Homophobie : harcelé par des élèves de son collège, Lucas, 13 ans, s'est suicidé

Lucas avait 13 ans. Samedi 7 janvier 2023, il a mis fin à ses jours, chez lui, à Golbey, près d’Épinal dans les Vosges. Le collégien était victime d’homophobie et de harcèlement scolaire, indique sa famille.

Au sein de cet établissement scolaire, lundi 9 janvier, une cellule psychologique a été mise en place pour les élèves et pour les enseignants.

Dans un communiqué relayé par France Bleu, Richard Laganier, recteur de l’Académie de Nancy Metz, indique que « l’élève et sa mère avaient fait état de moqueries à la rentrée de septembre » dernier.

Ses proches ont dénoncé dans leurs auditions « des faits de harcèlement commis par des élèves de son collège, en raison de son homosexualité, depuis plusieurs mois », complète le procureur de la République, Frédéric Nahon, dans un communiqué.

La lettre déchirante de la mère de Lucas

Une enquête est ouverte pour harcèlement sur mineur de moins de quinze ans par le parquet d’Épinal, afin d' »établir la réalité des faits dénoncés et le lien de causalité avec le suicide », interrogé par l’Agence France-Presse (AFP). Celle-ci a également contacte l’avocate de la famille, Me Catherine Faivre, qui a indiqué qu' »à ce stade », les proches du jeune disparu n’avait pas déposé plainte. « Nous verrons dans un second temps. La famille souhaite enterrer son fils en paix ».

Lucas, notre petit homme est une victime de plus, une victime de trop.

Pour l’heure, les parents de Lucas n’ont pas répondu à la presse ou parler en direct à la télévision, mais la mère endeuillée a rédigé une courte lettre, lue par une amie jeudi 12 janvier sur le plateau de BFMTV

« Lucas, notre petit homme est une victime de plus, une victime de trop. Combien de marches blanches, combien d’enfants en souffrance et de familles cruellement touchées et de frères et sœurs amputés faudra-t-il encore pour que des actions concrètes soient enfin mises en place dans les lieux où chaque enfant à le droit à une scolarité sans harcèlement ? », interroge-t-elle.

« Nous vous remercions de tout cœur pour le temps d’antenne que vous consacrerez à rendre hommage à notre petit homme, mais je vous en prie, vraiment, laissez-moi pleurer dignement mon fils, laissez-moi du temps pour trouver les mots et la force nécessaire pour m’exprimer », implore cette maman par écrit.

Un signe LGBT en hommage aux obsèques

Les obsèques se tiendront samedi 14 janvier, à Épinal. Une cagnotte en ligne a été ouverte afin d’aider à leur financement. Plus de 350 internautes ont participé en guise de soutien à la famille dévastée. D’après les informations de France Bleu, les parents du garçon ont invité les personnes qui viendront au cimetière à porter un signe LGBT en sa mémoire.

Dans ce courrier bouleversant, la mère de l’adolescent fait aussi une promesse, adressée à l’Éducation nationale : « Je peux vous assurer que le jour où je serai prête, je ne vous lâcherai plus, je consacrerai ma vie à continuer le combat de Lucas ».

Jeudi 12 janvier, sur Twitter, le Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a réagi au suicide du garçon. « Toutes mes pensées vont à Lucas, élève au collège L. Armand à Golbey, sa famille et ses amis. Je pense à tous les élèves comme lui harcelés : leur désespoir fonde ma détermination à empêcher toute forme de harcèlement. » Pap Ndiaye rappelle : « Aucun enfant ne doit trouver comme issue ultime le suicide. »

Si vous avez besoin d’aide :
30 20 – Non au harcèlement
3114 – Prévention au suicide
01 45 39 40 00 – Suicide Écoute
09 72 39 40 50 – SOS Amitié
01 48 06 42 41
– SOS Homophobie

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