trancher : les modèles thermiques consomment de l’essence, et les matériels électriques sont dotés de batteries à la durée de vie trop limitées, et difficilement recyclables. Autant s’en passer dans toute la mesure du possible.

Fleurs, des labels à rechercher

Plusieurs certifications permettent de choisir des plantations écoresponsables. Le label MPS ABC garantit des pratiques raisonnées (limitation des quantités d’engrais et pesticides). Les notes ainsi attribuées aux végétaux vont de A+ à C. De plus en plus présent en jardineries, le label Kenya Flower Council garantit lui des pratiques agricoles responsables tant sur les aspects sociaux qu’environnementaux. A surveiller, car ces végétaux sont souvent proposés à des prix comparables à ceux des produits non labellisés.

Profiter d’un jardin partagé

Même sans terrain à soi, il est possible de cultiver et de récolter ses propres fruits et légumes, et pourquoi pas bio, en utilisant le jardin mis à disposition par un voisin contre partage de la récolte, voire en créant avec d’autres particuliers intéressés une association destinée à gérer un jardin partagé. Une pratique en plein essor, y compris en ville, au pied des immeubles ou sur des espaces concédés par les municipalités ou prêtés par des entreprises, des bailleurs sociaux…
A savoir. En ligne, trouvez adresses et conseils pour dénicher un jardin, cultiver, échanger plants et graines sur les sites de nombreux organismes et associations engagés dans cette démarche, comme jardins-familiaux. asso.fr, plantezcheznous.com, pretersonjardin.com, jepartagemonjardin.fr, jardinons-ensemble.org ou encore jardins-partages.org, qui recense un certain nombre d’associations sur tout le territoire.

L’avis de l’expert, Benoit Heilbrunn, professeur de marketing à ESCP Business School

« Notre société privilégie la consommation par rapport à d’autres priorités de la vie sociale : la solidarité, le bien vivre ensemble, l’amitié, etc. Aujourd’hui, le fonctionnement d’une telle société de surconsommation n’est plus compatible avec le respect de la planète et de ses ressources naturelles. Mais consommer autrement implique trois acteurs majeurs qui doivent agir sans tarder. Au premier rang desquels l’Etat, via le renforcement de la réglementation (labels, scores environnementaux et autres signes de qualité) et des incitations fiscales ciblées sur les produits vertueux. Les marques et les enseignes de la distribution, ensuite, doivent arrêter de ne communiquer que sur les prix bas dont on sait aujourd’hui les dégâts environnementaux et sociaux qu’ils induisent. Et enfin, bien sûr il y a nous, les consommateurs qui, par nos petits efforts quotidiens pour privilégier des choix éco-responsables pouvons fortement influencer l’offre de produits et de services qui nous est soumise ».

Benoit Heilbrunn est l’auteur du livre Peut-on consommer mieux ? First Editions, collection Pour les nuls, 8,95 €

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