Herpès, papillomavirus : pourquoi il faut se méfier de ces infections sexuellement transmissibles, même après 50 ans

Herpès, papillomavirus, hépatite… Les IST ne s’attaquent pas qu’aux jeunes. Les femmes de 50 ans et plus sont tout autant concernées.

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Les infections sexuellement transmissibles sont en “forte hausse”, conclut le dernier rapport du Centre européen de contrôle et de prévention des maladies. “Il est fréquent de nos jours de “refaire sa vie” après 50 ans, avec différents partenaires sexuels et une adhésion moins importante au préservatif que chez les plus jeunes. Ensuite, une IST (chlamydia, herpès, papillomavirus, notamment) peut rester silencieuse durant des années, et devenir symptomatique en profitant d’une période de stress ou de faiblesse immunitaire”, explique le Dr Geoffroy Robin, gynécologue médical et secrétaire du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Il est donc indispensable de rester vigilante.

La chlamydia, l’infection la plus fréquente

Cette bactérie vient se loger dans les cellules du col de l’utérus après un rapport sexuel contaminant. Parfois, un simple baiser ou des préliminaires suffisent.

Les symptômes. Dans 60 à 70% des cas, il n’y en a aucun ! “On peut éventuellement observer des saignements après les rapports sexuels, ou encore des pertes vaginales jaunâtres”, indique le Dr Geoffroy Robin. Plus rarement, la chlamydia est responsable d’une salpingite aiguë, qui se traduit par des douleurs abdomino-pelviennes et un écoulement vaginal teinté de sang… Une hospitalisation est alors incontournable.

Traitement. Des antibiotiques (Azithromycine, cyclines).

Prévention. Le recours systématique au préservatif lors des rapports et un dépistage annuel.

L’herpès génital, le plus douloureux

Les virus HSV1 et HSV2 s’installent dans l’organisme à l’occasion d’une pénétration, d’une pratique buccogénitale ou encore d’un contact entre les muqueuses.

Les symptômes. L’herpès évolue par poussées alternées de phases asymptomatiques, parfois longues de plusieurs années. Pendant les crises, des petites vésicules très douloureuses apparaissent au niveau de la vulve, qui peuvent s’étendre jusqu’à l’aine.

Traitement. Un antiviral (Valaciclovir). Néanmoins, ce dernier n’élimine pas totalement le virus.

Prévention. Le préservatif et, en cas de bouton de fièvre récidivant, aucun rapport bucco-génital.

L’hépatite B, très contagieuse

Elle se transmet via le sperme et les sécrétions vaginales.

Les symptômes. Entre 1 et 6 mois après l’infection, on peut observer de la fièvre, des nausées, vomissements, urines foncées, selles blanchâtres… A l’issue de cette phase aiguë, 90% des malades éliminent naturellement le virus – les 10% restants sont définitivement contaminés : on parle alors d’hépatite B chronique.

Traitement. Des médicaments antiviraux (type interférons) et une surveillance des fonctions hépatiques.

Prévention. La vaccination est obligatoire pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Les personnes ayant des partenaires multiples, elles, peuvent se voir proposer un rattrapage vaccinal.

Le papillomavirus, un risque de cancer

Il en existe deux types : les HPV oncogènes, responsables du cancer du col de l’utérus, et les HPV non oncogènes.

Les symptômes. L’infection par un HPV oncogène passe généralement inaperçue. En cas de rapport non protégé, il est recommandé d’en parler à son médecin. En revanche, un HPV non oncogène se manifeste par “des verrues plus ou moins volumineuses au niveau des lèvres de la vulve, à l’intérieur du vagin, voire jusqu’au col de l’utérus”, décrit le gynécologue.

Traitement. Il consiste en l’application quotidienne d’une crème immunomodulatrice (Aldara) pendant 10 à 15 semaines, afin de stimuler le système immunitaire de la personne infectée et éliminer le virus.

Prévention. Le préservatif à chaque rapport et un dépistage régulier : frottis à l’âge de 30 ans puis, s’il est négatif, un examen tous les 5 ans.

Rapport sexuel à risque : je fais quoi ?

On prend au plus vite rendez-vous avec son médecin traitant, qui prescrira une sérologie de dépistage du VIH, de l’hépatite B (si on n’est pas vaccinée) et de la syphilis. A réaliser dans un laboratoire d’analyses médicales, cette prise de sang s’accompagne d’un autoprélèvement vaginal (effectué sur place), afin de rechercher des traces de chlamydia ou de gonocoque.

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